Bonjour brassicole de Middelkerke

MIDDELKERKE – 30 août 2010

Comment déguster une bonne bière à Middelkerke, tout en découvrant des tavernes agréables à fréquenter? En route dans des lieux brassicoles de cette station balnéaire qui m’est familière et qui selon la légende, a accueilli la première rencontre Bierebel un soir de juin 2003…

 

DEN TOOGOLOOG: de la boucherie au café.

C’est au pied de la Kerkstraat, juste en face de l’église, qu’est situé un établissement qui ravira le dégustateur en quête de bières sortant des sentiers battus.

Accueillant autrefois une boucherie, les lieux abritent aujourd’hui Den Toogeloog, ravissante taverne proposant pas moins de 150 bières. Une fois pénétré dans le sas d’entrée, une petite pièce dotée de quelques tables rondes en bois se présente à vous, suivie d’un élégant bar en bois clair. La taverne se poursuit avec une étroite pièce en enfilade, le tout conclu par une terrasse extérieure. La décoration rend hommage aux bières trappistes, comme le prouvent les plaques en émail fixées aux murs. L’ensemble a été confectionnée avec goût et soin, et l’on n’oublie pas de rappeler l’ancienne activité exercée jadis, grâce à des photos de boucherie et l’exposition de matériel de découpe.


Den Toogoloog à Middelkerke.

Un choix de 150 bières.

Un lieu propice à la dégustation.

L’ancien établi du boucher a laissé place à la bière.

La carte classe les bières selon leur province d’origine, et chaque produit a droit à une description pour aiguiller le client. La sympathique tenancière des lieux nous guidera vers l’inédite Barbe d’Or (brasserie Verhaeghe à Vichte), la rare Cnudde (brasserie Cnudde à Eine), la voisine Pannepeut (Struise Brouwers à Oostvleteren), la récente Smiske (brasserie Smisje à Mater) et les triples Alvinne (brasserie Alvinne à Ingelmunster) et Smisje.

A la recherche d’un cadeau original pour un proche? Den Toogoloog peut vous préparer des colis avec des bières provenant de la carte. A notre droite, trois jeunes cyclistes gantois visiblement exténués reprennent des forces grâce à une Buffalo et emportent quelques bouteilles,… en cas de grosse fringale. Ancienne boucherie oblige, l’établissement propose également de succulents plats de charcuterie, ainsi que de fromage.

Den Toogoloog… Une ambiance amicale et originale, l’idéal pour passer un agréable moment de dégustation autour d’une bonne bière…


Barbe d’Or (Brasserie Verhaeghe à Vichte)

Cnudde (Brasserie Cnudde à Eine)

Smisje Tripel (Brasserie ‘t Smisje à Mater)

Pannepeut (Struise Brouwers à Oostvleteren)

Smiske (Brasserie ‘t Smisje à Mater)

Alvinne Tripel (Brasserie Alvinne à Ingelmunster)

 

 

Den Toogoloog
Kerkstraat, 7
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/31.53.13

http://www.dentoogoloog.be

 

ICEBERG: la taverne qui remporte la Palme.

Nous rejoignons la digue. A quelques mètres du célèbre casino faisant front à la mer, nous pénétrons dans l’Iceberg, taverne typique et chaleureuse de Middelkerke. Au premier coup d’oeil, le nouveau client reste scotché devant les centaines de chopes en grès qui occupent le pourtour de l’établissement.


L’intérieur de l’Iceberg et les centaines de chopes en grès qui l’accompagnent.

L’Iceberg vu depuis la terrasse sur la digue.

Pourquoi la Brasserie Iceberg est-elle l’un de mes établissements favoris? Premièrement, la carte est variée et atteint 100 bières provenant des quatre coins du royaume. Deuxièmement, la qualité du service ne se dément pas: depuis des années, bien que l’endroit soit populaire et très fréquenté, l’amabilité, la rapidité et les rituels de services demeurent toujours au rendez-vous. Le patron, portant sa sempiternelle ceinture gravée d’une inscription ICEBERG, mettra toujours un point d’honneur à servir impeccablement la bière devant vous, dans le verre adéquat, en orientant les inscriptions du verre et de l’étiquette face à vous.

Parmi les quelques bières dégustées, épinglons la Gouden Carolus Hopsinjoor (brasserie Het Anker à Malines), la Boerken ou encore la Slaapmutske Tripel (De Proef à Lochristi).

L’Iceberg étant un lieu populaire, n’hésitez pas à venir boire une rafraîchissante pils, qui porte justement le nom de la taverne.


Gouden Carolus Hopsinjoor (Brasserie Het Anker à Malines)

Slaapmutske Tripel (De Proef à Lochristi)

Boerken (De Proef à Lochristi)

Iceberg Pils

Autre anecdote: l’Iceberg a servi de lieu de tournage pour « Pauline et Paulette », film belge réalisé par Lieven Debrauwer en 2001. Cette production a remporté de nombreuses récompenses, dont le prix du Jury au festival de Cannes en 2001. Sur le mur de fond de l’Iceberg est exposée une affiche du film ainsi qu’une lettre de remerciement du réalisateur, dans laquelle il vante l’hospitalité et la sympathie des tenanciers de la taverne.

 

Brasserie Iceberg
Zeedijk, 132
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/30.48.79

 

TAVERNE WATOU: pèlerinage pour la Sint-Bernardus.

Il y a quelques années, des vacances à Middelkerke constituaient l’occasion idéale pour partir une matinée en pèlerinage à l’abbaye Saint-Sixte de Westvleteren. Mais, depuis que la bière a été mythifiée et que de strictes règles de commerce ont été établies, nous avons eu tendance à délaisser l’endroit, pour mieux profiter et découvrir d’autres bières qui pour certaines – osons le dire – n’ont rien à envier à une Westvleteren.

Middelkerke dispose justement d’un atout: la Taverne Watou. Sur la digue, en vous rapprochant de Westende, cet établissement propose les bières de Sint-Bernardus, produites à la brasserie Sint-Bernardus à Watou, entre les plants de houblon de la région de Poperinge. Pour rappel, entre 1946 et 1992, en vertu d’un un accord passé avec l’abbaye de Westvleteren, les Sint-Bernardus étaient commercialisées sous le nom de… Sint-Sixtus.

