Richement Bière 2008… Les copains d’abord!

Article et photos de G. Salvaggio

Si traditionnellement, la période allant d’octobre à février a toujours contraint les reporters du site à un certain repos forcé faute de festival alléchant, il faut bien le reconnaître : l’hiver 2007-2008 aura été des plus propices à la découverte. Après le chaleureux festival des Bières de Noël de Stembert qui s’était tenu au mois de décembre non loin de la frontière allemande, qui aurait pu penser que me je serais embarqué dans un périple de 500 bornes, question d’aller voir si de l’autre côté de la frontière, la bière au pays de Saint-Arnould, on sait aimer la bière ?

Mais l’occasion était trop belle… Le 29 décembre, les Forestins annoncent qu’ils seront de la partie… S’ils y vont, c’est que ça doit valoir la peine. Mais 250 km, c’est beaucoup et le week-end est vraiment très chargé. Le 10 janvier, Stouf renchérit : lui aussi sera là… Là, on ne joue plus dans la même cour. C’est que le bonhomme aura eu son bon millier de kilomètres dans les jambes pour le seul trajet aller. Me sentirais-je, à ce point, si peu courageux face à un tel défi ? Le lendemain, c’est le coup de grâce. Notre ami Funk, pourtant bien au chaud à Paris, sera lui aussi de la partie. Et c’est la folie chez les Bièrebellois : d’autres disent qu’ils iront, c’est sûr.

Alors, deux clicks et c’est parti : le programme a l’air si alléchant et si varié. Des brasseurs de France, bien sûr, certains venus de Bretagne, d’autres du Jura, mais aussi des Belges et Luxembourgeois. Des conférences sont annoncées. Des jeux en bois disparus de nos bistrots égayeront les enfants par essence plutôt buveurs de limonade.

Mais il en faut pour tout le monde. Des livres seront en vente, des conférences seront offertes, avec une intervention remarquée de Philippe Voluer sur les moines et la bière. Un autocar de touristes se sera d’ailleurs déplacé pour cette occasion. Et pour couronner le tout, une superbe exposition pédagogique sur 150 ans de présence brassicole relative à cette région si peu connue des pauvres diables de Belges que nous sommes. Non, il faut y aller. A ce moment-là, je ne sais pas que l’événement n’est que bisannuel.

14 heures. Nous arrivons à Richemont, chaleureusement accueillis par l’équipe des parkings. C’est déjà l’occasion d’admirer l’impeccable organisation de l’événement, et d’échanger quelques mots sur ce qui pousse les Belges à se perdre dans la banlieue de Thionville.

L’événement se déroule en partie dans une salle communale, en partie sous chapiteau. Les deux parties, parfaitement assemblées pour ne faire qu’une, offrent alors le spectacle de dizaines et dizaines de bières inconnues. Un écran géant est même dressé et diffuse en permanence l’actualité du festival, que des dizaines de sponsors, parfois prestigieux, soutiennent dans une région si défavorisée. Un passionné a reconstitué une houblionnière sous forme de maquette. Chapeau, vraiment…

Il n’y a pas encore trop de monde, mais ça arrive… Trouver une place de parking relèvera bientôt de l’exploit. Mais l’important n’est pas là. Les copains d’abord. Les retrouvailles, les accolades, les échanges de breuvage : «Ca faisait longtemps, hein ? Je n’aurais jamais cru que tu viendrais… Ben si, quand j’ai su qu’Untel viendrait, je n’ai pas hésité une seule seconde. Au fait, Machin te cherche. On lui a dit que tu passerais». On s’était dit rendez-vous dans…

Au passage, un brasseur nous reconnaît (ou le contraire). Toutes ces bornes pour voir des gens déjà connus. Mais qu’importe… Tout le monde va chez tout le monde et le plaisir d’offrir une bière tirée du fût n’a plus rien de commercial. Marie, bien sûr, s’est entre-temps installée derrière un comptoir : «Allez, je vous donne un coup de main»… C’est ça, le monde de la bière. Faut croire que Stouf avait raison : la mot «bière» ne peut avoir qu’un seul synonyme : celui de con-vi-via-li-té. Le plaisir de se trouver devant une bonne mousse. Et même si cette dernière n’avait pas été là, le simple plaisir de se retrouver, tous ensemble.

Pendant sa très belle conférence sur les moines et la bière, Philippe Voluer n’avait pas manqué de rappeler la légende de Saint-Arnould selon laquelle cet évêque de Metz avait, au VII° siècle, multiplié les chopes de bière pour empêcher les habitants de boire de l’eau infestée par la peste.

Je me demande, tout de même, si le Grand Saint n’est pas revenu, le temps de quelques heures, refaire son coup dans sa douce Lorraine, laquelle, en 2010, vous offrira à coup sûr, ces quelques moments de bonheur que seule la bière peut encore offrir aux hommes de bonne volonté.


Liste des exposants de l’édition 2008

Après les retrouvailles, le travail. Le nouveau jeu de Stouf : Dégustez sans laisser tomber…

La Bière dans les Abbayes. Une conférence de Philippe Voluer suivie par plus de 40 personnes.

Stand littérature brassicole. Livres neufs et d’occasion pour toutes les bourses.

Travail et bonne humeur au stand Forestinne, à partir duquel on pouvait suivre le festival en direct sur écran géant.

Une exposition pédagogiquement très réussie. Le thème : 150 ans de bière en Meurthe-et-Moselle.

La mascotte de l’édition 2008 : une houblonnière reconstituée sous forme de maquette.

Et va pour une spécialité gastronomique régionale, du saucisson frais à la bière au pâté gaumais, tout est permis…

Quand les jeux d’antan resurgissent du passé…