Altérez-vous à Louvain-la-Neuve

Article de G. Salvaggio

Ce lundi 9 août, guidé dans Louvain-la-Neuve, par Mickael Vermeren (Mickey), capitaine de mon âme brassicole, j’ai eu le plaisir de découvrir que la ville dans laquelle j’avais effectué mes études universitaires abrite non seulement des bistrots dédiés au seul plaisir de la beuverie estudiantine, mais également un établissement à la toute particulière vocation de café-citoyen : l’Altérez-Vous.

Niché face à la célèbre Crêperie Bretonne (elle-même célèbre pour sa carte de bières spéciales particulièrement diversifiée) et à la microbrasserie Le Brasse-Temps (succursale de Dubuisson), l’Altérez-Vous pourrait se définir, selon François, le tenancier, comme un café-épicerie citoyen promouvant non la défense des produits artisanaux belges (en témoigne la carte de bières particulièrement ciblée), mais également des productions émanant, d’une part, du Commerce Equitable et, d’autre part, d’entreprises soucieuses du respect de l’écologie. Deux pages rappellent ce projet aux clients.

Mais oserait-on parler de «clients» ? Pas ici. De débats en conférences, de concerts en soirées culturelles, de spectacles en ateliers créatifs, tout est pensé pour que toute personne fréquentant l’établissement puisse, précisément, devenir partie prenante d’un projet citoyen : celui de la responsabilité sociale. Le fait que le tout soit organisé sous forme d’une Société Coopérative à finalité sociale, portée par 20 bénévoles, s’inscrit également dans cette logique, clairement rappelée sur le site web d’Altérez-Vous :

 

«Le projet Altérez-vous entend œuvrer à l’amélioration des conditions de vie de l’Homme et à la protection de l’environnement au sein duquel ce dernier évolue. Nous avons privilégié l’activité d’un café citoyen afin de réaliser un mélange équilibré de convivialité, d’échange et de réflexion». 

 

Outre une petite restauration bien pensée et la possibilité d’acheter des produits équitables à emporter, l’endroit propose non seulement des cafés, thés et jus de fruits bios et/ou équitables, mais également une très belle carte de bières soigneusement sélectionnés : Dupont, Caracole, Silenrieux, Jessenhofke et Cantillon. Les consommateurs plus classiques pourront toutefois s’orienter vers une trappiste. Quant aux plus hardis, peut-être tenteront-ils une Oxfam, une Monzogo (produites par Huyghe) ou une Maya Bio (de chez Jessenhofke), blonde amère réalisée à base de Seitan, sorte d’amande asiatique riche en protéines. Petite touche finale : la très appréciable Happy Hour qui permettra aux moins fortunés la dégustation d’une bonne bière à prix réduit… Vous avez dit équitable ?

Altérez-Vous
Café-épicerie citoyen.Place des Brabançons, 6A
B-1348 LOUVAIN-LA-NEUVE
+32(0)10.84.40.03 www.alterezvous.be
info@alterezvous.be

Ouvert du Lu au Ve de 10:00 à 00:30
Le Sa de 12:00 à 00:30

 

 

 

Tournée brassicole dans la capitale suédoise

Un article de F. Di Gregorio

Voici un petit résumé brassicole du week-end que j’ai passé à Stockholm avec ma douce du vendredi 8 au lundi 11 janvier. J’espère que cela donnera envie à certains d’entre vous d’y aller en sachant qu’avec Ryan Air, c’est pas cher du tout de Charleroi ou de Beauvais. (35 € aller-retour !)

Avant tout, deux choses nous ont vraiment marqués :

 

1 → Une culture bière extraordinaire où n’importe quel restaurant et/ou bar possède une multitude de bières souvent belges et américaines, mais aussi néerlandaises et suédoises bien entendu.

2 → Malheureusement, ce plaisir des yeux n’est pas du tout un plaisir du porte-monnaie… mais on le savait avant d’arriver, donc on avait prévu notre budget «bières»!

Il faut savoir qu’aucune bière ne fait moins de 50 couronnes (5€)… et celles que nous avons dégustées oscillaient entre 9 € (pour les 25cl ou 33cl) et et 40 € pour les 75cl.

