Pierre Lebrun

A propos Pierre Lebrun

Pierre (Pierrot) s'est toujours intéressé au patrimoine brassicole de son pays. A l'aube de sa majorité, en 2001, sa passion pour la bière le conduit à fonder Bierebel.com en compagnie de son frère cadet. Le site permet à Pierre de développer de nouvelles connaissances, de côtoyer le milieu brassicole (visites, festivals...), et surtout, d'informer et de réunir de nombreux amateurs de bières. Depuis 2013, il est également actif dans le Slow Beer Club.

Quand marathon rime avec houblon…

BRUXELLES, 21 juillet 2010

La soirée du 20 juillet, veille de notre fête nationale, des énergumènes tout de rose vêtus envahissent les rues de Bruxelles… La raison de cette agitation est l’IBBM, l’Iron Brussels Beer Marathon, qui se déroule pour la cinquième année consécutive.
Mais qu’est-ce donc cet IBBM, que nous désignons souvent comme “Marathon de la Bière”? Sponsorisé par la brasserie Lefèbvre de Quenast, l’IBBM est un événement brassicoleculturel et festif. Sacré programme!
Dans ce reportage, vous découvrirez les aventures brassicoles de notre équipe n°167 qui a participé à ce marathon pas comme les autres. En espérant que ce compte-rendu et ces photos vous donneront l’envie de participer à la prochaine édition.

 

20 juillet, 18h00, Place d’Espagne, à deux pas de la Gare Centrale de Bruxelles.

Pour cette édition 2010, l’IBBM a enregistré 546 participations, autrement dit 273 équipes de deux marathoniens. Les modalités d’inscription sont simples: être âgé d’au moins 18 ans, encoder ses données sur le site Internet de l’événement, verser 30 euros, et venir à Bruxelles le 20 juillet. En vue de garantir un bon déroulement, les organisateurs ont fixé un plafond pour le nombre d’inscriptions. Conseil: ne perdez pas de temps pour vous inscrire!
A 18h00, tous les marathoniens ont rendez-vous au pied des statues de Don Quichotte et Sancho Panza. Chaque équipe reçoit son pack IBBM contenant tout le matériel nécessaire, notamment un road-book, un quiz, divers gadgets, etc. Un élément nous saute aux yeux: les rouages de l’organisation sont parfaitement huilés.
A 18h30, Xavier PIERRET, l’un des organisateurs, prend la parole au mégaphone: il prononce un mot convivial de bienvenue, émet les consignes et les objectifs. Le but du marathon est de parcourir un circuit de dix cafés dans le centre-ville. A chaque étape, les marathoniens dégustent une bière. A titre d’information, le montant de participation à l’IBBM comprend les dix dégustations, une frite (!), les t-shirts, le pack, et l’accès gratuit à une after-party. Outre les visites de cafés et les dégustations, l’IBBM comprend également un quiz et des épreuves ludiques.
A 18h45, après une éclatante photo de groupe, le signal départ est lancé! Une masse rose s’empart de la ville. Prêt à nous emboîter le pas? Suivez-nous!

 


Les Marathoniens sur la ligne de départ.
 

The Backpacker Bar (Rue du Saint-Esprit, 2)

Cette première visite constitue une belle découverte. Située à un jet de pierres de la gare de Bruxelles-Chapelle, nous pénétrons dans une auberge de jeunesse. Au sous-sol, nous découvrons un bar orné de différentes plaques métalliques publicitaires. Une piste de danse jouxte le bar, du bon rock sort des amplis, un karaoke est branché, l’endroit est idéal pour déguster et faire la fête. Au bar, la serveuse nous offre une Hopus, dernière belle réussite de la brasserie Lefèbvre. Entre marathoniens, on fait déjà connaissance, on cogne les verres… et l’on sent que c’est bien parti!

 


Première halte: une Hopus au Backpacker Bar.
 

