Sortie du livre Bieren en Brouwerijen, d’Adelijn Calderon

Article et photos de M. Vermeren

Le 7 octobre dernier, sortait officellement ce nouveau livre écrit par Adelijn Calderon, auteur de nombreux ouvrages régionaux. La revue de presse s’est déroulée dans une des somptueuses salles de la Maison des Brasseurs de Bruxelles, décorée de vitrines abritant des anciennes chopes à bière, cruches à gueuze, ancienne pompes en faïence et des Barbotines représentant des personnages ou animaux et qui servaient autrefois à servir la bière.

C’est le président des journalistes brassicoles Christian Deglas (auteur du livre « Les Goûts de la Bière ») qui ouvre la revue de presse, ayant fait la préface du livre. Ensuite, Mr Calderon raconte comment il a réalisé son livre, les rencontres avec les brasseurs, parfois bien accueilli, parfois une refus total de leur part, les trajets en bus et train pour accéder à certaines brasseries, les heures passées à photographier les verres à bière etc… Egalement présent l’éditeur du livre.

Le livre est divisé en trois parties, une reprenant les brasseries actuellement en activité, la deuxième reprenant les firmes de bières et la troisième des anciennes brasseries disparues de Bruxelles et de Flandre avec chaque fois un bref historique de la brasserie, des photos, des étiquettes, sous-bock et verres.

Après un verre de l’amitié et quelques sandwichs, une petit séance de dédicace du livre. Il est uniquement disponible en version néerlandaise et une version anglaise verra le jour bientôt!

Interview: Nicole Darchambeau

L’après-midi du 12 novembre 2007 était ensoleillée et fraîche. J’ai pris la route du Brabant Wallon, destination Limelette. Mon intention n’était pas de suivre une cure dans la station thermale tout proche… Et encore moins de fréquenter une station brassicole !

L’objectif de ma visite était de rencontrer une dame bien connue du monde de la bière. Depuis 1994, Nicole DARCHAMBEAU a publié pas moins de six cents recettes à la bière, réparties dans différents ouvrages qu’elle publie grâce à sa propre maison d’édition, les Editions Les Capucines. Son travail ? Avant tout « une histoire de rencontres »! Partons justement à la rencontre de cette sympathique personne, riche en anecdotes sur son métier et ses ouvrages !

Pierre LEBRUN : Nicole DARCHAMBEAU, d’où provient votre passion pour la cuisine ?

Nicole DARCHAMBEAU : J’ai toujours été passionnée par la gastronomie depuis que je suis enfant. Mon père fabriquait du matériel pour la boulangerie et pâtisserie. On a beaucoup voyagé, nous avons fréquenté beaucoup de restaurants ce qui a éduqué mon goût. Quand mon père voyait une pâtisserie, il regardait toujours la vitrine pour voir les formes des gâteaux. De mon côté, j’imaginais ce qu’il y avait dedans, les ingrédients ! J’ai alors commencé à cuisinier, surtout par la pâtisserie. J’ai commencé à regarder les émissions culinaires. A l’époque, il y avait celle de Raymond OLIVER, et puis il y a eu Michel OLIVER. Encore aujourd’hui, je regarde de telles émissions un peu comme un feuilleton ! J’ai donc toujours cuisiné et ça s’est toujours accentué.

P.L. : Est arrivée ensuite la bière…

N.D. : J’avais toujours un peu cuisiné à la bière et j’avais d’ailleurs gagné un prix au Salon de l’Alimentation à Bruxelles avec une recette à la bière. Par la suite, j’ai fait de l’artisanat, notamment de la tapisserie de haute lisse. J’ai exposé plusieurs fois au Château d’Enghien… Et le vernissage se faisait avec de la Double Enghien ! Et en dégustant mon verre, je me suis dit « tiens, pourquoi ne ferais-je pas un livre de recettes à la bière ? » Nous avons alors décidé de visiter les brasseries, nous avons rencontré des gens, j’ai écrit un livre. J’avais dit que je n’en ferais qu’un, mais je continue ! Mon premier livre a été « La bière ça se mange » publié en 1994. Aujourd’hui, il en est à sa troisième édition.

 

 

P.L. : Vous avez fondé votre propre maison d’édition, les Editions Les Capucines. Pour quelle raison ?