Nous avons donc visité 6 bars sur 4 jours dont voici un petit descriptif. A noter qu’il n’existe pas de «bars purs». Ils font donc tous restaurant.

Glenfiddich Warehouse N°68, Vasterlanggatan 68
www.gf68.com

Situé dans le Vieux Stockholm, il possède une très bonne carte de bières suédoises en pression, pale ale et stout/porter notamment.

1 bière dégustée :

Narke Slättöl “Humlestygg Pale Ale”, 4,7%, 33cl

Brasserie “Närke Kulturbryggeri” (www.kulturbryggeri.se)

Nez : houblon aromatique
Mousse : blanche neigeuse
Bouche : florale avec des notes de fruits rouges puis belle sécheresse amère

Oliver Twist, House of Ale AB, Repslagargatan 6, Stockholm
www.olivertwist.se

Situé non loin du célébrissime Akkurat, ce pub restaurant prévaut par son choix de bières suédoises au fût dont les excellents bières de la brasserie Jämtlands (Hell, Postiljon, Porter, etc…).

Un choix important également de bières américaines, ambiance pub, un bar pris d’assaut le week-end et une petite salle de restauration où la nourriture est assez “américanisée” avec une flopée de hamburgers.

Belgobaren, Bryggargatan 12, Stockholm
www.belgobaren.se

Faut bien l’avouer, on est venu une première fois devant ce bar-restaurant sans y rentrer croyant rien n’y trouver d’extraordinaire en terme de bières, uniquement des produits bien connus par tous. Par acquis de conscience, nous y sommes revenus le lendemain et avons bien fait !

Même si on a l’impression de rentrer plus dans un resto qu’un bar, la carte nous a réservé de biens belles surprises. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à ce que l’on voit de l’extérieur !

Nous avons demandé la carte du resto ainsi que celle des boissons, tout en regardant les imposants frigos derrière le bar :

ainsi que celui à l’entrée qui a attiré nos regards. Il s’agissait en fait de leurs “vintages” mais aussi de quelques raretés stockés pêle-mêle : Duvel Tripel Hop, Keizer 2001/2002/2003etc…, Cantillon, Drie Fonteinen, De Molen, Brasserie Fantôme, Duvel 6L (!), Pannepot, Pannepot Reserva, Pannepot Grand Reserva, Deus, Westvleteren 6 8 12, etc…

 

Ma première question fut de demander le prix de la Duvel Tripel Hop… La serveuse me répondit : «Euh c’est pas à la carte, voulez-vous que je demande à mon patron même si, de mémoire, la dernière vendue l’avait été à 70 €…». Et en fait, son patron la faisait à 100 € car c’était sa dernière… Oups ! Autant dire que l’on s’est rabattu sur d’autres choses et nous ne l’avons pas regretté.

Pour la petite histoire, non loin de ce resto, nous étions passés devant le Duvel Bar (mais il était fermé le dimanche) où plusieurs Duvel Tripel Hop trônaient dans une cave et on s’est dit qu’on demanderait le prix «juste pour voir»… et on n’a pas été déçus !

Donc voici les bières dégustées avec Madame :

Pipedream 33cl, 7,8%vol, 56IBU

Bière brassée par Alvinne en collaboration avec De Struise et Pipeworks Brewing Co à Chicago

Aspect : blonde abricot
Mousse : blanche aérée peu tenace
Nez : sec et poussiéré avec des petites notes de pêche
Bouche : léger fruit en attaque puis une amertume franche tranchante (style pamplemousse) intervenant en fin de bouche pour durer un peu dans le temps.

 

‘T Hofbrouwerijke Hoftrol 6,2% à Beersel, Belgique

Apparemment, on a affaire ici à une fermentation mixte où la bière subit une oxydation.

Aspect : ambrée très saturée, un geyser à l’ouverture
Mousse : disparaît très vite, sans bulles tel un lambic
Nez : oxydation se sent, on dirait un nez de lambic sans le côté boisé
Bouche : aigre douce dès l’attaque et amertume mais rien d’autre, aucune longueur ni caractère.

 

Pannepot Grand Reserva 2006 33cl, 10%vol

Brasserie De Struise

Aspect : noire
Mousse : crème peu tenace
Nez : vanille et terreuse (champignon)
Bouche : une grande claque, ronde et veloutée en attaque puis des notes boisées et de vieux porto. On sent l’alcool mais sans que cela déséquilibre le tout, ça reste harmonieux. On déguste !

