Le renouveau brassicole suédois: Malmö (partie 2 et fin)

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Deuxième et dernier volet consacré à la Suède. C’est à environ 230 km au sud de Göteborg que je vous emmène. Troisième ville de Suède, Malmö profite également de cet engouement pour les microbrasseries. L’influence de Copenhague, fief du danois … Lire la suite

Le renouveau brassicole suédois: Göteborg (partie 1)

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Dans la continuation de la route de la bière, c’est la Suède que ces deux prochains articles auront pour thème. Bon nombre d’entre nous sont dans l’incapacité de pouvoir nommer une bière suédoise, se tournant souvent vers le voisin danois … Lire la suite

Hop Secret – Bistro Op Weule (Woluwé-Saint-Lambert)

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En publiant cet article, je tente de démarrer une série (« Hop Secret ») reprenant des bars, magasins, etc. qui ne figurent pas habituellement sur l’itinéraire classique du chasseur de bières… Je me focaliserai la plupart du temps sur Bruxelles, puisque c’est … Lire la suite

Charleroi ou la Tournée des Grands Ducs

Article de G. Salvaggio, photos de P. Lebrun

Les personnes qui évoquent la région de Charleroi renvoient sans cesse, à tort ou à raison, l’image négative d’un ciel aigri par les usines du Pays Noir, un taux de chômage élevé et une insécurité latente. Et côté brassicole, rien de très positif, non plus. De prestigieuses fabriques de bières telles que la Brasserie des Alliés, la Brasserie de l’Union ou la Brasserie Poncelet ne font en effet plus, depuis longtemps, la joie des consommateurs. Quant aux cafés, on a souvent en tête l’image de lieux de seule beuverie, qui aimeraient à se voir appeler assommoirs, boui-bouis, poivriers ou lupanars. Refusant cette seule image obscurantiste, c’est donc avec Pierrot, ma connaissance des lieux et quelques recommandations de Mickey, que nous décidâmes, en une journée montre en main, d’explorer des lieux pour y boire… qui en valent la peine.

 

Un relais au Ravel

Nous entamons notre parcours par une curiosité campagnarde du Nord de Charleroi bien méconnue du grand public. Unique en son genre, le Relais du Ravel, géré sur le mode de l’Economie Sociale, occupe en effet, en étroite collaboration avec l’ASBL Faim et Froid, les locaux de l’ancienne gare de Gilly-Allet, sur le tronçon de l’ancienne ligne ferroviaire 119, entretemps devenue un RAVEL reliant Roux à Châtelet.

Ici, pas de carte majestueuse de bières spéciales, mais une ambiance champêtre qui donnerait, à celui qui s’arrête au relais, l’envie d’y rester toute la journée. Nous pûmes tout de même déguster une très hollandaise Trappe Tripel, servie dans un pot de grès et accompagnée de quelques cubes de fromages. Pour les amateurs de trappistes belges, possibilité d’Orval et de Chimay. Les amateurs de restauration peuvent également se rendre sur place les mercredi et dimanche midi, sur réservation uniquement via le +32(0)71/41.81.64.

Possibilité de consulter Internet et de bénéficier d’un atelier de réparation… vélo.

Le Relais du Ravel, Rue de la Station 104, B-6060 GILLY.

 

Petit tour à la Ville Haute

Le nord de Charleroi regorge d’endroits parfois inattendus, comme le Royal Nord (Avenue de Waterloo, 71), déclaré par Inbev comme le meilleur débiteur de Jupiler au fût de Belgique, ou le célèbre café-concert L’Echo des Chavannes (Rue des Chavannes, 3), rendez-vous incontournable des bikers et refaiseurs du monde. C’est toutefois vers trois établissements promouvant la bière spéciale que nous nous rendîmes pour des souvenirs aussi longs que ne furent nos visites… éclair.

Les Templiers (Place du Manège, 7)

L’établissement le plus «taverne» de la journée est bien connu des guides touristiques, non seulement pour son allure résolument moyenâgeuse, mais également pour sa jolie carte de bières spéciales, présentées par province (cas unique à notre connaissance), parmi lesquelles huit, tout de même, sont disponibles au fût : Chimay Triple, Diekirch, Löwenbrau Heller Bock, Scotch Gordon, Guiness Draught Stout, Rodenbach, Maredsous Blonde et… bière du mois.

Ici, le midi, on y vient pour manger sur le pouce, en se délectant, parmi un choix de 42 bières, d’une Hopus, Quintine ou autre Diekirch Grand Cru. A ce sujet, Pierrot et moi jetâmes notre dévolu sur une Grisette Blanche au fût… la bière du mois, somme toutes.

 

Au Beffroi (Rue du Dauphin, 15)

Que les adresses ne nous trompent pas : bien que situé dans une rue à l’intitulé différent, le Beffroi est pile le voisin mitoyen des Templiers.