N.D. : A l’époque où j’ai écrit mon premier livre, je cherchais un éditeur. J’ai fait le tour du monde de l’édition mais il s’est avéré que le milieu était plutôt difficile… J’ai donc décidé de créer ma propre maison d’édition. Je suis donc libre, je peux travailler avec qui je souhaite, et à mon rythme.

P.L : Soulignons que dans votre bibliographie, on ne parle pas uniquement des bières.

N.D. : En effet, j’écris aussi des livres sur les fruits, les légumes, les champignons,… Il existe aussi « Marmichef », destiné aux enfants. Il s’agit d’une série véritablement « home-made ». Par exemple, je relie moi-même les ouvrages de cette série, j’ai suivi des cours de reliure pour y parvenir. Quant aux illustrations, ma fille étant infographiste, elle m’a donné un coup de main !

P.L : Comment distribuez-vous vos livres ?

N.D. : Ils sont disponibles dans plusieurs magasins, comme la FNAC, certaines librairies. Mes livres sont également disponibles dans des musées comme l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines, la brasserie Cantillon à Anderlecht,… Je me déplace aussi dans divers événements tels que salons, marchés et foires. Sinon, je vends surtout par correspondance. Par exemple, lorsque sort un article de journal, des gens me contactent pour commander mes livres. C’est chouette car j’ai des contacts avec mes lecteurs.

P.L : Justement, vos lecteurs, obtenez-vous souvent des retours de leur part ?

N.D. : Il y a des personnes qui achètent systématiquement tous mes bouquins. J’ai comme un fan-club ! Je ne considère jamais mes recettes comme figées. J’apprécie qu’elles se modifient, qu’elles soient en constante évolution ! Les retours des lecteurs sont idéals à ce point de vue !

P.L : Au total, vous avez réalisé 600 recettes à la bière, un fameux travail !

N.D. : Il existe aussi d’autres recettes qui ne sont pas à base de bière. Le plus difficile, disons, c’est de ne pas pouvoir reproduire exactement une recette que vous aviez créée autrefois… J’invente chacune de mes recettes et les expérimente. Pour le reste, l’inspiration est toujours présente et me pousse à créer encore des nouveautés !

P.L : Quelle est votre « philosophie culinaire » ?

N.D. : Avant tout, je veux que la convivialité demeure dans mes recettes ! Je retrouve cet aspect lorsque je les teste à domicile ! Je tiens également compte de l’aspect diététique, je veille à ce qu’il n’y ait pas trop de matières grasses. Enfin, j’apprécie cuisiner à la bière car c’est une boisson qui offre énormément de saveurs très riches et différentes!

P.L : Comment inventez-vous une recette ?

N.D. : Il y a l’inspiration… Je suis un peu comme une peintre. J’ai avec moi une palette de saveurs. Et le principe est de pouvoir manier cette palette et d’associer harmonieusement les saveurs…

P.L. : Si vous deviez donner un conseil à une personne qui veut se lancer, ou se perfectionner dans la cuisine à la bière, que lui diriez-vous ?

N.D. : L’amertume doit être bien maîtrisée ! Par exemple, pour l’Orval, bière amère, ce n’est pas toujours évident de cuisiner car il faut bien calculer. Par contre, on rencontre moins de difficultés avec une Chimay ou une Rochefort…

P.L. : Et si l’on opte pour une Cantillon ?

N.D. : C’est très facile avec de telles bières ! Les gueuzes sont idéales pour la digestion. En plus, elles procurent une « bonne faim » après que nous les ayons consommées !

P.L. : Parmi vos recettes, quelle est votre préférée ?

N.D. : Assurément, un sabayon ! Un sabayon car dans mes livres, il se conjugue en plusieurs préparations…

P.L : Vous avez écrit deux livres originaux : « Bon appétit Julos » et « Bière et Délices ». Pouvez-vous nous en parler ?