Avec sa grande terrasse et son château gonflable face à la mer, la taverne se veut être un lieu idéal pour passer un bon moment en famille ou entre amis.
A la carte, vous avez la possibilité de déguster au fût la Sint-Bernardus Prior 8 et Sint-Bernardus Tripel. LesAbt 12Watou Tripel et Grottenbier sont bien entendu disponibles en bouteilles.


Taverne Watou à Middelkerke

Vaste terrasse pour un public varié

Sint-Bernardus Tripel et Prior 8 au fût

Sint-Bernardus Abt

 

 

Taverne Watou
Zeedijk, 271
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/31.01.68

http://www.tavernewatou.be

 

BELLE-EPOQUE: le Middelkerke d’antan…

Bien que la carte de la Belle-Epoque demeure conventionnelle (vous pouvez toujours profiter d’une Kwak, d’une Triple Karmeliet, d’une Rodenbach ou d’une De Koninck), déguster une bière devant cet établissement nous plonge dans le Middelkerke d’autrefois.
Sur la digue, la façade de la Belle-Epoque est l’une des dernières d’origine, et constitue donc un témoin de l’époque où le tourisme ne s’était pas encore emparé de la côte belge.

 

Belle-Epoque
Zeedijk, 58
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/31.36.23

http://www.belle-epoque.eu

 

 


Le charme de la Belle-Epoque.

 

ZANDBANK: de la bière entre les crêpes.

Face à la mer, la terrasse du Zandbank (« banc de sable » en néerlandais) est le rendez-vous des gourmands qui apprécient se régaler avec une succulente crêpe ou une gaufre chaude.

Une des particularités de la taverne est de proposer des bières de la brasserie Van Steenberge d’Ertvelde:Zandbank PilsZandbank Blonde et Gulden Zandbank. Selon les dégustateurs, ces bières se rapprocheraient très fort de la Gulden Draak ou de la Piraat.

 

Café Zandbank
Zeedijk, 91A
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/30.15.69

 

VEREECKE: Aphrodite est passée par ici.

Juste en face du Casino, vous ne pourrez éviter cette chocolaterie dans laquelle sont vendues diverses confiseries telles que bonbons, chocolats, biscuits, confitures, produits du terroir, etc.

Au détour d’un rayon, vous pourrez même vous offrir une Phros, la bière de Middelkerke, produite par la brasserie Strubbe d’Ichtegem, située à une vingtaine de kilomètres de la côte.

Selon la mythologie grecque, la déesse Aphrodite serait née grâce à l’écume de la mer” ou “APHROS”. Retirez la première lettre et vous obtenez une bière de haute fermentation, qui selon Michael VERMEREN (LeTaste-Bières Illustrés), est une bière ambrée claire, avec une mousse blanche moyenne et une faible pétillance. Son odeur est maltée et caramélisée, houblonnée avec des notes poivrées. Son goût est légèrement sucré, épicé, pointe de caramel et piquant sur la langue avec une astringeance moyenne en fin de bouche.

 

 

 

Vereecke
Leopoldlaan, 59
B- 8430 MIDDELKERKE
+32(0)59/30.06.51

http://www.fijnproeverspakketten.be/

 

Quand marathon rime avec houblon…

BRUXELLES, 21 juillet 2010

La soirée du 20 juillet, veille de notre fête nationale, des énergumènes tout de rose vêtus envahissent les rues de Bruxelles… La raison de cette agitation est l’IBBM, l’Iron Brussels Beer Marathon, qui se déroule pour la cinquième année consécutive.
Mais qu’est-ce donc cet IBBM, que nous désignons souvent comme “Marathon de la Bière”? Sponsorisé par la brasserie Lefèbvre de Quenast, l’IBBM est un événement brassicoleculturel et festif. Sacré programme!
Dans ce reportage, vous découvrirez les aventures brassicoles de notre équipe n°167 qui a participé à ce marathon pas comme les autres. En espérant que ce compte-rendu et ces photos vous donneront l’envie de participer à la prochaine édition.

 

20 juillet, 18h00, Place d’Espagne, à deux pas de la Gare Centrale de Bruxelles.

Pour cette édition 2010, l’IBBM a enregistré 546 participations, autrement dit 273 équipes de deux marathoniens. Les modalités d’inscription sont simples: être âgé d’au moins 18 ans, encoder ses données sur le site Internet de l’événement, verser 30 euros, et venir à Bruxelles le 20 juillet. En vue de garantir un bon déroulement, les organisateurs ont fixé un plafond pour le nombre d’inscriptions. Conseil: ne perdez pas de temps pour vous inscrire!
A 18h00, tous les marathoniens ont rendez-vous au pied des statues de Don Quichotte et Sancho Panza. Chaque équipe reçoit son pack IBBM contenant tout le matériel nécessaire, notamment un road-book, un quiz, divers gadgets, etc. Un élément nous saute aux yeux: les rouages de l’organisation sont parfaitement huilés.
A 18h30, Xavier PIERRET, l’un des organisateurs, prend la parole au mégaphone: il prononce un mot convivial de bienvenue, émet les consignes et les objectifs. Le but du marathon est de parcourir un circuit de dix cafés dans le centre-ville. A chaque étape, les marathoniens dégustent une bière. A titre d’information, le montant de participation à l’IBBM comprend les dix dégustations, une frite (!), les t-shirts, le pack, et l’accès gratuit à une after-party. Outre les visites de cafés et les dégustations, l’IBBM comprend également un quiz et des épreuves ludiques.
A 18h45, après une éclatante photo de groupe, le signal départ est lancé! Une masse rose s’empart de la ville. Prêt à nous emboîter le pas? Suivez-nous!

 


Les Marathoniens sur la ligne de départ.
 

The Backpacker Bar (Rue du Saint-Esprit, 2)

Cette première visite constitue une belle découverte. Située à un jet de pierres de la gare de Bruxelles-Chapelle, nous pénétrons dans une auberge de jeunesse. Au sous-sol, nous découvrons un bar orné de différentes plaques métalliques publicitaires. Une piste de danse jouxte le bar, du bon rock sort des amplis, un karaoke est branché, l’endroit est idéal pour déguster et faire la fête. Au bar, la serveuse nous offre une Hopus, dernière belle réussite de la brasserie Lefèbvre. Entre marathoniens, on fait déjà connaissance, on cogne les verres… et l’on sent que c’est bien parti!