Au Brasseur (Rue des Chapeliers, 9)

Nous quittons la confidentialité du Backpacker Bar et nous nous dirigeons vers le centre-ville, haut lieu du tourisme international. Au pied de cette rue plus communément appelée Rue des Pitas, nous pénétrons Au Brasseur. L’angle du café donne sur la Grand Place et la décoration a un certain cachet authentique. Pour cette deuxième dégustation, place à une Barbar, bière au miel et produit phare de la brasserie Lefèbvre. Nous rencontrons d’autres marathoniens.
“Combien d’étoiles avez-vous déjà trouvées”?
“Tiens, the Backpaker Bar, c’est où?”
“Eh Tommy, content de te voir ici!”.
Tout au long de la soirée, l’ambiance demeure conviviale, et l’entraide omniprésente.
Anecdote: à 100 mètres du café, une équipe parvient à se faire photographier en compagnie d’un certain M.D., un homme politique liégeois en vogue et très atypique dans son genre… Un futur marathonien?
La Barbar est achevée, place au troisième établissement!

 


A quelques pas de la Grand Place, près des odeurs de pitas, une Barbar s’offre à nous.
 

Delirium Café (Impasse de la Fidélité, 4A)

Nous traversons la Grand Place, et nous nous engouffrons dans le dédale de la Rue des Bouchers, célèbre pour ses nombreux restaurants où s’attablent les touristes du monde entier. Gauche, droite, nous sommes au célèbre Delirium Cafe, à côté de Jeanneke Pis, moins connue que son alter ego masculin, mais qui hante bel et bien l’Impasse de la Fidélité. Pour rappel, le Delirium Cafe est cet établissement qui propose plus de 2000 bières. En 2004, le café est entré dans le livre Guinness Book des Records grâce à cette performance. Nous n’échappons pas à une Delirium Tremens, bière de la brasserie Huyghe de Melle.
“Tiens, vous avez trouvé la réponse de la question 8?”
“Vous pouvez nous prendre en photo devant le Delirium?”.
L’invasion et la coopération roses se poursuivent…

 


Fatalement, au Delirium Cafe, nous n’échappons pas à une Delirium Tremens.
 

Estaminet Théâtre royal de Toone (Impasse Sainte Pétronille/Rue du Marché aux Herbes, 66)

Lors du prochain arrêt, nous pénétrons dans l’un des temples du folklore bruxellois: le théâtre de Toone. Situés dans une petite ruelle proche de la Grand Place, les lieux hébergent un célèbre théâtre de marionnettes, un musée, mais aussi un estaminet. Sur d’anciennes tables en bois, nous dégustons une Kwak de la brasserie Bosteels, mais sans son célèbre étrier.
“Tiens, tu ne serais pas la copine de Quentin?”
Le monde est petit, mais les gens qui aiment s’amuser finissent toujours par se retrouver. Le hasard fait que nous rencontrons deux amis, Benoit et Vincent, avec qui nous partageons une bière.
Nous sortons de la chaleur de l’estaminet, pour rejoindre le nord…

 


L’estaminet du Théâtre Royal de Toone.
 

Le Cambridge (Rue de Malines, 37)

Non, pas le Nord cher à Dany Boon, mais bien le nord de Bruxelles-Ville. Notre road-book nous indique un café à quelques pas du World Trade Center de Bruxelles. Nous traversons les boulevards Anspach et Adolphe Max, nous nous éloignons du centre-ville est les t-shirts roses ont tendance à disparaître. Avant les gratte-ciels, une rue se présente à main droite. Nous voici rassurés: une bonne cinquantaine de marathoniens festoient joyeusement devant le Cambridge. Ca chante, ça rit, ça boit. Une Blanche de Bruxelles nous est servie au bar, nous nous asseyons et décidons de prendre un peu temps pour répondre à notre questionnaire.
“Les gars, je suis un echt (vrai) d’ici, je peux vous aider?”
Ces paroles émanent de Luc, sympathique quadragénaire qui a de la zwanze à revendre. Luc contribuera à bon nombre de nos réponses, et s’il nous lit, merci à lui pour notre seconde Blanche de Bruxelles.

