Un combiné nordique à la belge

Article de G. Salvaggio

Saint-Vith, 14/02/2010. A l’heure où les Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver battent leur plein, la Belgique n’a, cette année, rien à envier aux sportifs de haut niveau pour ce qui concerne les chutes de neige et la pratique, dans les Cantons de l’Est, du ski de fond.

Quand la météo le permet, les Belges et autres frontaliers, Hollandais et Allemands, aiment à se donner traditionnellement rendez-vous au Signal de Botrange, point culminant de la Belgique, sans doute pour la longueur des files de voitures que l’on y trouve plus que pour la qualité de la neige. Cherchant un lieu où aller promener la famille (et accessoirement le chien), je vis immédiatement mon attention attirée par un lieu que je connaissais pas encore : le Biermuseum de Rodt, au lieu-dit du Tomberg, non loin de la très germanophone cité de Sankt-Vith.

Ainsi donc, comme je me l’étais promis (et j’entendais bien tenir ma promesse), j’entamai donc, en joyeuse compagnie, 5 km de pénible marche dans une rase campagne au blanc manteau rejoignant l’horizon le plus lointain que l’œil humain pouvait scruter. Il paraît, de mémoire de locaux, que ce spectacle n’avait plus été perçu depuis belle lurette. Et au fond, dans ce paysage, rien n’aurait dû me prédisposer à me détourner de ce but premier.

Encore qu’à bien y penser, à peine arrivé en ce lieu, dit du «Tomberg», j’avais déjà failli me prendre de travers le virage du rond-point y menant, lequel rond-point, nanti en son centre d’une futaille de bois, aurait dû m’avertir que quand on est un assidu de Bierebel, le destin ne peut jamais se démentir.

Je marchais donc dans la neige depuis plus d’une heure, disais-je, accompagné de la famille, du chien et de quelques sandwiches (Bon appétit, nous cria un skieur hollandais au passage), qu’une rencontre allait changer le cours de l’après-midi. Un skieur de fond flamand, apparemment perdu, de s’adresser à nous.

 

— Pourriez-vous m’indiquer le Biermuseum, s’il vous plaît ? Ca fait un bon bout temps que je skie. Je suis fatigué et je voudrais bien aller boire un coup…

— Oh, c’est facile, lui rétorquai-je, un kilomètre de montée, à droite au carrefour et encore un bon kilomètre et demi…

Là-dessus, qu’advint-il de la suite de la marche ? Je n’en sais rien puisque d’un commun accord, nous décidâmes d’écourter promptement notre itinéraire initial pour, nous aussi, nous rendre dans ce lieu qui semblait avoir tant d’importance dans le coin. Il faut dire qu’à part des sapins et des cabanes de chasseur, point de salut entre vent et chutes de neige. Nul doute qu’une bonne soupe chaude ne serait de toute façon pas passée par là.

Et voilà comment je me retrouvai au Biermuseum de Rodt, petit village de Sankt-Vith, me demandant si ce skieur n’avait pas une idée quelque peu originale du combineénordique. Ski de fond et descente de bière, pourquoi pas ?

L’endroit, faut-il le dire, a quelque chose qui rappelle l’Allemagne. D’abord, on y parle essentiellement l’allemand et la carte, bien qu’elle propose une belle gamme de bières, oscille entre les nécessités locales (Bellevaux blonde, brune et black), les préférences clairement germaniques d’une certaine clientèle frontalière (Krombacher, Köning Ludwig) et, tant qu’on y est, la délicieuse luxembourgeoise Diekirch Grand Cru, sans oublier la traditionnelle Flambiertes Bier (Bière flambée si vous préférez). Pierre angulaire du lieu, toutefois : les Ski Rodt «dunkel» et «hell», deux bières maison paraît-il brassées chez Du Bocq…

La carte est en allemand, mais à bien se rassurer, on prendra volontiers votre commande en français… et en tenue de travesti, semaine de carnaval oblige.

Marie en profite alors pour interpeller le serveur :

— C’est bizarre qu’il n’y ait pas plus de monde dans la région. Avec de telles chutes de neige, il devrait y avoir plus de fréquentation.

— Ach ! Mais les gens sont partis en France. C’est si rare quand ça arrive ici.

Une cliente surenchérit.

— Nous, on revient de Botrange. L’enfer ! Des voitures partout. On s’est finalement rabattus ici. Et franchement, c’est pas plus mal… ici

 

«Ici»… Au beau milieu d’une improbable collection de 4.000 bouteilles, verres, cruchons venus d’un peu partout. Des fonds de tonneaux plaqués sur le bar. Des objets pendent même au plafond, soigneusement accrochés le long de cordes arpentant le lieu d’un coin à l’autre.

