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Samedi à l’école: une visite chez De Struise Brouwers.

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Il est des occasions qui donnent envie de retourner sur les bancs de l’école. Pour en faire l’expérience, ça se passe à Oostvleteren, dans la région du Westhoek, célèbre pour ses champs de bataille, et de Poperinge (le Musée du … Lire la suite

Gueuzerie Tilquin: une lueur de lambic dans la nuit

Article et photos de G. Salvaggio et P. Lebrun

Bierghes, le 03 novembre 2009 – Avez-vous déjà entendu parler de la commune de Bierghes (Bierk en néerlandais, Bièrk en wallon ?). Section de la commune belge de Rebecq, située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon, à quelques jetées du célèbre Pajottenland, la place risque peut-être bien de devenir le haut lieu de quelques péripéties brassicoles dont on reparlera longtemps. Et pour cause, un être courageux a décidé, rien de moins, que de la gueuze y sera un jour produite.

Ce monsieur, c’est Pierre TILQUIN. Docteur en agronomie paraît-il aussi doué pour les statistiques que pour l’aventure, Pierre aurait très bien pu prolonger une carrière tranquille dans le domaine de la recherche universitaire. Mais l’aspect trop théorique de cette dernière, couplé à l’irrésistible envie de pénétrer le monde brassicole, le conduit à tout d’abord suivre une formation intensive de 15 jours à l’International Course of Malting and Brewing Science de LEUVEN, avant d’accepter un poste de brasseur chez Huyghe où pendant un an et deux mois, il affûtera sa méthodologie et sa vision bien prononcée des choses en qualité de responsable du brassin du soir. Une collaboration de 6 mois chez Drie Fonteinen et une autre d’une durée égale chez Cantillon lui inculqueront, dans le monde des bactéries lactiques, un vrai virus pour ces produits si typiques que sont la gueuze et le lambic.

Un certificat de Gestion en poche, la recherche d’un emplacement est lancée. Après un échec à WISBECQ, un village situé dans le coin, c’est finalement à BIERGHES, dans une ancienne fabrique de caoutchouc, que le projet d’une future gueuzerie prendra racine. De permis en négociation d’un bail à longue durée, de la recherche de fonds à la motivation des banques, Pierre ne lâche pas prise. A l’aide d’un plan financier bien ficelé et avec le soutien de sa famille, de quelques amis et d’actionnaires privés, l’oiseau prend son envol. La première «couperie» de lambic prend officiellement en terre wallonne. En terre wallonne, certes, mais à quelques kilomètres de Lembeek, fief historique du produit, et de la Vallée de la Senne, rivière réputée pour offrir à son environnement le microclimat bactérien si nécessaire à la fabrication du lambic. La Senne qui, précisément, si elle prend sa source à Soignies pour finir sa course à Halle, passe précisément par… Rebecq. Toutes les conditions sont donc théoriquement réunies pour réussir.

Aucun lambic n’est toutefois, à l’heure actuelle, produit sur place. C’est que désireux de ne pas brûler les étapes, Pierre Tilquin a choisi l’option de mêler l’art de la recherche personnelle à la sagesse de producteurs confirmés. C’est ainsi qu’après avoir dégotté toute une flopée de fûts ayant contenu du vin français, il s’est fait fournir en moûts de lambic par les très affûtés BOON, LINDEMANS et CANTILLON pour ce qui concerne, respectivement, des lambics d’un, deux et trois ans d’âge. GIRARDIN devrait prochainement compléter ce premier tercet dans lequel on trouve, cas unique en Belgique, un Cantillon ayant accepté de tenter l’expérience de voir une partie de sa production travaillée par une tierce partie. A terme, 225 fûts d’une capacité de 400 litres devraient être remplis dans les mois à venir, une bonne partie l’étant par ailleurs déjà.

Dans un premier temps, donc, Pierre Tilquin s’attelera à rechercher les meilleurs assemblages (et non point coupages, comme il aime à le souligner) en vue de constituer une gueuze typique dont le nom n’a pas encore été arrêté. Les produits fruités viendront sans doute plus tard, ainsi que le brassage de son propre lambic. C’est qu’à chaque étape du plan financier, notre vaillant brasseur tient à associer un objectif jouable et louable lui permettant de toujours aller plus de l’avant. Prudence, rigueur, projet, tels seront les maîtres mots qu’il y a lieu de retenir de cette aventure. Un premier assemblage réalisé à partir de lambics d’un et deux ans d’âge devrait voir le jour en octobre-novembre 2010, avec une commercialisation prévue à partir de mai-juin 2011, année au cours de laquelle, d’ailleurs, des lambics de trois ans d’âge devraient également pouvoir intervenir.