 


Santé, Luc.
 

Friterie Tabora (Rue de Tabora, 2)

Frites et bières. Très cliché, mais tellement bon et vrai. La marche et les dégustations commencent à nous provoquer un petit creux dans le bas du ventre. Heureusement, les organisateurs de l’IBBM ont tout planifié, et nous rechargeons nos batteries à la Friterie Tabora, établissement que nous vous recommandons. Entre deux frites, un marathonien me confie:
“J’habite depuis deux ans à Bruxelles, et c’est aujourd’hui que je découvre ma ville!”

Le Coq (Rue August Orst, 14)

Nous prenons la direction de la Bourse, vers le quartier très animé de Saint-Gery. Une petite halte au Coq, où nous dégustons une Saint-Feuillien de la brasserie Friart. Notre montre indique 23h00, et l’heure tourne! Selon les consignes, nous devons atteindre le point d’arrivée pour 1h30 au plus tard.
Pendant le trajet, nous en profitons pour gagner des points grâce aux épreuves… Dans la rue, les passants paraissent curieux de cette masse de t-shirts roses. Beaucoup d’entre-eux jouent le jeu, se font photographier avec le masque de l’IBBM et nous aident à répondre aux questions. Encore un bel exemple de convivialité.

 


Sur le Boulevard Anspach, les passants jouent le jeu.
 

Moeder Lambic Fontainas (Place Fontainas, 8-10)

Nous empruntons le boulevard Anspach vers le sud, et arrivons au Moeder Lambic Fontainas, établissement ouvert depuis octobre 2009, à ne pas confondre avec un autre Moeder Lambic, situé sur la commune bruxelloise de Saint-Gilles. On assiste à un attroupement devant le café. Est-ce dû à la présence de l’excellente IV Saison de la brasserie Jandrain-Jandrenouille? Au bar, je rencontre Andy, sympathique barman bien connu dans le milieu des cafés brassicoles de Bruxelles.
“Bonne dégustation, et on se retrouve début septembre pour le Week-End de la Bière sur la Grand’Place “.
Promis!

 


Moeder Lambic Fontainas, ouvert depuis octobre 2009.
 

Poechenellekelder (Rue du Chêne, 5)

La prochaine étape nous conduit tout droit vers l’un des monuments les plus illustres de Bruxelles: le “fameux” Manneken Pis. Nous délaissons l’urineur le plus célèbre du monde pour mieux le retrouver en face… dans un verre de bière. Nous sommes au Poechenellekelder, et nous dégustons une Manneken Pils, nouvelle bière de basse fermentation de la brasserie Lefèbvre. A ce stade avancé du marathon, nous éprouvons du plaisir à boire une bière plus légère et rafraîchissante entre toutes les spéciales.

 


Le magnifique intérieur du Poechenellekelder.
 

Café Bebo (Place Rouppe/Avenue de Stalingrad, 2)

Cap vers le sud de la ville pour découvrir le café Bebo, “je bois” en espagnol. L’établissement jouxte le renommé et étoilé restaurant Comme Chez Soi. Entre deux discussions, nous découvrons que le café Bebo est tenu par la fille de l’ancien célèbre chef du restaurant, Pierre Wynants. Le barman nous sert une Floreffe, bière d’abbaye de la brasserie Lefèbvre. Ultime étape, il est 00h30, le temps commence à presser!

 


Au tour de la Floreffe de passer dans notre gosier.
 

Le Marseillais du Jeu de Balle (Rue Blaes, 163)

Nous débarquons dans le quartier des Marolles, à la Place du Jeu de Balle, célèbre pour ses marchés aux puces quotidiens. Une importante foule s’est déplacée jusqu’ici, et pour cause, depuis 2003, la ville de Bruxelles organise son Bal Populaire. Plus tôt dans la soirée, 15.000 personnes ont assisté au concert du Grand Jojo (on aurait bien dansé sur Chef, un petit verre, on a soif) et lorsque nous arrivons après minuit, Kate Ryan interprète l’une de ses enièmes reprises. L’endroit est bondé, et au Marseillais, certains personnages sont tellement « sympathiques » que la Rodenbach n’aura pas la saveur escomptée. Soit…

 


Le Marseillais du Jeu de Balle.
 

