…et 5 de plus pour un Beery Christmas!

Galerie

Cette galerie contient 5 photos.

Emboitant le pas à mon collègue Seb, je profite également de la saison festive pour vous présenter mon top des bières de Noël. Dans un souci de diversité, j’ai choisi de présenter des bières différentes des siennes, même s’il en … Lire la suite

Visite des brasseries d’Ecaussines, Saint-Feuillien et Silly

Article de G. Salvaggio

Hainaut, le 25 avril 2010 – Bien leur en a pris, 24 brasseries belges avaient décidé, tout comme en 2008, d’ouvrir leurs portes à l’occasion d’une journée commune. Cette année, j’avais décidé, avec ma petite smala, de jeter un regard méconnu sur la province qui est la mienne, le Hainaut, avec en point de mire: les brasserie d’Ecaussines, Saint-Feuillien et Silly.

Brasserie d’Ecaussines

La brasserie, qui connaît un succès grandissant dans ses exportations, propose actuellement douze sortes de bières et deux liqueurs, ainsi qu’une taverne permettant la dégustation de plats à la bière.

Cette année, elle avait l’honneur d’accueillir le club des collectionneurs du Gambrinus dont les éminents membres ne poursuivent qu’un seul but, celui de rassembler des tégestophiles avertis dans l’unique but de s’échanger leurs précieuses possessions, sans qu’aucune vente ne soit permise, fait que j’ai personnellement pu vérifier auprès de Thierry qui, malgré mon insistance, n’a pas accepté que je lui achète un petit ouvrage que je possédais pas encore, préférant une bière du coin à toute espèce de monnaie sonnante et trébuchante.

C’est donc ainsi que j’ai pu déguster, en compagnie de notre cher philanthrope, une Cuvée 10 ans, ma foi assez orangée et puissante en sensation alcoolique, dénotant une belle sécheresse en bouche, tout en admirant le chat, pièce maîtresse de toute brasserie, qui, manifestement, était parti chasser les rats qui, en ces lieux adéquats, se seraient, en son absence, sans doute gaiement adonné à leur passion favorite : la dégustation… d’ouvrages brassicoles.

Ici comme partout, le public était chaleureusement convié à suivre les explications offertes par les membres du personnel, lesquels accueillaient, pour la circonstance, de nombreux visiteurs du Nord du Pays. Ecaussines n’est finalement pas située si loin de la frontière, me confie une des préposées… entendre parler néerlandais, c’est ici chose courante. Un bel exemple de réussite nationale et internationale.

 

Brasserie Saint-Feuillien

Non loin d’Ecaussines, dans le village du Roeulx, se brasse notamment une bière d’abbaye dont les origines remonteraient à 1125, du temps où les Prémontrés occupaient une abbaye dédiée au moine irlandais du VII° siècle St-Feuillien. C’est en tous les cas ce que nous apprendra un montage vidéo destiné aux nombreux visiteurs qui, faut-il le dire, ont réellement fait l’objet d’une attention des plus minutieuses quant à l’organisation des groupes : plusieurs guides, un temps d’attente ne dépassant pas 10 minutes, des explications parfaitement claires et, surtout, la possibilité d’assister à la phase de cuisson du moût, opération ayant certainement permis à beaucoup de néophytes de mieux saisir les termes techniques nécessaires à la bonne compréhension du processus de brassage.

Personnellement accueilli par Philippe Deraedt, Managing Director du site, qui a également tenu à me présenter les principaux protagonistes de la brasserie, sur fond d’orchestre ambulant apparemment très apprécié de tous, j’ai pu admirer cette très belle brasserie qui, tout en demeurant dans la tradition de la fin du XIX° siècle (la concasseuse et l’empâteuse en témoignant, au même titre que le refroidisseur Baudelot quant à lui rélégué à la fonction de pièce de musée), a résolument pu se tourner vers un équipement de garde ultramoderne et maintenir ainsi un parfait équilibre entre le souci de l’histoire et celui de la pédagogie.

Très certainement, en ce qui me concerne, une des toutes meilleurs visites auxquelles j’ai pu assister. Si on y ajoute la sincérité des propos (toutes les bières de la brasserie n’étant hélas pas conditionnées sur place), il serait dommage de ne pas y retourner une prochaine fois, ne fût-ce que pour admirer le houblon décorant le patio situé juste derrière l’entrée principale du bâtiment.

Il fut bien entendu impossible de résister à l’envie de quelques dégustations, brassicoles, certes, mais également sustentatrices. La brasserie ayant mis les bouchées doubles (si j’ose dire), elle s’était assurée la contribution de la Ferme de Contraine, à l’origine des plats de midi, allant du plateau de fromages à la tartiflette alsacienne, assurant une qualité et une rapidité de service parfaitement calibrées, tandis que les enfants s’adonnaient aux traditionnels jeux flamands, dont la présence de plus en plus régulière dans divers festivals constitue une heureuse affaire. C’est au moment du repas qu’une figure inattendue allait se présenter : Thierry (et oui !) qui avait pris une belle initiative, celle de terminer la journée avec nous. Ce fût bien entendu l’occasion de nous régaler d’une délicieuse Saison à la pression et à l’amertume délicate, d’une Grisette «Fruits des Bois», fort appréciée des dames, et d’une Grisette cerises, présentant de belles notes fruitées sur un délicat fond d’acidité. A noter que la brasserie produit également un Scotch sucré.

 

Brasserie de Silly

Si la brasserie Saint-Feuillien avait permis d’assister à une cuisson de moût, la Brasserie de Silly avait pour sa part placé l’accent sur l’embouteillage, lequel donne une idée assez précise du côté très physique que peut représenter le métier de brasseur malgré la mécanisation des processes.

Autre attrait de la visite : la découverte de 13 sortes de bières parmi lesquelles une pils enchanteresse, légèrement amère et particulièrement peu pétillante, impliquant l’utilisation d’importants groupes frigorifiques, la levure nécessaire à l’élaboration de ce type de produit requérant des températures plus basses que dans le cas des bières de haute fermentation. A propos de levures, et fait assez rare pendant les visites, il était possible d’assister à leur expulsion de gaz carbonique, effet résultant de la transformation du sucre en alcool par des organismes venus du ciel.

Tout en me délectant d’une de ces fricandelles dont personne ne vous communiquera jamais la recette, j’ai pu apprécier, pour la toute première fois, une Abbaye de Forest, sorte de chaînon manquant entre une blonde et la blanche, présentant l’aspect trouble des bières de froment, l’acidité des «saisons» et la fraîcheur des pils. Quand on sait que la brasserie est née dans une installation fermière, on comprend qu’il était nécessaire de bien soigner les ouvriers moissonneurs. Sincèrement, il s’agit là d’une de mes meilleures découvertes de ces dix dernières années.

A noter, enfin, la présence du dessinateur de bandes dessinées Louis-Michel Carpentier qui, avec sa légendaire disponibilité, a une nouvelle fois dédicacé ses albums à l’attention de ses lecteurs pour l’occasion très ravis.

 

 

Voilà donc une belle journée que l’on ne demande qu’à revivre. Aléa de l’histoire, ayant oublié mon G.S.M. à la maison, je n’ai donc pu recevoir le message envoyé par Mickey, me demandant à quelle heure nous serions à Silly, où nous aurions également été rejoints par Sloeber et Chevalier du Malt qui, également situés à l’Ouest du Pays, n’ont pu résister à visiter la Brasserie Roman, depuis laquelle ils nous ont fait parvenir ces quelques photos, elles aussi témoins de ce que représente avant toute chose la bière : l’amitié et la convivialité.

Rendez-vous en 2012, messieurs !!!