 


Première halte: une Hopus au Backpacker Bar.
 

Au Brasseur (Rue des Chapeliers, 9)

Nous quittons la confidentialité du Backpacker Bar et nous nous dirigeons vers le centre-ville, haut lieu du tourisme international. Au pied de cette rue plus communément appelée Rue des Pitas, nous pénétrons Au Brasseur. L’angle du café donne sur la Grand Place et la décoration a un certain cachet authentique. Pour cette deuxième dégustation, place à une Barbar, bière au miel et produit phare de la brasserie Lefèbvre. Nous rencontrons d’autres marathoniens.
“Combien d’étoiles avez-vous déjà trouvées”?
“Tiens, the Backpaker Bar, c’est où?”
“Eh Tommy, content de te voir ici!”.
Tout au long de la soirée, l’ambiance demeure conviviale, et l’entraide omniprésente.
Anecdote: à 100 mètres du café, une équipe parvient à se faire photographier en compagnie d’un certain M.D., un homme politique liégeois en vogue et très atypique dans son genre… Un futur marathonien?
La Barbar est achevée, place au troisième établissement!

 


A quelques pas de la Grand Place, près des odeurs de pitas, une Barbar s’offre à nous.
 

Delirium Café (Impasse de la Fidélité, 4A)

Nous traversons la Grand Place, et nous nous engouffrons dans le dédale de la Rue des Bouchers, célèbre pour ses nombreux restaurants où s’attablent les touristes du monde entier. Gauche, droite, nous sommes au célèbre Delirium Cafe, à côté de Jeanneke Pis, moins connue que son alter ego masculin, mais qui hante bel et bien l’Impasse de la Fidélité. Pour rappel, le Delirium Cafe est cet établissement qui propose plus de 2000 bières. En 2004, le café est entré dans le livre Guinness Book des Records grâce à cette performance. Nous n’échappons pas à une Delirium Tremens, bière de la brasserie Huyghe de Melle.
“Tiens, vous avez trouvé la réponse de la question 8?”
“Vous pouvez nous prendre en photo devant le Delirium?”.
L’invasion et la coopération roses se poursuivent…

 


Fatalement, au Delirium Cafe, nous n’échappons pas à une Delirium Tremens.
 

Estaminet Théâtre royal de Toone (Impasse Sainte Pétronille/Rue du Marché aux Herbes, 66)

Lors du prochain arrêt, nous pénétrons dans l’un des temples du folklore bruxellois: le théâtre de Toone. Situés dans une petite ruelle proche de la Grand Place, les lieux hébergent un célèbre théâtre de marionnettes, un musée, mais aussi un estaminet. Sur d’anciennes tables en bois, nous dégustons une Kwak de la brasserie Bosteels, mais sans son célèbre étrier.
“Tiens, tu ne serais pas la copine de Quentin?”
Le monde est petit, mais les gens qui aiment s’amuser finissent toujours par se retrouver. Le hasard fait que nous rencontrons deux amis, Benoit et Vincent, avec qui nous partageons une bière.
Nous sortons de la chaleur de l’estaminet, pour rejoindre le nord…

 


L’estaminet du Théâtre Royal de Toone.
 

Le Cambridge (Rue de Malines, 37)

Non, pas le Nord cher à Dany Boon, mais bien le nord de Bruxelles-Ville. Notre road-book nous indique un café à quelques pas du World Trade Center de Bruxelles. Nous traversons les boulevards Anspach et Adolphe Max, nous nous éloignons du centre-ville est les t-shirts roses ont tendance à disparaître. Avant les gratte-ciels, une rue se présente à main droite. Nous voici rassurés: une bonne cinquantaine de marathoniens festoient joyeusement devant le Cambridge. Ca chante, ça rit, ça boit. Une Blanche de Bruxelles nous est servie au bar, nous nous asseyons et décidons de prendre un peu temps pour répondre à notre questionnaire.
“Les gars, je suis un echt (vrai) d’ici, je peux vous aider?”
Ces paroles émanent de Luc, sympathique quadragénaire qui a de la zwanze à revendre. Luc contribuera à bon nombre de nos réponses, et s’il nous lit, merci à lui pour notre seconde Blanche de Bruxelles.

 


Santé, Luc.
 

Friterie Tabora (Rue de Tabora, 2)

Frites et bières. Très cliché, mais tellement bon et vrai. La marche et les dégustations commencent à nous provoquer un petit creux dans le bas du ventre. Heureusement, les organisateurs de l’IBBM ont tout planifié, et nous rechargeons nos batteries à la Friterie Tabora, établissement que nous vous recommandons. Entre deux frites, un marathonien me confie:
“J’habite depuis deux ans à Bruxelles, et c’est aujourd’hui que je découvre ma ville!”

Le Coq (Rue August Orst, 14)

Nous prenons la direction de la Bourse, vers le quartier très animé de Saint-Gery. Une petite halte au Coq, où nous dégustons une Saint-Feuillien de la brasserie Friart. Notre montre indique 23h00, et l’heure tourne! Selon les consignes, nous devons atteindre le point d’arrivée pour 1h30 au plus tard.
Pendant le trajet, nous en profitons pour gagner des points grâce aux épreuves… Dans la rue, les passants paraissent curieux de cette masse de t-shirts roses. Beaucoup d’entre-eux jouent le jeu, se font photographier avec le masque de l’IBBM et nous aident à répondre aux questions. Encore un bel exemple de convivialité.

 


Sur le Boulevard Anspach, les passants jouent le jeu.
 

Moeder Lambic Fontainas (Place Fontainas, 8-10)

Nous empruntons le boulevard Anspach vers le sud, et arrivons au Moeder Lambic Fontainas, établissement ouvert depuis octobre 2009, à ne pas confondre avec un autre Moeder Lambic, situé sur la commune bruxelloise de Saint-Gilles. On assiste à un attroupement devant le café. Est-ce dû à la présence de l’excellente IV Saison de la brasserie Jandrain-Jandrenouille? Au bar, je rencontre Andy, sympathique barman bien connu dans le milieu des cafés brassicoles de Bruxelles.
“Bonne dégustation, et on se retrouve début septembre pour le Week-End de la Bière sur la Grand’Place “.
Promis!