Fuse (Rue Blaes, 208)

Après avoir sillonné Bruxelles du sud au nord, du nord au sud, nous atteignons courageusement l’arrivée. Le rendez-vous est fixé au Fuse, célèbre boîte de nuit du centre-ville. Une bénévole récupère notre questionnaire, une équipe s’occupe de décharger les cartes mémoire des appareils photos: encore un exemple d’organisation.
Pendant la soirée, nous retrouvons des marathoniens rencontrés en cours de route, et des potes venus pour l’occasion: une soirée mémorable s’annonce!
Nous quittons la soirée très tard. Tant pis, nous ratons les croissants prévus pour les irréductibles restés jusqu’aux petites heures.

 


Une after-party au goût houblonné.
 

Pour la petite histoire, notre équipe n°167 terminera à la 119ème place du classement général du Marathon. Peu importe la performance, notre premier IBBM a constitué un événement haut en couleurs, qui résume à lui seul les valeurs véhiculées par la bière.

Merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux cafetiers, aux marathoniens, à toutes les personnes rencontrées,… et à l’année prochaine!

 

Visitez le site officiel de l’IBBM
http://www.ibbm.be

Une matinée de brassage chez NovaBirra

24 juillet 2009 – Un vendredi matin à Braine-l’Alleud. Une rue en cul-de-sac, un porte de garage verte dissimulant un large entrepôt. La porte se relève doucement… Apparaît un homme souriant vêtu d’un tablier, des effluves de brassins l’accompagnent. Emanuele « Manu » Corazzini me souhaite chaleureusement la bienvenue dans les bâtiments qui abritent sa nouvelle société NovaBirra. En route pour découvrir cette jeune société, fruit de l’imagination d’un jeune entrepreneur passionné et dynamique.

 

 

 

« Je prends de l’avance! Figure-toi que je brasse… une bière de Noël! ». Nous sommes en juillet, et Manu crée, anticipe, invente et recherche constamment. Depuis qu’il a fondé NovaBirra (un mot à consonance italienne en référence à ses origines) en avril 2008, il s’investit corps et âme dans ce projet, pour lequel les maîtres-mots pourraient être passion… et patience.

 

 

Plongé dans le monde de la bière depuis de nombreuses années (Manu fait partie de l’équipe organisatrice du renommé Festival Bruxellensis à Saint-Gilles), sa société NovaBirra répond principalement à trois objectifs. « Ma première activité consiste à vendre des bières artisanales. Actuellement, je me limite volontairement à quatre brasseries: Senne (Zinnebir), Trois Fourquets (Lupulus), Rulles et Jandrain-Jandrenouille (IV Saison et V Cense), ma dernière révélation. Je connais chacun de ces brasseurs, ce sont des passionnés, des artisans-brasseurs. C’est pour cette raison que j’ai choisi leurs produits. J’apprécie aussi d’autres brasseries comme chez De Ranke ou Blaugies mais je préfère évoluer progressivement, en fonction des demandes qui me sont adressées ».

L’explication à peine terminée, voici que j’endosse un tablier. « Fais-toi plaisir! C’est l’étape de la saccharification, brassons ensemble cette de bière de Noël! » Entretemps, Manu m’offre une bière de sa propre production, une blanche assez acidulée. Comme nous le rappelle l’adage quelque peu revisité:Pendant l’effort, le réconfort!

