Tour de la Gueuze 2007: brasserie De Troch à Wembeek

Le dimanche 22 avril s’est déroulé le Tour de la Gueuze/Toer De Geuze. Organisé par l’HORAL (Hoge Raad voor Ambachtelijke Lambikbieren – Haut Conseil pour les Lambics Artisanaux), cet événement bisannuel est incontournable pour celles et ceux qui souhaitent voyager dans le Pajottenland, près de Bruxelles, à la découverte des brasseries artisanales de lambics, gueuzes et krieks!

Figuraient à la carte de la journée du dimanche 22 avril 2007:
Brasserie Boon à Lembeek, Brasserie De Cam à Gooik, Brasserie De Troch à Wambeek, Brasserie Mort-Subite à Kobbegem, Brasserie 3 Fonteinen à Beersel, Brasserie Hanssens à Dworp, Brasserie Timmermans à Itterbeek, Brasserie Lindemans à Vlezenbeek, Brasserie Oud Beersel à Beersel.

 

 


Bienvenue à la brasserie De Troch!
 

 

 

 

 

 


Visite de la brasserie
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Place à la dégustation du Jeune Lambic pour Polux, Jef et Mickey
 

 

 

Brasserie De Troch
Langestraat, 20
1741 TERNAT

Tél: +32(0)2/582.10.27
Fax: +32(0)2/582.72.41

http://www.detroch.be

 

Tour de la Gueuze 2005 dans le Pajottenland

Un article de G. Salvaggio

Jef nous convie à un voyage au pays des bières de fermentation spontanée. Ce reportage instructif constitue un joli tour d’horizon des brasseries adeptes de ce processus de fabrication et engendre deux envies: se rendre au prochain Tour De Geuze… et déguster un bon lambic! Bonne lecture!

Comme tous les deux ans, le HORAL (Haut Conseil pour les Lambics Artisanaux) proposait, ce 3 avril 2005 (03-04-05), son Tour de la Gueuze, permettant au public, entre 10 h et 17 h, de visiter le dernier bastion des brasseurs et coupeurs de lambics tout en savourant, pour la modique somme de 5 € les 8 dégustations de base, les fiertés du Pajottenland que constituent les gueuzes, les krieks et apparentées. Plus encore que de par le passé, de petites restaurations étaient également prévues.

Pour celles et ceux craignant de se perdre dans les méandres de cette magnifique région, la possibilité était offerte de rallier les 8 points de convergence à l’aide de navettes de bus spécialement prévues à cet effet, la journée de déplacement revenant alors à 5 €. Les plus courageux, et il y en eût, pouvaient également effectuer le tour à vélo.

Ce fût une magnifique journée, la plus ensoleillée de la première semaine de Pâques, quelque peu endeuillée, il est vrai, par le décès du pape Jean-Paul II. Il est de ce fait certain que ces deux facteurs furent à l’origine d’une moins forte fréquentation de l’événement qu’en 2001.

Il n’empêche qu’en toute objectivité, cette organisation eut le mérite de nous faire vivre et revivre les temps glorieux où la bière du peuple portait les noms de lambic, gueuze, kriek et faro.

Plus qu’un reportage, les explications qui suivent essayeront de vous convaincre, tout en indiquant certains points négatifs, de ne pas rater la prochaine session, prévue pour 2007. Je tiens par ailleurs à remercier, pour leur présence, Mr Bob, œnologue confirmé qui m’avait déjà accompagné en 2001, de même que son épouse, grande amatrice de lambics fruités, ainsi que Marie, dont le palais n’a pas son pareil pour différencier, sans parti pris, une production populaire d’un produit pour véritables amateurs.

Boon (Lembeek)

Si le village de Lembeek semble avoir donné son nom au lambic, la visite de Boon semblait sans nulle conteste devoir constituer la première étape du Tour de la Gueuze, puisque des visites guidées gratuites y étaient proposées toutes les 15 minutes, pour une durée d’une demi-heure, avec la possibilité non négligeable de suivre certains groupes en français.

Un intérêt certain provenait de la possibilité de voir une cuve en pleine action de cuisson du moût et de délivrance de cette délicate odeur de sucre en phase de transformation.