 


Moeder Lambic Fontainas, ouvert depuis octobre 2009.
 

Poechenellekelder (Rue du Chêne, 5)

La prochaine étape nous conduit tout droit vers l’un des monuments les plus illustres de Bruxelles: le “fameux” Manneken Pis. Nous délaissons l’urineur le plus célèbre du monde pour mieux le retrouver en face… dans un verre de bière. Nous sommes au Poechenellekelder, et nous dégustons une Manneken Pils, nouvelle bière de basse fermentation de la brasserie Lefèbvre. A ce stade avancé du marathon, nous éprouvons du plaisir à boire une bière plus légère et rafraîchissante entre toutes les spéciales.

 


Le magnifique intérieur du Poechenellekelder.
 

Café Bebo (Place Rouppe/Avenue de Stalingrad, 2)

Cap vers le sud de la ville pour découvrir le café Bebo, “je bois” en espagnol. L’établissement jouxte le renommé et étoilé restaurant Comme Chez Soi. Entre deux discussions, nous découvrons que le café Bebo est tenu par la fille de l’ancien célèbre chef du restaurant, Pierre Wynants. Le barman nous sert une Floreffe, bière d’abbaye de la brasserie Lefèbvre. Ultime étape, il est 00h30, le temps commence à presser!

 


Au tour de la Floreffe de passer dans notre gosier.
 

Le Marseillais du Jeu de Balle (Rue Blaes, 163)

Nous débarquons dans le quartier des Marolles, à la Place du Jeu de Balle, célèbre pour ses marchés aux puces quotidiens. Une importante foule s’est déplacée jusqu’ici, et pour cause, depuis 2003, la ville de Bruxelles organise son Bal Populaire. Plus tôt dans la soirée, 15.000 personnes ont assisté au concert du Grand Jojo (on aurait bien dansé sur Chef, un petit verre, on a soif) et lorsque nous arrivons après minuit, Kate Ryan interprète l’une de ses enièmes reprises. L’endroit est bondé, et au Marseillais, certains personnages sont tellement « sympathiques » que la Rodenbach n’aura pas la saveur escomptée. Soit…

 


Le Marseillais du Jeu de Balle.
 

Fuse (Rue Blaes, 208)

Après avoir sillonné Bruxelles du sud au nord, du nord au sud, nous atteignons courageusement l’arrivée. Le rendez-vous est fixé au Fuse, célèbre boîte de nuit du centre-ville. Une bénévole récupère notre questionnaire, une équipe s’occupe de décharger les cartes mémoire des appareils photos: encore un exemple d’organisation.
Pendant la soirée, nous retrouvons des marathoniens rencontrés en cours de route, et des potes venus pour l’occasion: une soirée mémorable s’annonce!
Nous quittons la soirée très tard. Tant pis, nous ratons les croissants prévus pour les irréductibles restés jusqu’aux petites heures.

 


Une after-party au goût houblonné.
 

Pour la petite histoire, notre équipe n°167 terminera à la 119ème place du classement général du Marathon. Peu importe la performance, notre premier IBBM a constitué un événement haut en couleurs, qui résume à lui seul les valeurs véhiculées par la bière.

Merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux cafetiers, aux marathoniens, à toutes les personnes rencontrées,… et à l’année prochaine!

 

Visitez le site officiel de l’IBBM
http://www.ibbm.be

Tournée brassicole dans la capitale suédoise

Un article de F. Di Gregorio

Voici un petit résumé brassicole du week-end que j’ai passé à Stockholm avec ma douce du vendredi 8 au lundi 11 janvier. J’espère que cela donnera envie à certains d’entre vous d’y aller en sachant qu’avec Ryan Air, c’est pas cher du tout de Charleroi ou de Beauvais. (35 € aller-retour !)

Avant tout, deux choses nous ont vraiment marqués :

 

1 → Une culture bière extraordinaire où n’importe quel restaurant et/ou bar possède une multitude de bières souvent belges et américaines, mais aussi néerlandaises et suédoises bien entendu.

2 → Malheureusement, ce plaisir des yeux n’est pas du tout un plaisir du porte-monnaie… mais on le savait avant d’arriver, donc on avait prévu notre budget «bières»!

Il faut savoir qu’aucune bière ne fait moins de 50 couronnes (5€)… et celles que nous avons dégustées oscillaient entre 9 € (pour les 25cl ou 33cl) et et 40 € pour les 75cl.

Nous avons donc visité 6 bars sur 4 jours dont voici un petit descriptif. A noter qu’il n’existe pas de «bars purs». Ils font donc tous restaurant.

Glenfiddich Warehouse N°68, Vasterlanggatan 68
www.gf68.com

Situé dans le Vieux Stockholm, il possède une très bonne carte de bières suédoises en pression, pale ale et stout/porter notamment.

1 bière dégustée :

Narke Slättöl “Humlestygg Pale Ale”, 4,7%, 33cl

Brasserie “Närke Kulturbryggeri” (www.kulturbryggeri.se)

Nez : houblon aromatique
Mousse : blanche neigeuse
Bouche : florale avec des notes de fruits rouges puis belle sécheresse amère

Oliver Twist, House of Ale AB, Repslagargatan 6, Stockholm
www.olivertwist.se

Situé non loin du célébrissime Akkurat, ce pub restaurant prévaut par son choix de bières suédoises au fût dont les excellents bières de la brasserie Jämtlands (Hell, Postiljon, Porter, etc…).

Un choix important également de bières américaines, ambiance pub, un bar pris d’assaut le week-end et une petite salle de restauration où la nourriture est assez “américanisée” avec une flopée de hamburgers.

Belgobaren, Bryggargatan 12, Stockholm
www.belgobaren.se

Faut bien l’avouer, on est venu une première fois devant ce bar-restaurant sans y rentrer croyant rien n’y trouver d’extraordinaire en terme de bières, uniquement des produits bien connus par tous. Par acquis de conscience, nous y sommes revenus le lendemain et avons bien fait !