A première vue, aucune comparaison possible. Le Beffroi, sis face au monument du même nom, évoque plutôt un «bistrot» des plus classiques, dans lequel on vient boire un petit coup en regardant la TV pour prendre des nouvelles des Zèbres, chaleureux surnom octroyé aux joueurs du club de football carolo, toujours membre de la Première Division. Quelques photos du temps jadis rappellent les exploits de ce club et de celui de l’Olympic, aujourd’hui localisé en Troisième Division

De ce lieu d’apparence commun, Marc Martini, le tenancier, est parvenu à en faire un lieu faisant la large part aux bières spéciales, sélectionnées par lui et lui seul. De carte, il n’en est pas besoin, puisque le patron a pris la précaution de transformer sa vitrine arrière en étalage à breuvages, sur lequel se côtoient les bouteilles disponibles et leurs verres adéquats.

Au cours de cette visite, il nous fut donné de déguster, fait plus que rarissime à Charleroi, une Mort Subite Oude Gueuze 2008, servie à température (ambiante) de cave. Mais il nous eût été possible de choisir, pourquoi pas, une Tongerlo Prior. Mais les goûts et les couleurs, comme sur un zèbre, ça ne se discute pas.

 

La Cuve à Bières (Boulevard Jacques Bertrand, 68)

Traverser la Place du Manège, c’est se retrouver dans le plus «comptoir» des cafés de la Ville Haute. Le samedi soir, le lieu fait salle comble, mais il est difficile, sur deux tables différentes, d’y retrouver les mêmes bières, tant on pourrait s’y perdre dans le choix, en témoignent les nombreuses publicités murales qui, ici aussi, remplacent tout simplement, entre deux plaques émaillées et sous quelques tonneaux de bois, la carte.

Promu au rang d’Ambassadeur Orval, la Cuve à Bières propose notamment, parmi ses 70 bières, de la Forestinne 75cl et une bière du mois. Notre dévolu fut quant à nous jeté sur une Moinette Brune qui accompagna, très justement, un sandwich acheté… en face. C’est qu’à Charleroi, la convivialité, ce n’est pas qu’un vain mot.

 

Ce tour de la Ville Haute aurait bien mérité d’également nous arrêter, par exemple, à la Maison des Huit Heures (Place Charles II, 23), haut-lieu des rassemblements syndicaux socialistes d’antan, où se sert le Scotch CTS au fût le plus réputé du coin, surtout le dimanche matin, jour de marché. Mais l’heure était déjà venue de nous rendre au sud de la ville.

 

Petit tour à la Ville Basse

Avec la reprise des travaux visant à terminer l’installation du Métro, la bas de la Ville vit, depuis quelques années, une profonde remise en question de son architecture rurale. Même les petites maisons de passe du Quartier Léopold, où il est également possible de s’arrêter pour prendre un verre, finissent par disparaître pour laisser place à des commerces… et au retour d’une fréquentation publique plus accrue des acheteurs.

L’Impasse-Temps Rue de Dampremy, 61

Situé au pied des anciens remparts de la Ville-Basse et à l’embouchure d’un quartier piéton, l’établissement occupe, depuis 1998, l’emplacement d’une ancienne brasserie, de laquelle 4.000 bouteilles vides ont été conservées.

Véritable «bar à cocktails» ayant, dans ce domaine, la seule Cour des Miracles pour concurrent (Place de la Digue, 42), l’Impasse-Temps ne prétend nullement offrir de carte de bières spéciales (preuve en est que Pierrot et moi nous accordâmes un pause digestive en la personne d’un délicieux thé à la menthe marocain). Il offre toutefois une quiétude unique à sa clientèle par la mise à disposition, dans une ambiance cosy, de fauteuils deux places. Premier étage non fumeur, second étage fumeur, troisième étage offrant de nouveau la perspective des vieux remparts sur fond de terrasse nouvellement installée. 25 ans d’existence pour cet endroit particulièrement prisé, y compris par les lycéens.

 

Obligés de délaisser, pour cause de fermeture, le Corto, véritable «caveau» proposant, rue de Montigny 12, 50 bières, 50 rhums et 50 cocktails, nous nous dirigeons vers l’emblématique Padrî la Quille tout en saluant, au passage, le Mille Colonnes, véritable «brasserie» à la française où les serveurs, vêtus de façon très traditionnelle, vous proposeront, à l’entrée du célèbre Passage de la Bourse, un choix relativement honnête de bières, parmi lesquelles la Hopus et la Forestinne.

Padrî la Quille (Rue de Marcinelle, 33)

Hésitant entre les concepts d’«estaminet» et de «resto-brasserie» à la française, La Quille tire son nom du jeu que l’on pratiquait jadis au fond de cet établissement fondé en 1920. Le mur est d’ailleurs nanti d’un ancien jeu de quilles.

Le patron, qui, paraît-il, ressemble quelque peu à Coluche (nous n’avons pas eu le plaisir de l’apercevoir), aime à promouvoir non seulement les bières spéciales (environ 45 à la carte, parmi lesquelles la Forestinne, la Moinette, la Bons Voeux, la Troubouly, l’Authentique Blonde, la Duchesse de Bourgogne ou autre Abbaye de Brogne), mais également la pratique du wallon. Le bistrot a également obtenu le label Ambassadeur d’Orval… un Orval de plus de deux ans se trouve-t-il si facilement dans le coin, ailleurs qu’au Padrî ?