 

Revenons-en aux activités de NovaBirra… Un autre champ d’action de Manu réside dans la dégustation.« J’organise des dégustations pour différents publics, des groupes d’amis, des sociétés. Les gens découvrent des bières de ma propre production, et d’autres plus connues du grand public. Je constate que les gens sont très curieux. Qu’est-ce qu’une triple? Qu’est-ce que la fermentation? Avec les dégustations, j’en profite pour évoquer l’aspect gustatif du produit, mais aussi les techniques de fabrication, les deux étant liés ».

Manu a certainement remarqué que j’étais d’un naturel curieux. Aussitôt son commentaire achevé, une bière sort du frigo. « Goûte-la, et dis-moi ce que tu en penses ». Une couleur ambrée, une bière parfumée qui se distingue par un équilibre remarquable entre douceur et amertume. Je lui tire mon chapeau. « Il s’agit d’une sorte d’Amber Ale pour laquelle j’ai utilisé du houblon Amarillo, notamment présent dans la 5 Cense de la brasserie de Jandrain-Jandrenouille. Pour la brasser, je me suis inspiré de bières produites aux Etats-Unis ». Aaah, l’Amérique. Si Manu mentionne dix fois le pays de l’Oncle Sam pendant notre matinée, c’est bien peu… On en reparle plus tard…

 

 

Intermède terminé, vous aurez compris que l’activité centrale de NovaBirra se situe dans le brassage, en particulier l’enseignement du brassage. « Un jour, dans le train, je lisais un livre en anglais sur les techniques de brassage. En face de moi, un homme m’observe et me dit que c’est inutile de brasser soi-même étant donné qu’en Belgique, on peut déguster tout ce que l’on veut! Je ne comprends pas cet état d’esprit. Je pense que nous sommes dans une époque dans laquelle les gens veulent revenir vers des valeurs plus régionales, authentiques. Grâce à mes formations, mon souhait est de démontrer aux gens la qualité qu’ils peuvent obtenir eux-mêmes en brassant. Je ne brasse pas pour moi-même mais pour partager ».

Concrètement, NovaBirra propose des stages d’une durée de deux jours. Le première partie est théorique, Manu expose la fabrication de la bière à ses stagiaires, un syllabus est compris dans le prix du cours. Il est judicieux de signaler que le niveau est assez poussé, des notions techniques et chimiques sont évoquées. Intervient ensuite la création de la recette de la bière en compagnie du stagiaire. « Parfois, des gens s’inscrivent et m’annoncent qu’ils veulent brasser une bière fruitée. Je refuse immédiatement. Je leur explique qu’à la base, il faut savoir brasser une bière classique, c’est-à-dire une boisson fermentée à base d’eau, d’orge et houblon. D’ailleurs, j’utilise très peu d’épices, je préfère jouer sur les nuances de malt et houblon. » Le deuxième jour, c’est le brassage proprement dit: démarrage à 8h00 et travail le reste de la journée. Quelques semaines plus tard, Manu invite le stagiaire pour effectuer l’embouteillage. Dans sa démarche, il privilégie la cohérence et signale: « pour suivre ce genre de formation, deux éléments sont essentiels. Le premier, c’est le temps. Les gens doivent comprendre qu’en brassage, sans patience, on n’arrive à rien. Brasser dure environ deux heures, créer la bière dure une journée entière. Ensuite, place à cinq semaines de patience avant de mettre en bouteille, puis trois ou quatre mois avant de goûter… » L’autre élément, qui anime Manu à l’instar de nombreux amoureux de la bière, c’est la passion. « La passion, c’est beau. Mais ce qui serait magnifique, c’est de voir émerger des micro-brasseries dans les villages belges, des clubs de brasseurs amateurs qui se réunissent comme USA. Dans le contexte actuel où des géants brassicoles avalent des petites brasseries, le potentiel se trouve chez le particulier! Je souhaite être un relais pour tous ces gens qui veulent obtenir les informations nécessaires afin de brasser leur propre produit. Les gens doivent aussi sortir de chez eux, se faire connaître. Plus on est, plus on peut partager, se rencontrer, déguster, émettre des remarques constructives sur le produit, s’améliorer. »

 

 