Même si on a l’impression de rentrer plus dans un resto qu’un bar, la carte nous a réservé de biens belles surprises. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à ce que l’on voit de l’extérieur !

Nous avons demandé la carte du resto ainsi que celle des boissons, tout en regardant les imposants frigos derrière le bar :

ainsi que celui à l’entrée qui a attiré nos regards. Il s’agissait en fait de leurs “vintages” mais aussi de quelques raretés stockés pêle-mêle : Duvel Tripel Hop, Keizer 2001/2002/2003etc…, Cantillon, Drie Fonteinen, De Molen, Brasserie Fantôme, Duvel 6L (!), Pannepot, Pannepot Reserva, Pannepot Grand Reserva, Deus, Westvleteren 6 8 12, etc…

 

Ma première question fut de demander le prix de la Duvel Tripel Hop… La serveuse me répondit : «Euh c’est pas à la carte, voulez-vous que je demande à mon patron même si, de mémoire, la dernière vendue l’avait été à 70 €…». Et en fait, son patron la faisait à 100 € car c’était sa dernière… Oups ! Autant dire que l’on s’est rabattu sur d’autres choses et nous ne l’avons pas regretté.

Pour la petite histoire, non loin de ce resto, nous étions passés devant le Duvel Bar (mais il était fermé le dimanche) où plusieurs Duvel Tripel Hop trônaient dans une cave et on s’est dit qu’on demanderait le prix «juste pour voir»… et on n’a pas été déçus !

Donc voici les bières dégustées avec Madame :

Pipedream 33cl, 7,8%vol, 56IBU

Bière brassée par Alvinne en collaboration avec De Struise et Pipeworks Brewing Co à Chicago

Aspect : blonde abricot
Mousse : blanche aérée peu tenace
Nez : sec et poussiéré avec des petites notes de pêche
Bouche : léger fruit en attaque puis une amertume franche tranchante (style pamplemousse) intervenant en fin de bouche pour durer un peu dans le temps.

 

‘T Hofbrouwerijke Hoftrol 6,2% à Beersel, Belgique

Apparemment, on a affaire ici à une fermentation mixte où la bière subit une oxydation.

Aspect : ambrée très saturée, un geyser à l’ouverture
Mousse : disparaît très vite, sans bulles tel un lambic
Nez : oxydation se sent, on dirait un nez de lambic sans le côté boisé
Bouche : aigre douce dès l’attaque et amertume mais rien d’autre, aucune longueur ni caractère.

 

Pannepot Grand Reserva 2006 33cl, 10%vol

Brasserie De Struise

Aspect : noire
Mousse : crème peu tenace
Nez : vanille et terreuse (champignon)
Bouche : une grande claque, ronde et veloutée en attaque puis des notes boisées et de vieux porto. On sent l’alcool mais sans que cela déséquilibre le tout, ça reste harmonieux. On déguste !

Black Jack au fût, 7%vol.

Une Imperial Porter brassé par De Struise pour le patron Jack Pano.

Aspect : noire
Mousse : marron aérée
Nez : café/cacao + brûlé
Bouche : note évidente de café, et de chocolat noir mais bien équilibrée malgré tout.

Black Jack «Motverkar Tristess» 12,5%vol, brassée par De Molen

Chaque année, le Belgobar envoie sa Black Kack à une brasserie différente pour la faire mûrir. Ici, ce porter a été vieilli dans des fûts de whisky suédois Mackmyran chez De Molen. 1560 bouteilles de 18cl ont ainsi été sorties. Le patron nous en a offerte une (la n° 468) en dégustation. Sympa !

Aspect : noire
Mousse : crème peu épaisse
Nez : alcool et cacao brûlé
Bouche : on retrouve en attaque le côté brûlé puis des notes intéressantes vineuse et boisées, c’est plus rond que sa petite soeur pour finir sur une arrière bouche grillée.

 

Ajoutez à tout cela une excellente cuisine et vous comprendrez que l’on a passé un agréable moment !

Monks Cafe, Sveävagen 39, Stockholm
www.monkscafe.se

 

Dès notre entrée, des frigos avec des bières pêle-mêle : Fantôme, Carolus Keizer 2001 à 2009, Pannepot, De Molen, Geuze Wets, Panil (brasserie italienne), des jéroboams, et même ça !

 

En plus, festival des bières américaines à l’intérieur : plus de 120 différentes en bouteilles!

Voici les bières dégustées :

 

Honkers Ale 35,5cl 5%vol

Brasserie Goose Island, Chicago

Aspect : ambrée
Mousse : absente
Nez : caramel surtout
Bouche : ale terreuse et fruitée (citron), pas de longueur en bouche… bof !

De Molen Amarillo 33cl 9%vol

Aspect : ambrée abricot
Mousse : peu et retombant très vite
Nez : houblonné et épicé avec des notes de légumes et de banane apportées par les levures
Bouche : en attaque le citron et litchi puis forte amertume qui s’estompe très lentement. Malgré tout un bel équilibre en bouche, le palais n’est pas anesthésié.

Monks Cafe & Brewery, Wallingatan 38, Stockholm
www.monkscafe.se

Notre préféré des deux, car en plus des produits, il y a une microbrasserie où les clients peuvent s’inscrire chaque mois pour participer à des microbrassins en compagnie du brasseur Charles Cassino. On le voit ici effectuer un houblonnage avec 3 houblons différents.

 

Dès qu’on entre dans le bar, une première salle où l’on peut boire. Puis, après, le resto. Voici une photo du bar :

 

Le bar présente aussi des bières brassées sur place en pression :

 

Nous en avons goûtées pas mal. Voici la liste (sur deux jours) :

Tout d’abord, ma femme s’est laissée tenter par une bière italienne déjà goûtée à Strasbourg pendant le mondial :

Re Ale de la brasserie Borgo, 33cl, 6,4%vol

Aspect : bière ambrée, bonne pétillance
Mousse : fine bulle blanche, peu épaisse
Nez : légume vert, légèrement épicée, odeur de beurre également
Bouche : attaque terreuse (poussière) avec des notes de cacao avec une finale amère franche mais pas très longue.