Black Jack au fût, 7%vol.

Une Imperial Porter brassé par De Struise pour le patron Jack Pano.

Aspect : noire
Mousse : marron aérée
Nez : café/cacao + brûlé
Bouche : note évidente de café, et de chocolat noir mais bien équilibrée malgré tout.

Black Jack «Motverkar Tristess» 12,5%vol, brassée par De Molen

Chaque année, le Belgobar envoie sa Black Kack à une brasserie différente pour la faire mûrir. Ici, ce porter a été vieilli dans des fûts de whisky suédois Mackmyran chez De Molen. 1560 bouteilles de 18cl ont ainsi été sorties. Le patron nous en a offerte une (la n° 468) en dégustation. Sympa !

Aspect : noire
Mousse : crème peu épaisse
Nez : alcool et cacao brûlé
Bouche : on retrouve en attaque le côté brûlé puis des notes intéressantes vineuse et boisées, c’est plus rond que sa petite soeur pour finir sur une arrière bouche grillée.

 

Ajoutez à tout cela une excellente cuisine et vous comprendrez que l’on a passé un agréable moment !

Monks Cafe, Sveävagen 39, Stockholm
www.monkscafe.se

 

Dès notre entrée, des frigos avec des bières pêle-mêle : Fantôme, Carolus Keizer 2001 à 2009, Pannepot, De Molen, Geuze Wets, Panil (brasserie italienne), des jéroboams, et même ça !

 

En plus, festival des bières américaines à l’intérieur : plus de 120 différentes en bouteilles!

Voici les bières dégustées :

 

Honkers Ale 35,5cl 5%vol

Brasserie Goose Island, Chicago

Aspect : ambrée
Mousse : absente
Nez : caramel surtout
Bouche : ale terreuse et fruitée (citron), pas de longueur en bouche… bof !

De Molen Amarillo 33cl 9%vol

Aspect : ambrée abricot
Mousse : peu et retombant très vite
Nez : houblonné et épicé avec des notes de légumes et de banane apportées par les levures
Bouche : en attaque le citron et litchi puis forte amertume qui s’estompe très lentement. Malgré tout un bel équilibre en bouche, le palais n’est pas anesthésié.

Monks Cafe & Brewery, Wallingatan 38, Stockholm
www.monkscafe.se

Notre préféré des deux, car en plus des produits, il y a une microbrasserie où les clients peuvent s’inscrire chaque mois pour participer à des microbrassins en compagnie du brasseur Charles Cassino. On le voit ici effectuer un houblonnage avec 3 houblons différents.

 

Dès qu’on entre dans le bar, une première salle où l’on peut boire. Puis, après, le resto. Voici une photo du bar :

 

Le bar présente aussi des bières brassées sur place en pression :

 

Nous en avons goûtées pas mal. Voici la liste (sur deux jours) :

Tout d’abord, ma femme s’est laissée tenter par une bière italienne déjà goûtée à Strasbourg pendant le mondial :

Re Ale de la brasserie Borgo, 33cl, 6,4%vol

Aspect : bière ambrée, bonne pétillance
Mousse : fine bulle blanche, peu épaisse
Nez : légume vert, légèrement épicée, odeur de beurre également
Bouche : attaque terreuse (poussière) avec des notes de cacao avec une finale amère franche mais pas très longue.

Puis nous avons testé deux bières maison en pression faites par Charles Cassion en collaboration avec Olivier Menno de chez De Molen et Urbain Cotteau de chez de Struise :

Imperial Stout HV STHLM Edition, 8,7%vol

Aspect : bière noire ébène, peu de pétillance
Mousse : couleur café, retombant très vite, fines bulles
Nez : légume puis café avec des notes poivrées
Bouche : attaque terreuse puis réglisse, le café ne se fait pas ressentir. Bière pas très sèche, on retrouve un aspect médicamenteux. Un peu déçus.

Tripel Hoppel, 11% vol !