A force de curiosité et d’attention, le mystère du lieu se dévoila peu à peu : les bouteilles belges, protégées derrière des vitrines, étaient minutieusement classées par provinces, puis par brasseries (parfois par styles de bières) et clairement datées. Et au beau milieu de cette collection prestigieuse, les skieurs mangeaient leur fondue en s’étonnant de ce qu’ils pouvaient déguster une très flamande Sint-Bernardus confins de la Wallonie.

Etre entouré d’une véritable encyclopédie verrière constitue un sentiment que je souhaite à beaucoup de collectionneurs et autres historiens. Certes, les livres offrent une belle mine d’informations. Mais cette sensation de se trouver à quelques centimètres de produits que l’on a recherchés pendant des années, que l’on pourrait enfin se procurer (et pourquoi pas déguster) rien qu’en fracturant la vitre, aucun ouvrage ne pourra jamais nous la fournir. Et celle d’avoir respecté la bouteille tellement convoitée en la laissant disponible pour un futur regard, pourra-t-on jamais la quantifier ?

Un rond-point annonciateur…

Combiné nordique à la belge

Accueil, décor, convivialité

L’«en verre» du décor

Biermuseum – Skihütte
Verkehrsverein “Wald und Tal” Rodt V.o.E.

Rodt, 89A
B-4780 Sankt Vith
Tél. : +32 (0)80 22 63 01
Tél. : +32 (0)80 22 64 17
Fax: +32 (0)80 22 95 62
www.biermuseum.be

Le Biermuseum de Rodt est accessible au public durant les périodes suivantes :- Juillet-Août : tous les jours de 10:00 à 18:00.
– Vacances de Pâques et Noël : tous les jours de 10:00 à 18:00.
– Vacances de Carnaval et de Toussaint : tous les jours de 10:00 à 18:00.
– Hors saison : samedi, dimanche et jours fériés de 09:00 à 18:00.

Öffnung… bref : Heures d’ouverture

Tournée brassicole dans la capitale suédoise

Un article de F. Di Gregorio

Voici un petit résumé brassicole du week-end que j’ai passé à Stockholm avec ma douce du vendredi 8 au lundi 11 janvier. J’espère que cela donnera envie à certains d’entre vous d’y aller en sachant qu’avec Ryan Air, c’est pas cher du tout de Charleroi ou de Beauvais. (35 € aller-retour !)

Avant tout, deux choses nous ont vraiment marqués :

 

1 → Une culture bière extraordinaire où n’importe quel restaurant et/ou bar possède une multitude de bières souvent belges et américaines, mais aussi néerlandaises et suédoises bien entendu.

2 → Malheureusement, ce plaisir des yeux n’est pas du tout un plaisir du porte-monnaie… mais on le savait avant d’arriver, donc on avait prévu notre budget «bières»!

Il faut savoir qu’aucune bière ne fait moins de 50 couronnes (5€)… et celles que nous avons dégustées oscillaient entre 9 € (pour les 25cl ou 33cl) et et 40 € pour les 75cl.

Nous avons donc visité 6 bars sur 4 jours dont voici un petit descriptif. A noter qu’il n’existe pas de «bars purs». Ils font donc tous restaurant.

Glenfiddich Warehouse N°68, Vasterlanggatan 68
www.gf68.com

Situé dans le Vieux Stockholm, il possède une très bonne carte de bières suédoises en pression, pale ale et stout/porter notamment.

1 bière dégustée :

Narke Slättöl “Humlestygg Pale Ale”, 4,7%, 33cl

Brasserie “Närke Kulturbryggeri” (www.kulturbryggeri.se)

Nez : houblon aromatique
Mousse : blanche neigeuse
Bouche : florale avec des notes de fruits rouges puis belle sécheresse amère

Oliver Twist, House of Ale AB, Repslagargatan 6, Stockholm
www.olivertwist.se

Situé non loin du célébrissime Akkurat, ce pub restaurant prévaut par son choix de bières suédoises au fût dont les excellents bières de la brasserie Jämtlands (Hell, Postiljon, Porter, etc…).

Un choix important également de bières américaines, ambiance pub, un bar pris d’assaut le week-end et une petite salle de restauration où la nourriture est assez “américanisée” avec une flopée de hamburgers.