Puis nous avons testé deux bières maison en pression faites par Charles Cassion en collaboration avec Olivier Menno de chez De Molen et Urbain Cotteau de chez de Struise :

Imperial Stout HV STHLM Edition, 8,7%vol

Aspect : bière noire ébène, peu de pétillance
Mousse : couleur café, retombant très vite, fines bulles
Nez : légume puis café avec des notes poivrées
Bouche : attaque terreuse puis réglisse, le café ne se fait pas ressentir. Bière pas très sèche, on retrouve un aspect médicamenteux. Un peu déçus.

Tripel Hoppel, 11% vol !

Aspect : abricot orangé
Mousse : fine bulle blanche neigeuse
Nez : fruitée (fruit de la passion)
Bouche : attaque fruitée genre pamplemousse sucré puis l’alcool remplit la bouche mais tout en équilibre avant une finale amère franche qui tapisse le palais : une bière sèche et aromatique. Un régal !

 

Après, nous avons testé des bières de chez De Molen. Il y en a un très large choix. Jugez par vous-mêmes !

 

Fris & Fruitig, 33cl, 5,6%vol, EBU 20, de style lambic mûri 9 mois en fût de chêne.

Aspect : rouge
Mousse : absente
Nez : acide et fruité (cerise ?)
Bouche : attaque aigre sans longueur. Diffère d’une oude kriek (beaucoup moins de puissance). Très peu acide, bière désaltérante semblable à un jus de raisin en moins sucré.

Conclusion : nez prometteur, bouche décevante.

Vuur & Vlam, 33cl, 6,2%vol. EBU 42,6

Descriptif bouteille : bittering hop Challenger, latehops Chinook-Cascade-Simcoe-Amarillo, dryhopping Cascade.

Aspect : pêche trouble
Mousse : blanche neigeuse tenace
Nez : fruit de la passion et houblon aromatique
Bouche : attaque aromatique puis amertume franche mais courte. Le côté floral est un peu perceptible.

 

Kannen & Kruiken, 33cl, 6,2%vol

Aspect : blonde cuivrée
Mousse : absente
Nez : malté, céréales et des légères notes fruitées
Bouche : attaque légèrement sucrée avec une amertume moyenne qui s’estompe petit à petit. On ne retrouve pas le côté malté en bouche.

Puis nous nous sommes attablés pour manger et encore déguster 2 petites bières sur les conseils du barman très connaisseur. Voici un aperçu de leur cave à bière géante climatisée, en plein milieu du restaurant !

 

Père Jacques, brasserie Goose Island Chicago, 9%vol

Mousse : aérée retombant vite
Aspect : ambrée couleur pêche
Nez : banane et caramel
Bouche : On retrouve le fruit, rondeur sucrée puis le côté caramel se développe avec une très légère madérisation. En rétronasale, une légère et agréable chaleur alcoolique se fait ressentir. Bière veloutée qui s’accordait très bien avec ma viande rouge.

 

Et enfin, en digestif, et offerte par le barman, la fameuse Närke qui talonne de très près la Westvlteren 12 sur Ratebeer. Un sacré cadeau !

 

Akkurat Restaurang & Bar, Hornsgatan 18 , Stockholm

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Réputé mondialement pour son stock phénoménal de lambics, Oude Geuzes et Krieks. C’est simple : rien moins que 4 pages A4 recto verso uniquement consacrées à ces vintages… !

Franchement, aller à Stockholm sans y passer, c’est vraiment bête. D’autant plus que l’endroit est très chaleureux, de style pub qui brasse une population hétéroclite aussi locale qu’internationale. Et les amateurs de whiskies ne seront pas en reste avec plus de 500 différentes variétés… dont un Ardbeg affichant «année 1891» sur la carte au prix de 180 €…le cl !!!

 

Nous, on s’est contenté des bières. Déjà la carte, c’est un album et y’a même pas les vintages! Il a donc fallu demander une seconde carte, moins volumineuse mais très très bien fournie. J’ai compté au moins 25 bières différentes au fût : suédoises, américaines, allemandes et belges dont une version de Cantillon et la gamme de la brasserie Kerkom.

 

Winterkoninkske, brasserie Kerkom , 8,3%vol au fût

Aspect : Rubis acajou
Mousse : crémeuse marron
Nez : fruits rouges uniquement car servie trop froide
Bouche : pas très ronde mais des notes maltées et fruitées, peut-être également un côté torréfié ressenti en fin de dégustation.

Celebration Ale, Brasserie Dugges, Mölndal, Suède, 6,5%vol au fût

 

Aspect : blonde orangé
Mousse : blanche et neigeuse
Nez : agrumes et herbacée
Bouche : attaque sèche et fruitée puis belle amertume style pamplemousse, très désaltérante.

 

Devant le choix de vintages et gueuzes, nous avons opté pour une dégustation en parallèle pour comparer :

Oude Geuze Hanssens 1998, 37.5cl, 6%vol

Aspect : Blonde pâle Nez : agressif et sec (vieux chêne)
Bouche : attaque agressive,  acidité moyenne. arôme de noisette et amertume assez marquée.

A mal vieilli à notre goût Oude Geuze 3 Fonteinen 1999, 37.5cl, 6,5%vol

Aspect : idem. Un peu moins trouble Nez : agressif. Raisin et fruité
Bouche: acidité marquée en attaque. Très sèche en rétro. On perçoit le côté bois vert, sciure fraîche. A bien évolué.

Le 2ème jour : → De Cam Oude Geuze 1998, 75cl, 6.5%vol

Mousse : absente, pétillance nulle
Aspect : blonde cuivrée limpide (sauf fond de la bouteille)
Nez : clairement boisé, verte ainsi que noisette
Bouche : très verte, acidité moyenne. Finale citronnée avec une aigreur marquée.

Une dernière, just for the fun :

Oerbier 33cl, 7.5%vol, Octobre 1990

Nez : clairement muscat
Bouche : attaque citronnée domine avec des notes de vin cuit et une légère aigreur. La rondeur a disparu.

En conclusion, si vous avez deux bars à faire à Stockholm, je vous conseille le Monks Cafe et Brewery et bien entendu l’Akkurat, incontournable à mon sens car il réunit tout ce qu’un amateur veut : une large gamme de bières actuelles, des vintages surtout belges et un choix de whiskies également impressionnant, le tout dans un endroit rustique, parquet en bois et ambiance pub.