Aspect : abricot orangé
Mousse : fine bulle blanche neigeuse
Nez : fruitée (fruit de la passion)
Bouche : attaque fruitée genre pamplemousse sucré puis l’alcool remplit la bouche mais tout en équilibre avant une finale amère franche qui tapisse le palais : une bière sèche et aromatique. Un régal !

 

Après, nous avons testé des bières de chez De Molen. Il y en a un très large choix. Jugez par vous-mêmes !

 

Fris & Fruitig, 33cl, 5,6%vol, EBU 20, de style lambic mûri 9 mois en fût de chêne.

Aspect : rouge
Mousse : absente
Nez : acide et fruité (cerise ?)
Bouche : attaque aigre sans longueur. Diffère d’une oude kriek (beaucoup moins de puissance). Très peu acide, bière désaltérante semblable à un jus de raisin en moins sucré.

Conclusion : nez prometteur, bouche décevante.

Vuur & Vlam, 33cl, 6,2%vol. EBU 42,6

Descriptif bouteille : bittering hop Challenger, latehops Chinook-Cascade-Simcoe-Amarillo, dryhopping Cascade.

Aspect : pêche trouble
Mousse : blanche neigeuse tenace
Nez : fruit de la passion et houblon aromatique
Bouche : attaque aromatique puis amertume franche mais courte. Le côté floral est un peu perceptible.

 

Kannen & Kruiken, 33cl, 6,2%vol

Aspect : blonde cuivrée
Mousse : absente
Nez : malté, céréales et des légères notes fruitées
Bouche : attaque légèrement sucrée avec une amertume moyenne qui s’estompe petit à petit. On ne retrouve pas le côté malté en bouche.

Puis nous nous sommes attablés pour manger et encore déguster 2 petites bières sur les conseils du barman très connaisseur. Voici un aperçu de leur cave à bière géante climatisée, en plein milieu du restaurant !

 

Père Jacques, brasserie Goose Island Chicago, 9%vol

Mousse : aérée retombant vite
Aspect : ambrée couleur pêche
Nez : banane et caramel
Bouche : On retrouve le fruit, rondeur sucrée puis le côté caramel se développe avec une très légère madérisation. En rétronasale, une légère et agréable chaleur alcoolique se fait ressentir. Bière veloutée qui s’accordait très bien avec ma viande rouge.

 

Et enfin, en digestif, et offerte par le barman, la fameuse Närke qui talonne de très près la Westvlteren 12 sur Ratebeer. Un sacré cadeau !

 

Akkurat Restaurang & Bar, Hornsgatan 18 , Stockholm

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Réputé mondialement pour son stock phénoménal de lambics, Oude Geuzes et Krieks. C’est simple : rien moins que 4 pages A4 recto verso uniquement consacrées à ces vintages… !

Franchement, aller à Stockholm sans y passer, c’est vraiment bête. D’autant plus que l’endroit est très chaleureux, de style pub qui brasse une population hétéroclite aussi locale qu’internationale. Et les amateurs de whiskies ne seront pas en reste avec plus de 500 différentes variétés… dont un Ardbeg affichant «année 1891» sur la carte au prix de 180 €…le cl !!!

 

Nous, on s’est contenté des bières. Déjà la carte, c’est un album et y’a même pas les vintages! Il a donc fallu demander une seconde carte, moins volumineuse mais très très bien fournie. J’ai compté au moins 25 bières différentes au fût : suédoises, américaines, allemandes et belges dont une version de Cantillon et la gamme de la brasserie Kerkom.

 

Winterkoninkske, brasserie Kerkom , 8,3%vol au fût

Aspect : Rubis acajou
Mousse : crémeuse marron
Nez : fruits rouges uniquement car servie trop froide
Bouche : pas très ronde mais des notes maltées et fruitées, peut-être également un côté torréfié ressenti en fin de dégustation.

Celebration Ale, Brasserie Dugges, Mölndal, Suède, 6,5%vol au fût

 

Aspect : blonde orangé
Mousse : blanche et neigeuse
Nez : agrumes et herbacée
Bouche : attaque sèche et fruitée puis belle amertume style pamplemousse, très désaltérante.

 

Devant le choix de vintages et gueuzes, nous avons opté pour une dégustation en parallèle pour comparer :

Oude Geuze Hanssens 1998, 37.5cl, 6%vol

Aspect : Blonde pâle Nez : agressif et sec (vieux chêne)
Bouche : attaque agressive,  acidité moyenne. arôme de noisette et amertume assez marquée.