N.D. : Le bon appétit s’adresse bien entendu à Julos BEAUCARNE, le constructeur de pagodes. Un soir, j’ai assisté à l’un de ses spectacles. On y dégustait la Bière des Pagodes, brassée à la brasserie de Silenrieux. Ce fut l’occasion de rencontrer Julos et de proposer un projet d’écriture… Le résultat est un livre de recettes à la Bière des Pagodes, entrecoupé de textes de Julos BEAUCARNE que j’ai sélectionnés. « Bière et Délices » évoque l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines, magnifique lieu que j’apprécie énormément. Il faut souligner qu’au sein de cet endroit, de superbes collections y sont conservées depuis le début ! Je connaissais depuis un bon bout de temps l’équipe qui travaillait en faveur de l’Hôpital. Une superbe équipe qui a réalisé un travail fantastique et bénévole! La brasserie Dupont de Tourpes brasse l’Helkiase en l’honneur de l’Hôpital. A l’origine, l’Helkiase était un remède à base de mercure utilisé par les sœurs. Tous ces éléments m’ont procuré l’envie d’écrire ce livre.

Avant tout, mon travail est une histoire de rencontres, ce qui me plaît beaucoup dans mon métier. C’est aussi le cas pour « Le temps des cerises chez Cantillon » qui a germé dans mon esprit suite à la rencontre de Jean-Pierre VAN ROY, maître-brasseur chez Cantillon.

 

P.L : Quelle est votre opinion sur la cuisine à la bière ? Est-ce ancré dans nos coutumes en Belgique ?

N.D. : Non, pas vraiment, hélas ! Par contre, dans le Nord de la France, je constate qu’une tradition culinaire brassicole de qualité est bien implantée !

P.L. Quels sont vos projets pour l’avenir ?

N.D. : On peut s’attendre à un livre de recettes à la Trappiste de Chimay. Je souhaite que ces recettes se situent entre les aspects luxueux et festif.

P.L. : Nicole DARCHAMBEAU, un tout grand merci d’avoir accordé cet interview à Bierebel ! Après la présentation de vos ouvrages, accepteriez-vous de faire partager l’une de vos recettes à nos lecteurs/visiteurs ?

N.D. : Je vous en prie ! Voici un magret de canard aux champignons à la Saison de Silly !

Bibliographie brassicole de Nicole DARCHAMBEAU. L’ensemble des livres sont édites par les Editions Les Capucines

– La Bière ça se mange, (3 éditions) 1994, 1997, 2003
– Saveurs d’Orval, 1994
– La Gueuze gourmande, 1995
– Délices de la brasserie de Silly, 1996
– Le temps des cerises chez Cantillon, (2 éditions) 1999, 2005
– Bon appétit Julos, 2002
– Bière & Délices de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, 2004
– Les Trappistes de Rochefort, une cuisine de terroir, 2006.

Coordonnées pour vous procurer les ouvrages

Nicole DARCHAMBEAU
Editions Les Capucines
Avenue des Capucines, 15
1342 LIMELETTE

Tél./Fax : 010/41.13.47

http://web.mac.com/nicole.darchambeau

Magret de canard aux champignons à la Saison de Silly
Marché pour 4 convives
– 40 cl de Saison de Silly
– 4 magrets de canard
– 500 g de champignons de Paris
– 1 oignon
– 3 cuillères à café de poivre vert
– 2 cuillères à café de moutarde forte
– 2 cuillères à soupe de crème épaisse
– sel

• Dans un plat, verser la bière. Y déposer les magrets, côté chair. Mariner pendant 4 heures.
• Nettoyer les champignons, laver à l’eau courante, bien égoutter.
• Éplucher et émincer l’oignon.
• Égoutter les magrets, réserver.
• Dans une sauteuse, verser la marinade. Chauffer, y fondre l’oignon. Ajouter champignons et poivre vert. Cuire à feu vif pendant 10 minutes.
• Saler, incorporer moutarde et crème. Réduire jusqu’à onctuosité. Garder au chaud.
• Griller les magrets, côté peau, pendant 5 minutes à feu vif. Éliminer régulièrement la graisse fondue. Retourner les magrets et poursuivre la cuisson pendant 5 minutes. Servir rosés.
• Ôter la peau des magrets, les trancher et dresser sur le plat de service. Napper de sauce aux champignons.
• Accompagner de pommes de terre persillées et d’une salade verte.

Extrait de
Délices de la Brasserie de Silly, © Editions Les Capucines (Nicole Darchambeau) 1996