Ah, la passion… Flash-back. Ingérieur du son de formation, Manu s’exile aux Etats-Unis entre 1995 et 2002. « Dans le cadre de mon métier, j’ai parcouru les USA, j’ai accompagné un groupe de danse contemporaine à travers tout le pays. Après chaque spectacle, j’en profitais pour visiter la micro-brasserie qui se cachait dans chaque ville. J’ai été impressionné par cet incroyable mouvement de brasseurs! Je me suis régalé grâce à des porters, des stouts et bien d’autres merveilles. Cette expérience a profondément nourri ma passion de la bière. Mes prochains voyages? Dublin et le Québec afin de tisser des contacts dans le domaine brassicole ».

Cessons de voyager un instant, revenons à Braine-l’Alleud. Le brassage de la bière de Noël n’attend pas. Place à la filtration qui sera suivie de l’ébullition et du houblonnage. Visiblement passionné et talentueux tant dans la maîtrise de la technique du brassage que la pédagogie, Manu m’explique les principes des étapes, m’apprend des « petits trucs » du métier. Il prodigue avec précision et enthousiasme les explications. « Je suis également guitariste et j’ai donné des cours de guitare il y a quelques années. C’est toujours fascinant d’assister aux progrès de certains élèves. En brassage, c’est exactement la même chose! ».

 

 

Même si Manu avoue se fier beaucoup à son intuition et à sa créativité, il n’en reste pas moins un brasseur rigoureux qui archive et documente chacune de ses étapes. « Comme chaque brasseur qui se respecte, je note tout et je photographie. Lorsqu’un élève a terminé son brassage et qu’il faut attendre quelques semaines pendant la mise en garde, je lui transmets des photos pour le tenir au courant de l’évolution de sa création ».

 

 

 

 

L’horloge tourne et j’ai déjà versé à deux reprises du houblon dans la cuve d’ébullition. Faute de temps, Manu prendra en charge sans moi la deuxième filtration, la fermentation et l’embouteillage. Mais un rendez-vous est déjà fixé dans nos agendas pour la fin de l’année. « Brasser une bière et ne pas la déguster ne serait pas cohérent! On se revoit maximum en décembre pour goûter cette première cuvée Bierebel! ». Comptez-sur moi, j’ai hâte de découvrir cette bière brune qui titrera 8,5% de volume d’alcool…

 

 

Pour plus d’informations

NovaBirra (Braine-l’Alleud)
Contact: Emanuele CORAZZINI
Mail: manu@novabirra.com
Site: http://www.novabirra.com

De l’orge à la bière, de la bière au film

« Le vin, c’est la terre, celle-ci est légèrement graveleuse, c’est un médoc ». Cette réplique, Louis De Funès la prononçait en 1976 dans une scène du film L’Aile ou la Cuisse, lorsque ce truculent Monsieur Duchemin rendait hommage à la nature du vin pendant une redoutable épreuve de dégustation.

De l’eau a coulé sous les ponts, et vous lisez un site brassicole. L’oeuvre d’une personne rencontrée lors d’un festival m’a fait songer à cette réplique cinématographique.

Serge HENNEBEL, mécanicien de profession, vient d’effectuer une démarche rigoureuse en réalisant un film-documentaire sur l’orge brassicole et a fortiori, la fabrication d’une bière: Les fermiers à l’orge. De la semence au verre de bière « la Saint-Corneille ».

 

Que répond un brasseur lorsqu’on le questionne sur la fabrication d’une bière ? On entend généralement parler d’empâtage, de cuisson, de filtration, de fermentation, de soutirage… et de dégustation.

L’intérêt du film est qu’il débute dans les champs d’orge, au milieu de ces imposantes moissonneuses-batteuses qui sillonnent les cultures.

Du champ de vision au champ d’orge, la distance est courte, et le vidéaste, pendant 2h30, retrace la fabrication d’une bière et prend soin de ne pas négliger les étapes. Sur l’écran, apparaissent les champs, les moissons, les agriculteurs, les camions à destination de la malterie de Beloeil, où Serge a eu le privilège de tourner et de capturer des images exceptionnelles et rares!