A mal vieilli à notre goût Oude Geuze 3 Fonteinen 1999, 37.5cl, 6,5%vol

Aspect : idem. Un peu moins trouble Nez : agressif. Raisin et fruité
Bouche: acidité marquée en attaque. Très sèche en rétro. On perçoit le côté bois vert, sciure fraîche. A bien évolué.

Le 2ème jour : → De Cam Oude Geuze 1998, 75cl, 6.5%vol

Mousse : absente, pétillance nulle
Aspect : blonde cuivrée limpide (sauf fond de la bouteille)
Nez : clairement boisé, verte ainsi que noisette
Bouche : très verte, acidité moyenne. Finale citronnée avec une aigreur marquée.

Une dernière, just for the fun :

Oerbier 33cl, 7.5%vol, Octobre 1990

Nez : clairement muscat
Bouche : attaque citronnée domine avec des notes de vin cuit et une légère aigreur. La rondeur a disparu.

En conclusion, si vous avez deux bars à faire à Stockholm, je vous conseille le Monks Cafe et Brewery et bien entendu l’Akkurat, incontournable à mon sens car il réunit tout ce qu’un amateur veut : une large gamme de bières actuelles, des vintages surtout belges et un choix de whiskies également impressionnant, le tout dans un endroit rustique, parquet en bois et ambiance pub.

Haarlem Beer Trotter: récit d’un voyage à Haarlem et La Haye (Pays-Bas)

Impressions suite à un petit séjour dans deux villes de Hollande : La Haye et Haarlem. Deux villes, deux regards différents sur la bière…

 

HAARLEM ou la fierté historique

Avant d’être un quartier New-Yorkais, Haarlem est une charmante ville située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Amsterdam. Le peintre Frans HALS y vécut et y mourut octogénaire, dans un hospice devenu aujourd’hui le « Frans Hals Museum ».

Une visite de ce musée fait prendre conscience de l’Histoire brassicole d’Haarlem. Vers le 15ème siècle, le brassage constituait l’activité principale de la ville. Pour preuve, de nombreux et riches brasseurs d’autrefois figurent sur les portraits peints par Frans HALS. Sur le plan de la ville, on repère la Brouwerskade, la Brouwerskade ou encore la Brouwershofje. Autrefois, les « hofjes » étaient des endroits destinés à accueillir les plus démunis. La Brouwershofje fut fondée par la guilde des brasseurs en 1472. (photo: Brouwershofje à Haarlem)

Pour rendre hommage à ce prestigieux passé, certaines personnes motivées ont souhaité relancer des bières. Ainsi sont apparues les Jopen! Merci à Jef qui m’a fait connaître l’existence de ces bières grâce au forum de bierebel !

Sur place, après quelques vérifications, un premier constat s’impose : les Jopen sont brassées dans le sud du pays, à la brasserie De Halve Maan à Hulst… Petite déception, mais courte, car découvrir les Jopen dans un « café brun » bordant le cœur historique de Haarlem demeure un vrai plaisir !

 

Jopen Hoppenbier : bière blonde maltée (recette de 1502). Vol. alcool : 6,8%.

 

 

Jopen Koyt : bière rouge-brune (recette de 1407). Vol. alcool : 8,5%.

 

 

Jopen Adriaan : bière blonde (recette de 1407). Vol. alcool : 5%.

 

 

Jopen Stout : un délicieux stout qui se termine par une explosion houblonnée en fin de bouche.

 

Pour brasser ces bières, on fait appel au gruit, une mixture entre différentes épices et plantes. Le gruit était autrefois utilisé, avant que l’emploi du houblon ne se généralise.

Ces bières ont été goûtées au In Den Uiver et au Café KoopsIn Den Uiver est un « café brun » très agréable qui accueille notamment des concerts de jazz. A l’intérieur, on se croirait presque dans un musée de la KLM, la Koninklijke Luchtvaart Maatschappij, la compagnie aérienne néerlandaise, tant les objets à l’effigie de la compagnie (maquettes d’avion, photographies,…) sont abondants.