Tandis que Pierrot se délectait d’une Authentique Blonde, je ne pus résister à l’envie d’une Duchesse de Bourgogne qui, du plus profond de son acidité prononcée, put remettre mon estomac d’aplomb pour la suite et la fin de cette longue mais ô combien instructive tournée des grands ducs. C’est qu’il nous allait encore nous falloir quitter la ville pour la campagne…

 

En sortant des sentiers battus

La Guinguette du Pircha (Rue Trévieusart 6, B-6041 GOSSELIES)

Véritable survivante du temps passé, cette «guinguette», qui tire son nom de sa proximité avec le canal Charleroi-Bruxelles, offre aux promeneurs d’un jour le plaisir… d’une gueuze Girardin.

Pari bien osé, mais qui fonctionne parfaitement, si l’on en croit les nombreuses tables hébergeant non seulement les variétés étiquette noire et étiquette blanche du produit (cas unique sur la région de Charleroi), mais également les délicieuses (mais acides) kriek et framboise.

Le dimanche, en été, les gens aiment à se rassembler dehors pour danser sur la piste en ciment spécialement aménagée pour l’occasion, tandis que les enfants profiteront de la petite plaine de jeux ou, pourquoi pas, d’un portion de frites disponibles, non pas à la friterie, mais à la «friture», belgicisme oblige.

Le choix de bières se veut éclectique, et on pourra, ainsi, déguster aussi bien une Forestinne qu’une Battin aux fruits. Nous ne pûmes bien entendu résister au partage d’une Girardin 75cl, plus amère qu’à l’accoutumée… mais c’était une Girardin et pour en trouver une ailleurs, combien de kilomètres n’aurions-nous pas dû effectuer ?

 

La Ruchette (Place des Combattants 8, B-6230 VIESVILLE)

A l’instigation de Mickey qui semblait particulièrement insister sur la visite de cet établissement totalement inconnu de nos services, nous découvrîmes ce très bel endroit, véritable «bar-resto» ayant décidé de miser sur une carte de plus de 80 bières spéciales, pouvant atteindre la centaine selon les arrivages… ou plutôt les prises, puisque c’est le patron en personne qui se charge de la chasse aux précieux produits.

Parmi les nombreuses suggestions, nous retrouvâmes de très nombreuses bières du Hainaut (Bons Voeux, Goliath, Bière de Beloeil,…), de la Brasserie de la Senne, les vieilles brunes Adriaen Brouwer et Duchesse de Bourgogne, ainsi que les trappistes, parmi lesquelles la gamme des Trappe hollandaises (dont la Isid’Or)A noter que la Westvleteren est parfois disponible. Parmi les curiosités, à noter la Chimay servie dans des galopins en grès, la Gueuze Boon et un choix de bières «reposées», dont le prix est majoré de 0.50 €. Petite restauration avec, notamment, un bon choix de fromages d’abbaye.

Petite anecdote : tandis que nous dégustions une Zinnebir et une Taras Boulba, les poissons rouges semblaient, quant à eux parfaitement se complaire dans un verre à Gauloise de 1 litre… plein d’eau

 

Retour à la bière promise

En toute honnêteté, le fait d’avoir été confrontés à un Corto aux portes fermées nous avait quelque peu attristés, raison pour laquelle nous décidâmes de retourner à Charleroi effectuer une nouvelle tentative de visite.

Hélas, le succès ne fut pas plus au rendez-vous, raison pour laquelle nous décidâmes de conclure cette très belle tournée par un retour chez Padrî. Mais après toutes ces tournées, il semblait de plus en plus évident que nos vessies ne tiendraient pas les 400 mètres séparant les deux établissements, raison pour laquelle nous jetâmes notre dévolu sur l’endroit le plus «pub» de la journée : l’Irish Time (Boulevard Tirou 86, B-6000 CHARLEROI). Les toilettes, qu’elles soient belges ou étrangères, ne remplissent-elles finalement pas la même fonction ?

Quoique le lieu ne soit pas essentiellement dédié aux bières belges, nous fûmes assez surpris d’y trouver 13 produits au fût et 14 en bouteilles. Comme quoi, quand le destin se mêle de nos décisions…

Nous tentâmes une Snake irlandaise, ainsi qu’une Pinkie, préparation réalisée à partir de bière et de liqueur de framboise. Rien de comparable, sans doute, avec nos krieks et framboises, mais au fond, l’Irlande n’est-elle que le pays des seules Guinness et Kilkenny ?

 

Ceci n’est peut-être pas une fiction…

Les faits qui vous été rapportés ici constituent le reflet de l’exacte vérité. Toute ressemblance avec des personnages ou des lieux tirés de la réalité n’est en rien fortuite et ne peut entraîner, de la par de tous, qu’une poursuite judicieuse de la recherche d’établissements qui aiment la bière et leur clientèle.

Ceci se passait à Charleroi, pays des assommoirs, boui-bouis, poivriers et autres lupanars