Belgobaren, Bryggargatan 12, Stockholm
www.belgobaren.se

Faut bien l’avouer, on est venu une première fois devant ce bar-restaurant sans y rentrer croyant rien n’y trouver d’extraordinaire en terme de bières, uniquement des produits bien connus par tous. Par acquis de conscience, nous y sommes revenus le lendemain et avons bien fait !

Même si on a l’impression de rentrer plus dans un resto qu’un bar, la carte nous a réservé de biens belles surprises. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à ce que l’on voit de l’extérieur !

Nous avons demandé la carte du resto ainsi que celle des boissons, tout en regardant les imposants frigos derrière le bar :

ainsi que celui à l’entrée qui a attiré nos regards. Il s’agissait en fait de leurs “vintages” mais aussi de quelques raretés stockés pêle-mêle : Duvel Tripel Hop, Keizer 2001/2002/2003etc…, Cantillon, Drie Fonteinen, De Molen, Brasserie Fantôme, Duvel 6L (!), Pannepot, Pannepot Reserva, Pannepot Grand Reserva, Deus, Westvleteren 6 8 12, etc…

 

Ma première question fut de demander le prix de la Duvel Tripel Hop… La serveuse me répondit : «Euh c’est pas à la carte, voulez-vous que je demande à mon patron même si, de mémoire, la dernière vendue l’avait été à 70 €…». Et en fait, son patron la faisait à 100 € car c’était sa dernière… Oups ! Autant dire que l’on s’est rabattu sur d’autres choses et nous ne l’avons pas regretté.

Pour la petite histoire, non loin de ce resto, nous étions passés devant le Duvel Bar (mais il était fermé le dimanche) où plusieurs Duvel Tripel Hop trônaient dans une cave et on s’est dit qu’on demanderait le prix «juste pour voir»… et on n’a pas été déçus !

Donc voici les bières dégustées avec Madame :

Pipedream 33cl, 7,8%vol, 56IBU

Bière brassée par Alvinne en collaboration avec De Struise et Pipeworks Brewing Co à Chicago

Aspect : blonde abricot
Mousse : blanche aérée peu tenace
Nez : sec et poussiéré avec des petites notes de pêche
Bouche : léger fruit en attaque puis une amertume franche tranchante (style pamplemousse) intervenant en fin de bouche pour durer un peu dans le temps.

 

‘T Hofbrouwerijke Hoftrol 6,2% à Beersel, Belgique

Apparemment, on a affaire ici à une fermentation mixte où la bière subit une oxydation.

Aspect : ambrée très saturée, un geyser à l’ouverture
Mousse : disparaît très vite, sans bulles tel un lambic
Nez : oxydation se sent, on dirait un nez de lambic sans le côté boisé
Bouche : aigre douce dès l’attaque et amertume mais rien d’autre, aucune longueur ni caractère.

 

Pannepot Grand Reserva 2006 33cl, 10%vol

Brasserie De Struise

Aspect : noire
Mousse : crème peu tenace
Nez : vanille et terreuse (champignon)
Bouche : une grande claque, ronde et veloutée en attaque puis des notes boisées et de vieux porto. On sent l’alcool mais sans que cela déséquilibre le tout, ça reste harmonieux. On déguste !

Black Jack au fût, 7%vol.

Une Imperial Porter brassé par De Struise pour le patron Jack Pano.

Aspect : noire
Mousse : marron aérée
Nez : café/cacao + brûlé
Bouche : note évidente de café, et de chocolat noir mais bien équilibrée malgré tout.

Black Jack «Motverkar Tristess» 12,5%vol, brassée par De Molen

Chaque année, le Belgobar envoie sa Black Kack à une brasserie différente pour la faire mûrir. Ici, ce porter a été vieilli dans des fûts de whisky suédois Mackmyran chez De Molen. 1560 bouteilles de 18cl ont ainsi été sorties. Le patron nous en a offerte une (la n° 468) en dégustation. Sympa !

Aspect : noire
Mousse : crème peu épaisse
Nez : alcool et cacao brûlé
Bouche : on retrouve en attaque le côté brûlé puis des notes intéressantes vineuse et boisées, c’est plus rond que sa petite soeur pour finir sur une arrière bouche grillée.

 

Ajoutez à tout cela une excellente cuisine et vous comprendrez que l’on a passé un agréable moment !

Monks Cafe, Sveävagen 39, Stockholm
www.monkscafe.se

 

Dès notre entrée, des frigos avec des bières pêle-mêle : Fantôme, Carolus Keizer 2001 à 2009, Pannepot, De Molen, Geuze Wets, Panil (brasserie italienne), des jéroboams, et même ça !