 

 

In Den Uiver
Riviervismarkt, 13
2011 HJ Haarlem

Tél: 023/532.5599
Fax: 023/571.9166
E-mail: info@indenuiver.nl

http://www.indenuiver.nl

 

 

Café Koops
Damstraat, 4
2011 HA Haarlem

Tél: 023/532.2760

 

LA HAYE ou l’émergence des micro-brasseries

Lorsque j’ai l’occasion d’aller à La Haye (Den Haag), capitale administrative des Pays-Bas, je prends du plaisir à me rendre au Fiddler Brew Pub, établissement situé à quelques pas des artères commerciales de la ville. De simple pub, le « Fiddler » a atteint le statut de micro-brasserie, l’établissement étant également nommé « De Haagse Bierbrouwerij ». Conditionnées dans des cask, leurs bières valent entièrement le détour!

Le Fiddler Stout a une amorce douce, une saveur de café prononcée avec une jolie pointe d’amertume. Vol. alcool : 5,6%.
La Fiddler Pale Ale a un caractère très houblonné, notamment en fin de bouche. Vol. alcool : 4%
La Fiddler Ale, blonde-ambrée, est une bière un peu moins houblonnée que la Pale Ale, dans laquelle on retrouve cette saveur particulière de biscuit. Vol. alcool : 5 %.

La brasserie propose également deux nouvelles bières : la Kriekenbier, bière brune aux accents malté et fruité, ainsi que la Fiddler Tripel, bière blonde houblonnée de 7,1% de vol. d’alcool. Au printemps, le visiteur peut déguster laFiddler Blond, et en hiver, la Fiddler Tarwebock.

De par l’aménagement de son intérieur et son atmosphère typiquement anglaise, le Fiddler Brew Pub demeure une véritable aubaine pour quiconque voudra découvrir des bières de qualité brassées au sein même d’un pub,… sans devoir nécessairement traverser la Manche !

 

Fiddler Brewpub / Den Haagse Bierbrouwerij
Riviervismarkt, 1
2513 AM Den Haag
Tél: 070/365.1955
E-mail: info@haagsebierbrouwerij.nl

http://www.fiddler.nl

http://www.haagsebierbrouwerij.nl

Toujours à La Haye, à Scheveningen, bourgade située en bord de mer, je vous conseille « Het Brouw Café », micro-brasserie installée près du port. Lors de mon dernier passage, j’avais goûté la Triple, une bière d’une couleur blonde-ambrée avec une couleur blanche crémeuse. Elle a un caractère très épicé, une touche fruitée (orange) et une fin de bouche sèche. Volume d’alcool : 7%. Pour ne pas rester sur ma soif, j’avais aussi dégusté la Frisse Wind, 5,3%, bière à l’accent malté.

L’endroit est souvent très fréquenté, fidèle à l’animation des ports de pêche. La décoration de l’établissement fait honneur aux bières belges vu les nombreuses plaques publicitaires affichées sur les murs. Au fond du café règne une fresque d’Hertog Jan, accompagnés de trois hommes chantant « Hoog het hart, hoog het lied, hoog het bier! » (« Haut le coeur, haut la chanson, haut la bière! »)

Het Brouwcafé
Dr. Lelykade 28,
Scheveningen (Den Haag)
Tél: 070/354.0970
Fax: 070/354.8734
E-mail: hetbrouwcafe@proximedia.nl

http://www.hetbrouwcafe.nl

Interview de ‘Kali’ du Delirium Café à Bruxelles

Une interview de G. Salvaggio

2004 bières vendues par un même établissement, et en plein coeur de Bruxelles, ça ne pouvait pas se rater. Raison pour laquelle ce lundi 13 janvier 2004, je me mis en tête de visiter ce temple de la dégustation et, au passage, de m’adonner à l’interview du sympathique et compétent gérant, « Kali », qui s’est volontiers prêté au jeu tout au long de la soirée.

Jef – Pourquoi donc 2000 bières ?

Kali – 1000 bières, cela avait déjà été réalisé et cela devenait commun (NDLR : Le Vaudrée de Liège propose un tout petit peu moins de 1000 bières). Il fallait donc créer un nouveau challenge, afin de proposer au public des bières que personne ne connaît. Cela nous permet, au jour le jour, de nous remettre en question en découvrant des bières que nous ne connaissions pas.