Pour le brassage, le sympathique Alain BROOTCOORENS et ses cuves d’Erquelinnes sont devant l’objectif. Les moissons achevées, le maltage terminé, Alain possède les ingrédients issus des champs et inaugure sa séance de brassage.

 

 

Sur une durée totale de 150 minutes, le maltage et le brassage n’en prennent que 25, preuve que l’auteur souhaite à tout prix présenter un plan large et précis du processus de fabrication, et que le thème du film demeure l’orge brassicole.

Cette expérience a poussé le vidéaste à concrétiser un rêve : détenir sa propre bière ! Pendant que l’oeil de Serge était vissé sur le viseur de la caméra, la Saint-Corneille est apparue dans les cuves de la brasserie d’Erquelinnes. Originaire de Beauvechain, Serge a voulu rendre hommage à sa région et à la Procession Saint-Corneille qui se déroule chaque année le 4ème dimanche après Pâques dans le hameau de Mille.

Le documentaire a été filmé intégralement en numérique et le vidéaste n’en est pas à son premier coup d’essai. Passionné par le monde agricole et la ruralité, il a déjà exploité des sujets comme la vache, la betterave, le froment, le maïs, le foin et les gens de chez nous.

 

 

En bouclant son film sur l’orge brassicole, avant que le rideau ne tombe, avant que « FIN » n’apparaisse sur l’écran, Serge se décide à passer devant l’objectif de la caméra. Au terme d’un tel labeur, la dégustation d’une Saint-Corneille, entouré de ballots au milieu d’un champ frappé par les rayons du soleil, était inévitable…

« La bière, c’est la terre »

Informations

Serge HENNEBEL
serge2121@hotmail.com
0474/92.83.33

 

Journée Brasseries Portes Ouvertes 2008 Brasserie Strubbe à Ichtegem, Brasserie Bockor à Bellegem et Brasserie Roman à Mater

Avant d’ouvrir une bonne bouteille de champagne pour fêter le titre du Standard le soir même, j’en ai profité avec Jef et Manon pour ouvrir quelques bières… aux antipodes géographiques de Liège, à savoir l’Ouest de la Belgique. Commentaires de promenades au fil de quelques brasseries…

Après que le GPS ait pris soin de nous conduire (pour ne pas dire égarer…) sur diverses routes, nous faisons confiance à notre flair qui nous amène tout à la Brouwerij Straat à Ichtegem.


Que trouve-t-on à cette adresse? La Brasserie Strubbe.
 


Manon découvre la magie du brassage…
 


Manon découvre la magie du brassage…
 

 


Contraste entre l’inox et les foudres.
 


Dans la cour de la brasserie, dégustation de la Keyte et de l’Ichtegem’s Oud Bruin.
 


Deuxième destination: la brasserie Bockor à Bellegem.
 


Une superbe reconstitution d’un ancien établissement.
 


Un accueil impeccable et une visite qui se déroule parfaitement…
 


Un système automatisé d’embouteillage demeure toujours un plaisir pour les yeux.
 


Sous un chapiteau, dégustation de la Bellegems Bruin et de notre favorite de la journée, la Bellegems Witbier.
 


Manon profite du sens pédagogique de « Il Professore »
 


Troisième destination: Mater avec les imposants bâtiments de la brasserie Roman.
 


Enormément de monde pendant la visite… Pour nous qui sommes habitués aux « petites » visites, le contraste est édifiant…
 


Les robots accomplissent sans relâche leur boulot.
 


Ca y est, nous y sommes revenus! Bienvenue à Eine qui abrite la brasserie Cnudde.
 


Jef me dépose à Bruxelles. Le point de départ pour le GPS sera…

Zythos Bier Festival 2008

Le Zythos Bier Festival, organisé par « Zythos » dans l’entité de Sint-Niklaas, constitue une occasion idéale pour rafraîchir les mémoires ou simplement faire connaître l’existence de cette association, surtout du côté wallon de la Belgique!

