Tour de Belgique 2013. #5 Province d’Anvers

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La cinquième étape de notre Tour de la Belgique brassicole est consacrée à la découverte des bières et brasseries de la province d’Anvers: Puurs – Mechelen/Malines – Beerzel – Westmeerbeek – Itegem – Herentals – Zandhoven – Deurne – Antwerpen/Anvers … Lire la suite

Présentation de la Duvel Tripel Hop à la brasserie Moortgat à Puurs

Un article de G. Salvaggio

Qu’une brasserie convie des journalistes à venir découvrir une nouvelle bière, voilà bien monnaie courante. Mais qu’une brasserie traditionaliste prenne le risque d’exposer un produit inhabituel à la fine fleur des dégustateurs de Belgique, voilà qui méritait certes nos meilleures salutations duvelesques et quelques modestes lignes.

Et pour cause, Moortgat semble aujourd’hui n’avoir plus rien à prouver : sa Duvel était l’une des bières favorites du regretté Michael Jackson, ses Maredsous enchantent le palais de ces promeneurs du Dimanche qui pensent qu’elles sont encore brassées par des moines et sa Bel Pils, ma foi, répond parfaitement aux critères les plus exigeants d’une lager de tradition tout en étant capable d’affronter sans rougir les classiques de l’industrie brassicole. Et pourtant, c’est bien vrai : une Duvel Triple Houblon, titrant 9.5%, vient de naître le temps de 22.000 bouteilles de 75cl.

Ce vendredi 26 octobre, donc, la philosophie de la Tripel Hop nous fut exposée par Michel Moortgat en personne : non pas une bière trois fois houblonnée, mais bien un breuvage réalisé à partir de trois sortes de houblons (Styrian, Golding et Amarillo) en lieu et place des deux variétés habituellement employées (Saaz et Golding). L’originalité ? Le recours au Dry Hoping (ou houblonnage à sec), procédé par lequel de fraîches fleurs de houblon stagnent pendant 18 jours en cuve de garde, un peu à la façon de ce qui est pratiqué pour l’Orval.

Est-ce à dire que Duvel veut à tout prix se rapprocher de la noble trappiste aux accents d’Angleterre ? Oui et non. A en croire les dires de Michel Moortgat, disons que le produit se veut plutôt une sorte de chaînon manquant entre la Blanche et l’Orval, tout en se défendant d’offrir une quelconque amertume agressive.

A la dégustation et à l’échange entre invités, l’affaire est claire : la Tripel Hop présente bel et bien cette magnifique mousse crémeuse et persistante propre aux grandes bières de haute fermentation. La couleur trouble et citronnée, quant à elle, évoque clairement la parenté avec les Blanches traditionnelles. Quant à la magnifique colonne de bulles ascendantes traversant le verre à vive allure, elle est bien là pour rappeler qu’en fin de compte, une Duvel reste une Duvel.

Bouquet très prenant, voyant succéder à une puissante amertume primaire une odeur de selle de cheval, traditionnellement propre aux lambics de caractère. Ce n’est qu’après oxygénation que survient, enfin, l’odeur fleurie si typique de la Duvel classique. Belles notes d’agrume (citron) à la bouche, offrant une magnifique explosion gustative se maintenant durant de très très nombreuses minutes. Fond de bouteille extrêmement laiteux… la levure aura de nouveau eu le dernier mot. Petit avis personnel : dans sa gustativité, la Tripel Hop est très proche d’une Berliner Weisse, voire d’une Limburgse Wit.

Les connaisseurs seront donc ravis. Ceci dit, il n’y a et n’y aura qu’un seul brassin. La prochaine étape ? Elle devrait se voir réalisée dans à peu près trois ans, avec un produit basé sur une levure innovante.

Un tout grand merci à la Brasserie Moortgat et aux administrateurs de Bierebel de nous avoir, à Mickey et moi-même, donné l’opportunité de revoir ou de découvrir de nombreuses connaissances du milieu brassicole qui, dans une ambiance très sérieuses, aiment toujours à évoquer les bons moments, passés et futurs, vécus et à vivre ensemble. Gageons qu’ils seront nombreux…


La brasserie Duvel, lieu de dégustation de ce jour.

Le Duvel Dépôt, ancien dépôt aménagé en taverne où les visiteurs peuvent venir déguster les bières de la brasserie.

Explications par Michel Moortgat.

Les bouteilles de 75cl sérigraphiées sont débouchées et servies dans des verres Duvel classiques, accompagné de mises-en-bouche.

A la vue se dévoile une robe blonde trouble, une forte pétillance et une mousse crémeuse typique d’une Duvel.

Au nez se dégagent de fortes odeurs de houblons arômatiques avec des notes fruitées et herbacées suivies d’une légère ordeur résineuse. Au goût, des saveurs légèrement sucrées se font ressentir au début, puis directement une amertume agréable, fleurie et rafraîchissante avec un léger piquant sur la langue, une bonne rondeur et une astringeance prolongée en fin de bouche. Elle titre 9,5% d’alcool et est tirée à une production de 22.000 bouteilles.

Une délégation de journalistes brassicoles, dont Christian DEGLAS, était présente, ainsi que des membres de Zythos et Ben VINKEN, éditeur du magazine Bière Passion (ici aux côtés de Mickey).