Gueuze et lambic peuvent-ils assurer le quotidien d’un brasseur ? Selon Pierre Tilquin, il y assurément un marché à prendre. L’étranger est fort demandeur, et une certaine croissance de la consommation se fait de plus en plus manifestement sentir en Belgique, au point que certains stocks atteignent parfois des seuils critiques de raréfaction chez des brasseurs collègues. Atteindre un seuil rentable de 500 hectolitres par an, c’est en tous les cas le souhait de Pierre qui s’astreindra, la première année, à une limite de 200 hectolitres. Lente mais sûre progression en toutes circonstances.

C’est dans un hangar en phase d’isolation thermique et doté d’un système de climatisation veillant à ne jamais dépasser les 19°C que 8 membres de Bierebel, un jour alertés par mail, ont accepté l’invitation d’assister à l’éclosion d’une brasserie. Après avoir bravé une pluie des plus intempestives et patiemment écouté le récit d’une volonté de réussir, aucun d’entre eux n’a pu résister à la dégustation d’un jeune lambic de chez Boon, d’une vieille gueuze de chez Drie Fonteinen et, pour couronner le tout, une brune italienne élevée en barrique. Peut-être est-ce vrai : finalement, il faut de tout pour faire un monde.

Si l’occasion m’en est donnée, j’aimerais, dans quelques décennies, me retrouver un soir auprès de mes potes, dégustant une gueuze Tilquin de 20 ans d’âge, me disant, en les regardant, en la regardant : ce soir-là, moi aussi j’y étais.

 

L’accueil et l’exposé du pédagogue

 

Les tonneaux : noblesse et entretien

 

L’éternelle convivialité de la bière

Visite de la brasserie Angerik à Dilbeek

Article et photos de T. Van Linthoudt

A l’occasion de La Journée de l’Artisan organisée ce 17 février 2008, je me suis rendu à la micro brasserie Angerik à Dilbeek. Malgré le fait que cette brasserie se trouve à 2 km de chez moi, je ne l’avais jamais visitée, comme quoi, nul n’est prophète en son pays !

Devant l’entrée du garage trône un splendide camion de livraison aux couleurs de la brasserie.

Une fois la porte franchie, on pénètre dans une grande salle qui servait jusqu’en décembre dernier de garage. Le brasseur, mécanicien de formation, a fermé son garage pour se consacrer à l’enseignement de la mécanique. Quelques week-ends par an sont réservés au brassage, lorsque le stock de bière est épuisé.

La salle principale est maintenant remplie d’anciens meubles, de quelques tables de bistrots, de plaques émaillées, d’une vieille horloge murale et d’un ancien juke-box qui nous accueille avec « Let the music play » de Barry White.

La brasserie proprement dite se situe dans une annexe, avec son concasseur, ses trois cuves en inox, suffisantes pour confectionner 1000 litres par brassin et sa mini-chaîne d’embouteillage, le tout sous l’œil attentif de Gambrinus qui trône fièrement sur une étagère dans un coin de la salle.

Une ancienne cabine de peinture du garage est transformée en salle de dégustation avec tous les attributs typiques d’un ancien café. Le contraste est vraiment étonnant, un mélange de nostalgie et d’archéologie industrielle…

Seule la Boerke Blond (6,5 % vol.) est disponible pour l’instant. Une excellente bière non filtrée, refermentée en bouteille au parfum frais houblonné avec quelques pointes de girofle. La brasserie produit également la Boerke Bruin (6,5 % vol.) et la Krieken Boerke (6,5 % vol.) confectionnée avec des cerises de Schaerbeek, à l’occasion du marché annuel de Dilbeek qui a lieu en septembre.

La brasserie peut être visitée le samedi ou le dimanche. Il est conseillé de téléphoner avant de faire le déplacement +32(0)2/569.33.48

Brasserie Angerik Snakkaertstraat, 30 1700 DILBEEK