Zythos, dont l’appellation fait référence au « zythum », boisson à base d’orge fabriquée à l’époque de l’Egypte antique, est une ASBL dont l’objectif est d’assurer la défense et la promotion de la bière belge. L’association est structurée sous forme de « confédération » et plusieurs organisations de dégustateurs de bières (bierproevers en néerlandais) la composent . Selon Fons MINNE, membre actif de Zythos, l’association compte désormais 2000 membres, répartis dans plus de 20 clubs à travers toute la Flandre. Ceux-ci organisent différentes manifestations brassicoles tout au long de l’année. Certaines d’entre elles, comme des soirées des dégustations, demeurent à l’échelon local, tandis que d’autres constituent des références tels le Karakterbierweekend de Vichte, le Week-End de la Fermentation Spontanée de Buggenhout, etc.

A l’échelon européen, Zythos est membre de l’European Beer Consumers Union (EBCU) dont les principaux objectifs sont de protéger la culture de la bière en Europe et le droit des consommateurs.Chaque année au début mars, un des points d’orgue de Zythos réside dans son Zythos Bier Festival (ZBF), événement renommé qui accueille des visiteurs de différents horizons qui s’adonnent au plaisir de la dégustation grâce à plus de 200 bières disponibles!

Actuellement, les activités de Zythos se cantonnent exclusivement à la Flandre. Désireuse de s’étendre et d’agir au niveau belge, Zythos est à la recherche active de clubs adhérents du côté francophone de la Belgique. Si vous êtes intéressés, veuillez prendre contact avec Fons MINNE (alfons.minne@skynet.be) qui sera en mesure de vous apporter tous les renseignements supplémentaires! A noter que vous pouvez obtenir d’autres informations sur le site Internet de Zythos (uniquement en néerlandais):http://www.zythos.be

Après cette petite exposition de faits théoriques, voici différents moments vécus lors du dernier Zythos Bier Festival qui fut assurément une très bonne cuvée!

 


La nouvelle brasserie Lupuline
 

 


Funkconnection (aka Sebastian BRANDES, brasseur à la brasserie O’Neil à Paris) est remonté spécialement de France pour assister à l’événement.
 

 


Philippe de la Forestinne en compagnie de l’organisatrice du Mondial de la Bière de Montréal.
 

 


Le sympathique Eddy POURTOIS aux commandes du stand de sa brasserie Sainte-Hélène.
 

 


Stand de la brasserie de Silly
 

 


Filip GEERTS (Belgian Beer Board) et son épouse en compagnie du « brasseur fou » des Dolle Brouwers de Diksmuide, à la table VIP de la brasserie De Regenboog.
 

 


Sloeber (aka Alain DE KERPEL) en visite chez les Forestins qui proposaient leur nouvelle « Forestinne Ambrosia ».
 

 


Christophe (magasine Mi-Orge Mi-Houblon à Arlon) en compagnie de Jean-Luc BODEUX, journaliste au quotidien Le Soir.
 

 


Assurément, il mériterait le prix du plus beau stand (qui contient de très bonnes bières!). Daniel LESSIRE de la brasserie Millevertus de Toernich accueille les dégustateurs.
 

 


Bonne humeur au stand de la brasserie de Blaugies!
 

 


Avec la fantaisie qui leur est propre, les Dolle Brouwers étaient présents!
 

 


Christophe (Magasin Mi-Orge Mi-Houblon à Arlon), son épouse et Sloeber.
 

 


Thierry à l’accueil du stand du Gambrinus Club België, un important club de tégestophiles très actif.
 

 


La brasserie De Ryck était venue avec sa gamme d’Arend.
 

 


Stand des brasseries Pirlot et Alvinne.
 

 


Quand le houblon rencontre la bière…
 

 


La brasserie Slaghmuylder se fait un film!