A la fin de la visite, un grand panel de dégustations était proposé, et je n’ai pu m’empêcher de déguster une kriekenlambiek, nettement plus plate, colorée et vineuse que la traditionnelle kriek au fût, dégustée par Marie. Mr Bob et son épouse ne devaient en effet nous rejoindre qu’une heure plus tard…

Cette année, il était également possible de voir un apprenti tonnelier à l’œuvre et une petite discussion m’apprit qu’il devenait aussi cher de réparer un tonneau que de l’acheter et de le faire transporter depuis la France. Raison pour laquelle, peut-être, la brasserie Boon me paraissait avoir condamné plusieurs fûts de bois au profit de nouvelles installations en inox, achetées d’occasion à une brasserie polonaise. Là aussi, avec le temps, la tradition semble peu à peu se perdre…

Lindemans (Vlezenbeek)

Si l’on peut clairement remercier Lindemans d’avoir perpétué la tradition du faro en proposant ce dernier dans les grandes surfaces, on est en droit de reconnaître que la brasserie, malgré l’extrême disponibilité de son personnel, n’offre plus grand-chose de l’idée que l’on se fait d’une brasserie traditionnelle.

Ici, la quantité est clairement privilégiée, au point que la brasserie annonce fièrement détenir en permanence 3,5 millions de litres de lambic dans ses tanks allemands d’inox et de fer. Les fûts de bois ? Il n’y en a pas un. C’est que les copeaux de bois, à l’instar de ce que pratiquent certains vignerons, se chargent de délivrer leur matière par un bain dans les tanks de garde.

Et la kriek, alors ? Et bien, aux dires d’un employé, de vraies cerises sont utilisées mais afin d’éviter certains problèmes techniques, on leur enlève les noyaux et on les presse, de telle manière à n’utiliser que le jus, la pelure étant totalement ignorée. Le fructose ajouté par la suite servira à offrir, au public, la kriek la plus sucrée de la journée.

Alors que Mr Bob s’exerçait à l’art du néerlandais, la commande qu’il fit d’une Lindemans Pêcheresse suscita, de la part du serveur, cette phrase digne des plus belles philosophies : Celle-là, je parie que c’est pour Madame… Et oui, tout le monde ne boit pas du coca…

Timmermans (Itterbeek)

De l’avis du groupe, la brasserie la plus charmante de la journée, avec ses modestes installations qui ont gardé un air des années 50. Un étage de grands tonneaux parfaitement alignés pour la garde du lambic pur, un autre de plus petits fûts renfermant une kriek d’environ un an d’âge, et un étage regroupant du matériel sous forme de musée, pour alimenter la curiosité des grands et des petits. Un œil avisé nous avertit tout de même de l’existence de tanks de garde en fer. Et oui, l’épidémie semble toucher tout le monde, un fût à la fois…

Même s’il faut bien reconnaître que les bières Timmermans ne constituent pas tout à fait de tradition acide, les boire dans la charmante petite taverne de la brasserie nous offrit un sentiment particulier puisqu’une fois attablés, nous nous retrouvâmes carrément «dans» un demi tonneau spécialement aménagé pour susciter une nouvelle rêverie.

Mais tout le monde y trouva son compte, et la reine de cette dégustation fut sans nulle conteste la lambicus, mélange de blanche et de lambic. Mais elle ne nous empêcha pas de philosopher sur la comparaison entre la gueuze pasteurisée (étiquette jaune) et la gueuze Caveau, coupage de lambics d’un et deux ans d’âge que l’on refermente en bouteille, et qui se veut la moins acide des vieilles gueuzes traditionnelles de la région.

De Keersmaeker (Kobbegem)

Si l’absence, cette année, d’un orchestre, nous déconcerta quelque peu, la brasserie ne manqua pas d’originalité en remettant, à chaque visiteur, un petit sac noir contenant un jeu de dés à l’effigie de la Mort Subite, jeu que l’on pratiquait dans le café bruxellois du même nom pour déterminer qui payerait la dernière tournée de la table et laisser ainsi cette dernière libre pour d’autres amateurs de bière.