Une matinée de brassage chez NovaBirra

24 juillet 2009 – Un vendredi matin à Braine-l’Alleud. Une rue en cul-de-sac, un porte de garage verte dissimulant un large entrepôt. La porte se relève doucement… Apparaît un homme souriant vêtu d’un tablier, des effluves de brassins l’accompagnent. Emanuele « Manu » Corazzini me souhaite chaleureusement la bienvenue dans les bâtiments qui abritent sa nouvelle société NovaBirra. En route pour découvrir cette jeune société, fruit de l’imagination d’un jeune entrepreneur passionné et dynamique.

 

 

 

« Je prends de l’avance! Figure-toi que je brasse… une bière de Noël! ». Nous sommes en juillet, et Manu crée, anticipe, invente et recherche constamment. Depuis qu’il a fondé NovaBirra (un mot à consonance italienne en référence à ses origines) en avril 2008, il s’investit corps et âme dans ce projet, pour lequel les maîtres-mots pourraient être passion… et patience.

 

 

Plongé dans le monde de la bière depuis de nombreuses années (Manu fait partie de l’équipe organisatrice du renommé Festival Bruxellensis à Saint-Gilles), sa société NovaBirra répond principalement à trois objectifs. « Ma première activité consiste à vendre des bières artisanales. Actuellement, je me limite volontairement à quatre brasseries: Senne (Zinnebir), Trois Fourquets (Lupulus), Rulles et Jandrain-Jandrenouille (IV Saison et V Cense), ma dernière révélation. Je connais chacun de ces brasseurs, ce sont des passionnés, des artisans-brasseurs. C’est pour cette raison que j’ai choisi leurs produits. J’apprécie aussi d’autres brasseries comme chez De Ranke ou Blaugies mais je préfère évoluer progressivement, en fonction des demandes qui me sont adressées ».

L’explication à peine terminée, voici que j’endosse un tablier. « Fais-toi plaisir! C’est l’étape de la saccharification, brassons ensemble cette de bière de Noël! » Entretemps, Manu m’offre une bière de sa propre production, une blanche assez acidulée. Comme nous le rappelle l’adage quelque peu revisité:Pendant l’effort, le réconfort!

 

Revenons-en aux activités de NovaBirra… Un autre champ d’action de Manu réside dans la dégustation.« J’organise des dégustations pour différents publics, des groupes d’amis, des sociétés. Les gens découvrent des bières de ma propre production, et d’autres plus connues du grand public. Je constate que les gens sont très curieux. Qu’est-ce qu’une triple? Qu’est-ce que la fermentation? Avec les dégustations, j’en profite pour évoquer l’aspect gustatif du produit, mais aussi les techniques de fabrication, les deux étant liés ».

Manu a certainement remarqué que j’étais d’un naturel curieux. Aussitôt son commentaire achevé, une bière sort du frigo. « Goûte-la, et dis-moi ce que tu en penses ». Une couleur ambrée, une bière parfumée qui se distingue par un équilibre remarquable entre douceur et amertume. Je lui tire mon chapeau. « Il s’agit d’une sorte d’Amber Ale pour laquelle j’ai utilisé du houblon Amarillo, notamment présent dans la 5 Cense de la brasserie de Jandrain-Jandrenouille. Pour la brasser, je me suis inspiré de bières produites aux Etats-Unis ». Aaah, l’Amérique. Si Manu mentionne dix fois le pays de l’Oncle Sam pendant notre matinée, c’est bien peu… On en reparle plus tard…

 

 

Intermède terminé, vous aurez compris que l’activité centrale de NovaBirra se situe dans le brassage, en particulier l’enseignement du brassage. « Un jour, dans le train, je lisais un livre en anglais sur les techniques de brassage. En face de moi, un homme m’observe et me dit que c’est inutile de brasser soi-même étant donné qu’en Belgique, on peut déguster tout ce que l’on veut! Je ne comprends pas cet état d’esprit. Je pense que nous sommes dans une époque dans laquelle les gens veulent revenir vers des valeurs plus régionales, authentiques. Grâce à mes formations, mon souhait est de démontrer aux gens la qualité qu’ils peuvent obtenir eux-mêmes en brassant. Je ne brasse pas pour moi-même mais pour partager ».

Concrètement, NovaBirra propose des stages d’une durée de deux jours. Le première partie est théorique, Manu expose la fabrication de la bière à ses stagiaires, un syllabus est compris dans le prix du cours. Il est judicieux de signaler que le niveau est assez poussé, des notions techniques et chimiques sont évoquées. Intervient ensuite la création de la recette de la bière en compagnie du stagiaire. « Parfois, des gens s’inscrivent et m’annoncent qu’ils veulent brasser une bière fruitée. Je refuse immédiatement. Je leur explique qu’à la base, il faut savoir brasser une bière classique, c’est-à-dire une boisson fermentée à base d’eau, d’orge et houblon. D’ailleurs, j’utilise très peu d’épices, je préfère jouer sur les nuances de malt et houblon. » Le deuxième jour, c’est le brassage proprement dit: démarrage à 8h00 et travail le reste de la journée. Quelques semaines plus tard, Manu invite le stagiaire pour effectuer l’embouteillage. Dans sa démarche, il privilégie la cohérence et signale: « pour suivre ce genre de formation, deux éléments sont essentiels. Le premier, c’est le temps. Les gens doivent comprendre qu’en brassage, sans patience, on n’arrive à rien. Brasser dure environ deux heures, créer la bière dure une journée entière. Ensuite, place à cinq semaines de patience avant de mettre en bouteille, puis trois ou quatre mois avant de goûter… » L’autre élément, qui anime Manu à l’instar de nombreux amoureux de la bière, c’est la passion. « La passion, c’est beau. Mais ce qui serait magnifique, c’est de voir émerger des micro-brasseries dans les villages belges, des clubs de brasseurs amateurs qui se réunissent comme USA. Dans le contexte actuel où des géants brassicoles avalent des petites brasseries, le potentiel se trouve chez le particulier! Je souhaite être un relais pour tous ces gens qui veulent obtenir les informations nécessaires afin de brasser leur propre produit. Les gens doivent aussi sortir de chez eux, se faire connaître. Plus on est, plus on peut partager, se rencontrer, déguster, émettre des remarques constructives sur le produit, s’améliorer. »

 

 

Ah, la passion… Flash-back. Ingérieur du son de formation, Manu s’exile aux Etats-Unis entre 1995 et 2002. « Dans le cadre de mon métier, j’ai parcouru les USA, j’ai accompagné un groupe de danse contemporaine à travers tout le pays. Après chaque spectacle, j’en profitais pour visiter la micro-brasserie qui se cachait dans chaque ville. J’ai été impressionné par cet incroyable mouvement de brasseurs! Je me suis régalé grâce à des porters, des stouts et bien d’autres merveilles. Cette expérience a profondément nourri ma passion de la bière. Mes prochains voyages? Dublin et le Québec afin de tisser des contacts dans le domaine brassicole ».

