De l’orge à la bière, de la bière au film

« Le vin, c’est la terre, celle-ci est légèrement graveleuse, c’est un médoc ». Cette réplique, Louis De Funès la prononçait en 1976 dans une scène du film L’Aile ou la Cuisse, lorsque ce truculent Monsieur Duchemin rendait hommage à la nature du vin pendant une redoutable épreuve de dégustation.

De l’eau a coulé sous les ponts, et vous lisez un site brassicole. L’oeuvre d’une personne rencontrée lors d’un festival m’a fait songer à cette réplique cinématographique.

Serge HENNEBEL, mécanicien de profession, vient d’effectuer une démarche rigoureuse en réalisant un film-documentaire sur l’orge brassicole et a fortiori, la fabrication d’une bière: Les fermiers à l’orge. De la semence au verre de bière « la Saint-Corneille ».

 

Que répond un brasseur lorsqu’on le questionne sur la fabrication d’une bière ? On entend généralement parler d’empâtage, de cuisson, de filtration, de fermentation, de soutirage… et de dégustation.

L’intérêt du film est qu’il débute dans les champs d’orge, au milieu de ces imposantes moissonneuses-batteuses qui sillonnent les cultures.

Du champ de vision au champ d’orge, la distance est courte, et le vidéaste, pendant 2h30, retrace la fabrication d’une bière et prend soin de ne pas négliger les étapes. Sur l’écran, apparaissent les champs, les moissons, les agriculteurs, les camions à destination de la malterie de Beloeil, où Serge a eu le privilège de tourner et de capturer des images exceptionnelles et rares!

Pour le brassage, le sympathique Alain BROOTCOORENS et ses cuves d’Erquelinnes sont devant l’objectif. Les moissons achevées, le maltage terminé, Alain possède les ingrédients issus des champs et inaugure sa séance de brassage.

 

 

Sur une durée totale de 150 minutes, le maltage et le brassage n’en prennent que 25, preuve que l’auteur souhaite à tout prix présenter un plan large et précis du processus de fabrication, et que le thème du film demeure l’orge brassicole.

Cette expérience a poussé le vidéaste à concrétiser un rêve : détenir sa propre bière ! Pendant que l’oeil de Serge était vissé sur le viseur de la caméra, la Saint-Corneille est apparue dans les cuves de la brasserie d’Erquelinnes. Originaire de Beauvechain, Serge a voulu rendre hommage à sa région et à la Procession Saint-Corneille qui se déroule chaque année le 4ème dimanche après Pâques dans le hameau de Mille.

Le documentaire a été filmé intégralement en numérique et le vidéaste n’en est pas à son premier coup d’essai. Passionné par le monde agricole et la ruralité, il a déjà exploité des sujets comme la vache, la betterave, le froment, le maïs, le foin et les gens de chez nous.

 

 

En bouclant son film sur l’orge brassicole, avant que le rideau ne tombe, avant que « FIN » n’apparaisse sur l’écran, Serge se décide à passer devant l’objectif de la caméra. Au terme d’un tel labeur, la dégustation d’une Saint-Corneille, entouré de ballots au milieu d’un champ frappé par les rayons du soleil, était inévitable…

« La bière, c’est la terre »

Informations

Serge HENNEBEL
serge2121@hotmail.com
0474/92.83.33

 

Portes Ouvertes de la Brasserie Brootcoorens d’Erquelinnes à l’occasion de son 3ème anniversaire

Un article de G. Salvaggio

Comme promis, je me suis rendu ce matin à la Brasserie d’Erquelinnes à l’occasion de la visite guidée de 11 heures.

Ce que j’ai trouvé particulièrement super dans cette visite, c’est le côté réellement artisanal et familial de la brasserie, dont les instruments de travail sont hérités des techniques de production laitière. Le soutirage et l’embouteillage se font également à la main. Et tout le monde s’y met!

Un public nombreux a pu apprécier la science, l’humour, le courage et la joie de vivre de notre guide-brasseur.

Outre les bières, le magasin (ouvert le samedi, avec une fermeture sur le temps de midi) propose du vin de pommes et d’autres produits de très bonne qualité (jambon cru, saucisson, pain, pâté, fromage… que je n’ai pu m’empêcher de déguster sur le chemin du retour).

Ce samedi 13/12/03, à l’occasion de la visite de la Brasserie BROOTCORENS d’Erquelinnes, j’ai eu l’occasion de déguster les 4 spécialités proposées, en compagnie de Patrick.

Les notes suivantes n’engagent que moi, mais le brasseur a eu la gentillesse de nous faire part de ses commentaires.

A noter que les bières titrent 7° et ne sont ni filtrées, ni pasteurisées. Elles sont ici présentées dans l’ordre de leur dégustation.

Angelus Blonde
Bière de couleur cuivrée claire, à la faible mousse. Son goût prononcé de houblon Golding la différencie très notablement des trois autres. Avec l’oxygénation, cette tendance disparaît au profit d’un bon équilibre.

Sambresse
Bière de couleur dorée, présentant une mousse moyenne. Son goût, plus standard et plus équilibré, en fera une bière de dégustation nettement plus universelle, le houblon n’étant ici perceptible que par les palais expérimentés. Cette bière rappelle, par de nombreux aspects, la Duvel (ou la Judas dans une certaine mesure). Longue amertume en bouche. Son secret tient en l’utilisation de Coriande, d’une pointe de Baies de Genevrier et d’Ecorce d’Orange.

Angelus Spéciale Noël
Bière de couleur cuivrée foncée et présentant un aspect trouble plus manifeste que les précédentes, ainsi qu’une mousse faible. La sensation de houblon disparaît notablement en raison d’une ajonction accrûe de malt. Aucune épice particulière n’a toutefois été rajoutée. La mâche est moyenne, mais notablement onctueuse. Le goût est très vanillé.

Angelus Brune
Couleur brune, se rapprochant de celle, noire, des STOUTS. (Le brasseur a par ailleurs confirmé avoir utilisé du Malt 800 ECB, le plus foncé de sa catégorie) La mousse bien que légère, rappelle, par ailleurs celle, persistante, des STOUTS. L’odeur est fruitée et le goût est obtenu par ajout de réglisse dans la préparation.

En conclusion, ces bières méritent réellement d’être goûtées et encouragées.
Elles représentent en effet un excellent compromis pour celles et ceux qui redoutent les redoutables mâche et force des bières trappistes et alcoolisées.

Aux dires du brasseur, l’apogée de ces produits se situe au terme de 6 mois de garde en cave. Une période de maximale de 2 ans de garde est celle par lui recommandée.

Une adresse à ne pas manquer

Brasserie Brootcorens Alain
Rue de Maubeuge, 197
B-5660 ERQUELINNES

071 55 86 66 (tél./fax)
0479 88 78 35 (GSM)
angelus.br@swing.be
http://www.brasserie-brootcoorens-erquelinnes.be