Dans un premier temps, on pouvait se croire perdu dans une brasserie des plus industrielles, puisque tout est en inox. Mais pour qui persévérerait quelques dizaines de mètres de plus, ainsi que nous le fîmes, un spectacle bien mérité s’offrirait alors aux yeux de tout un chacun : celui de magnifiques foudres de 9000 litres, certains très joliment sculptés en leur face et contenant un superbe vieux lambic de 5 ans d’âge, que la brasserie n’hésita d’ailleurs pas à faire goûter gracieusement aux curieux de passage. Nous apprîmes que ce lambic, mêlé à du lambic de deux ans d’âge, est à l’origine de la Oude Geuze vendue chez Delhaize.

A l’unanimité du groupe, les bières Mort Subite furent les plus appréciées de la journée, en raison de leur très grand équilibre. Nous nous régalâmes de faro, de oude geuze et de kriekenlambiek, préparé à base de lambic de deux ans d’âge et de cerises y ayant mâturé 5 mois.

De Cam (Gooik)

Les curieux en recherche de matériel de brassage durent être déçus : De Cam, par ailleurs situé le plus au sud-ouest s’annonce clairement comme un mélangeur de lambics, même s’il brasse toujours en profitant des installations du 3 Fonteinen, à Beersel.

Les fûts valent le coup d’œil, puisqu’ils constituent très certainement l’équipement le plus nouveau de ce qui peut être vu lors d’un Tour de la Gueuze. C’est qu’il date de 1997. Mais pour le reste, notre déception fut très grande de réaliser qu’il n’y avait de faro, tandis qu’une rumeur nous avait laissé pressentir qu’il aurait été notre découverte du jour.

En tous les cas, la Oude Kriek De Cam constitue une excellente réussite oscillant parfaitement entre la tradition à peine acide et la douceur tant recherchée par les femmes. Le lambic, quant à lui, nous apparut, de par une certaine sécheresse se rapprocher le plus du défunt Oud Beersel.

Il est à espérer qu’avec les années, c’est autre chose qu’une salle paroissiale remplie de futailles qui accueillera les visiteurs.

Cette année, tout comme en 2005, il nous fut impossible de parcourir les 8 brasseries et il peut à ce sujet paraître regrettable que l’activité ne se déroule que de 10 à 17 h 00, même si certains points de ralliement prolongent un rien les festivités.

Dans un souci de complétude, voici quelques indications pratiques sur l’organisation de la journée par les autres brasseries :

De Troch (Wambeek)

Même si la brasserie De Troch a résolument entrepris d’attirer sur elles les foudres (c’est le cas de le dire) de ses consœurs en proposant une gamme de lambics édulcorés à coups de sacs de jus de fruits concentrés, le spectacle est de la partie lorsque le brasseur, d’un coup de maillet, perce un foudre pour en servir le lambic à la cruche au public médusé.

A déguster, dans la très jolie cour de la ferme rappelant certains tableaux de Breughel : la X-Mas, lambic aux raisins secs, oscillant entre la gueuze et le faro.

Hanssens (Dworp)

Pur assembleur de lambic, reconnu comme un des touts grands experts du genre, Hanssens offre quelques belles pièces brassicoles de collection aux visiteurs, ainsi qu’une préparation toute particulière : le lambic aux fraises, ces dernières étant, au contraire de la Chapeau fraise (De Troch), de véritables fruits. Le produit, d’un ocre clair, est rafraîchissant mais relativement acide.

Durant l’année, le grand péché de la brasserie consiste à imposer l’achat des bouteilles par séries de 6 x 75 cl ou 12 x 37.5 cl, les séries pouvant êtres composés de n’importe quelle quantité de gueuze, kriek et/ou fraise.

Drie Fonteinen (Beersel)

Certainement le brasseur le plus sympa de tous, Armand DEBELDER, par ailleurs président du HORAL, vous recevra, sans a priori dans votre langue maternelle, pour autant qu’elle soit le français, l’anglais, l’allemand ou le néerlandais. Au menu : blagues et d’anecdotes.

Sa gueuze est on ne peut plus exceptionnelle et elle accompagnera, au même tire qu’une kriek tirant 35% de fruits, les nombreux et délicieux plats proposés par le restaurant du même nom (3 Fonteinen) tenu par son frère Guido.

A noter que dans un souci de sauvetage historique et culturel, le Drie Fonteinen propose, à la vente, du jeudi au samedi, un stock de bouteilles de Oud Beersel, jadis brassées à quelques centaines de mètres de là par la concurrence.