Jef – Le public, justement… A qui cet établissement s’adresse-t-il, puisqu’on sait qu’en dehors des Pils et des bières d’abbayes, les Belges n’ont curieusement pas, chez nous en tous cas, la réputation d’être de fins dégustateurs ?

Kali – Difficile de répondre en quelques mots à cette question. On peut en effet reconnaître que d’autres nationalités connaissent mieux la bière que nous. Il est par exemple exact que dans l’esprit du Belge moyen, la bière, c’est Interbrew et les abbayes. Une certaine médiatisation de masse n’y est d’ailleurs pas étrangère. Mais les touristes qui, bien sûr, découvrent l’établissement au hasard de leurs visites et qui reviennent le soir déguster une bonne bière, force est de constater que les Bruxellois risquent d’enfin trouver un lieu de convivialité pas trop enfumé, baigné d’une musique pas trop forte, un endroit pour discuter de ce qui fait partie de notre culture. A cet égard, l’établissement se veut également un lieu de vulgarisation, pas seulement réservé aux seuls vrais connaisseurs.

Jef – Quelle place les nombreuses bières étrangères proposées trouvent-elles dans ce lieu de belgitude ?

Kali – La modestie nous force tout d’abord à reconnaître qu’en matière de Pils, les Allemands et les Tchèques ont énormément à nous apprendre. Idem pour les Blanches. On constate en outre, ci et là, des phénomènes de sursauts. La France se réveille fameusement, proposant des produits de qualité. L’établissement propose d’ailleurs une soixantaine de produits bretons. On pense surtout au Nord de la France, dont les bières s’inspirent largement des nôtres, mais dont la préparation est en permanence remise en question dans un souci d’atteindre une qualité certaine et sans cesse croissante. Beaucoup de brasseurs américains travaillent également dans la lignée de la Belgian Style Beer. En tous les cas, ces bières ont le mérite d’être connues.

Jef – Certains brasseurs n’hésitent pas à dire que l’on ne conserve pas la bière aussi bien et aussi longtemps que le vin. Comment y parvenez-vous, puisque certaines bières affichées à la carte datent d’une certaine époque et que d’autres mettront plusieurs mois avant d’être commandées par un amateur ?

Kali – La bière de qualité se conserve parfaitement bien. Il suffit d’en examiner certaines datant du début du siècle : leurs étiquettes indiquent une Conservation Illimitée. Allez savoir pourquoi… Un Orval de 10 ans d’âge peut être bu sans aucun inconvénient. Un fût rempli de bière de haute fermentation peut, si son arrivée est coupée tous les soirs, se conserver jusqu’à 3 semaines alors les vendeurs s’évertuent à dire qu’il doit être consommé dans les trois jours… par intérêt commercial, sans aucun doute. Bien sûr, une bouteille peut avoir été mal conditionnée ou trop exposée à la lumière, mais cela reste un accident. Une infiltration d’oxygène constitue également une catastrophe. A titre personnel, j’ai bu des bières de 30 ans d’âge et leur degré de conservation était demeuré exceptionnellement intact.

Jef – Comment faites-vous pour connaître toutes ces bières, de telle manière à proposer la plus adaptée à chaque client ?

Kali – On ne peut pas toutes les connaître. C’est un travail de longue haleine que j’ai commencé en 1985, tandis que je bossais comme étudiant chez Moeder Lambic. J’étais, par contrat, tenu de goûter un maximum de bières. Il est difficile de mémoriser les goûts, mais un petit truc m’a toujours aidé : chaque brasserie, peut importe la variété de ses produits, fait toujours paraître en chacun d’eux le même petit arrière-goût qui la caractérise.

Jef – Votre bière préférée ?

Kali – Je n’aime pas répondre à cette question. Ca dépend trop de mon état du moment. Mais pour jouer le jeu jusqu’au bout, disons la Westvleteren 8, les Krieks de chez Boon, Drie Fonteinen et De Cam, la Rulles Triple et la Ste-Hélène, très rare.

Une adresse à ne pas manquer

Delirium Café
Impasse de la Fidélité (Face à Jeanneke Pis)
1000 BRUXELLES
(Quartier de l’Ilôt Sacré)
http://www.deliriumcafe.be