Cessons de voyager un instant, revenons à Braine-l’Alleud. Le brassage de la bière de Noël n’attend pas. Place à la filtration qui sera suivie de l’ébullition et du houblonnage. Visiblement passionné et talentueux tant dans la maîtrise de la technique du brassage que la pédagogie, Manu m’explique les principes des étapes, m’apprend des « petits trucs » du métier. Il prodigue avec précision et enthousiasme les explications. « Je suis également guitariste et j’ai donné des cours de guitare il y a quelques années. C’est toujours fascinant d’assister aux progrès de certains élèves. En brassage, c’est exactement la même chose! ».

 

 

Même si Manu avoue se fier beaucoup à son intuition et à sa créativité, il n’en reste pas moins un brasseur rigoureux qui archive et documente chacune de ses étapes. « Comme chaque brasseur qui se respecte, je note tout et je photographie. Lorsqu’un élève a terminé son brassage et qu’il faut attendre quelques semaines pendant la mise en garde, je lui transmets des photos pour le tenir au courant de l’évolution de sa création ».

 

 

 

 

L’horloge tourne et j’ai déjà versé à deux reprises du houblon dans la cuve d’ébullition. Faute de temps, Manu prendra en charge sans moi la deuxième filtration, la fermentation et l’embouteillage. Mais un rendez-vous est déjà fixé dans nos agendas pour la fin de l’année. « Brasser une bière et ne pas la déguster ne serait pas cohérent! On se revoit maximum en décembre pour goûter cette première cuvée Bierebel! ». Comptez-sur moi, j’ai hâte de découvrir cette bière brune qui titrera 8,5% de volume d’alcool…

 

 

Pour plus d’informations

NovaBirra (Braine-l’Alleud)
Contact: Emanuele CORAZZINI
Mail: manu@novabirra.com
Site: http://www.novabirra.com

Gertrude Triple: nouvelle bière à Nivelles!

Article et photos de M. Vermeren

Autrefois, la ville de Nivelles pouvait s’enorgueillir de posséder pas moins de quatre brasseries dont la très connue brasserie Duvieusart, fermée dans les années 50 suite à un incendie. Les bières Jean de Nivelles blonde et Jean de Nivelles brune existaient déjà, ainsi que l’Archiduc, brassée initialement par la brasserie La Caracole de Falmignoul et aujourd’hui produite par la brasserie d’Ecaussinnes.

Aujourd’hui, une nouvelle bière fait son apparition dans la cité nivelloise: la Gertrude triple, dont le lancement officiel s’est déroulé ce mardi 27 janvier 2009 au café Le Pèlerin à Nivelles.


La Gertrude Triple, la nouvelle bière de Nivelles.

Une délégation de journalistes à pu assister à sa sortie. Bruno Vandendriessche, le concepteur de la Gertrude, a commencé par nous soumettre un petit quizz brassicole avant d’enchaîner par une dégustation à l’aveugle de 6 bières , dont la Gertrude. Chacun a dû livrer ses sensations par rapport à la couleur, la mousse, l’odeur et le goût, et donner un cotation sur 10 et si possible, démasquer la bière!


Une délégation de journalistes parée pour l’épreuve de dégustation.

Comment a germé l’idée d’une nouvelle bière? Bruno nous explique qu’il adore la bière et qu’avec des amis, ils se réunissaient pour organiser des dégustations à la maison. C’est de là qu’est partie l’idée de créer une bière. Bruno n’en est pas à son premier essai! Avec son ex-associé et ami Manu, ils avaient déjà mis au point une Gertrude ambrée qu’ils brassaient avec l’aide de la brasserie de Bouillon à Senseruth. La Gertrude ambrée est une bière fermentée avec de la levure de la brasserie d’Orval, affirme-t-il! Avec l’aide de Manu, Bruno décide de retravailler la recette. Il souhaite une bière facile à boire, pas du genre pils, ni blanche, pas trop alcoolisée et différente de l’ambrée. Il s’adjoint l’aide de la brasserie De Proef et met au point la recette de la Gertrude Triple et réalise un brassin de 3000 litres. Pour la bière, il utilise trois sortes de houblons dont des aromatiques et des amérisants, ainsi qu’une levure sélectionnée.


Bruno Vandendriessche, fier de présenter la Gertrude Triple.

Où peut-on la déguster et l’acheter? La Gertrude Triple est disponible dans quelques établissement nivellois comme Le Pèlerin, La Bourse, Le Saint-Jacques et aux drinks Fred Boissons et BND Boissons. Elle est aussi disponible à Braine-le-Château, Braine-L’Alleud… ainsi que dans le Lot et Garonne! Des amis français viennent la chercher en Belgique pour la vendre dans un bistrot sur place! A noter que Bruno et son projet sont soutenus par la Société des Gilles de L’Argaillon de Nivelles. Souhaitons un bon succès et prospérité à cette nouvelle venue!

Et voici les notes de dégustations! La couleur de la Gertrude Triple est blonde légèrement trouble, c’est une bières sur lie, sa mousse est blanche crémeuse. Son odeur est légèrement fruitée et houblonnée avec des notes maltées discrètes et de petites senteurs vanillées. Au goût, une amertume présente sans excès se fait ressentir, suivies de notes faiblement sucrées avec des saveurs herbacées et des sensations sèches et une astringence bien présente en fin de bouche. Son degré d’alcool est de 7,5 %.