 

En plus, festival des bières américaines à l’intérieur : plus de 120 différentes en bouteilles!

Voici les bières dégustées :

 

Honkers Ale 35,5cl 5%vol

Brasserie Goose Island, Chicago

Aspect : ambrée
Mousse : absente
Nez : caramel surtout
Bouche : ale terreuse et fruitée (citron), pas de longueur en bouche… bof !

De Molen Amarillo 33cl 9%vol

Aspect : ambrée abricot
Mousse : peu et retombant très vite
Nez : houblonné et épicé avec des notes de légumes et de banane apportées par les levures
Bouche : en attaque le citron et litchi puis forte amertume qui s’estompe très lentement. Malgré tout un bel équilibre en bouche, le palais n’est pas anesthésié.

Monks Cafe & Brewery, Wallingatan 38, Stockholm
www.monkscafe.se

Notre préféré des deux, car en plus des produits, il y a une microbrasserie où les clients peuvent s’inscrire chaque mois pour participer à des microbrassins en compagnie du brasseur Charles Cassino. On le voit ici effectuer un houblonnage avec 3 houblons différents.

 

Dès qu’on entre dans le bar, une première salle où l’on peut boire. Puis, après, le resto. Voici une photo du bar :

 

Le bar présente aussi des bières brassées sur place en pression :

 

Nous en avons goûtées pas mal. Voici la liste (sur deux jours) :

Tout d’abord, ma femme s’est laissée tenter par une bière italienne déjà goûtée à Strasbourg pendant le mondial :

Re Ale de la brasserie Borgo, 33cl, 6,4%vol

Aspect : bière ambrée, bonne pétillance
Mousse : fine bulle blanche, peu épaisse
Nez : légume vert, légèrement épicée, odeur de beurre également
Bouche : attaque terreuse (poussière) avec des notes de cacao avec une finale amère franche mais pas très longue.

Puis nous avons testé deux bières maison en pression faites par Charles Cassion en collaboration avec Olivier Menno de chez De Molen et Urbain Cotteau de chez de Struise :

Imperial Stout HV STHLM Edition, 8,7%vol

Aspect : bière noire ébène, peu de pétillance
Mousse : couleur café, retombant très vite, fines bulles
Nez : légume puis café avec des notes poivrées
Bouche : attaque terreuse puis réglisse, le café ne se fait pas ressentir. Bière pas très sèche, on retrouve un aspect médicamenteux. Un peu déçus.

Tripel Hoppel, 11% vol !

Aspect : abricot orangé
Mousse : fine bulle blanche neigeuse
Nez : fruitée (fruit de la passion)
Bouche : attaque fruitée genre pamplemousse sucré puis l’alcool remplit la bouche mais tout en équilibre avant une finale amère franche qui tapisse le palais : une bière sèche et aromatique. Un régal !

 

Après, nous avons testé des bières de chez De Molen. Il y en a un très large choix. Jugez par vous-mêmes !

 

Fris & Fruitig, 33cl, 5,6%vol, EBU 20, de style lambic mûri 9 mois en fût de chêne.

Aspect : rouge
Mousse : absente
Nez : acide et fruité (cerise ?)
Bouche : attaque aigre sans longueur. Diffère d’une oude kriek (beaucoup moins de puissance). Très peu acide, bière désaltérante semblable à un jus de raisin en moins sucré.

Conclusion : nez prometteur, bouche décevante.

Vuur & Vlam, 33cl, 6,2%vol. EBU 42,6

Descriptif bouteille : bittering hop Challenger, latehops Chinook-Cascade-Simcoe-Amarillo, dryhopping Cascade.

Aspect : pêche trouble
Mousse : blanche neigeuse tenace
Nez : fruit de la passion et houblon aromatique
Bouche : attaque aromatique puis amertume franche mais courte. Le côté floral est un peu perceptible.

 

Kannen & Kruiken, 33cl, 6,2%vol

Aspect : blonde cuivrée
Mousse : absente
Nez : malté, céréales et des légères notes fruitées
Bouche : attaque légèrement sucrée avec une amertume moyenne qui s’estompe petit à petit. On ne retrouve pas le côté malté en bouche.

Puis nous nous sommes attablés pour manger et encore déguster 2 petites bières sur les conseils du barman très connaisseur. Voici un aperçu de leur cave à bière géante climatisée, en plein milieu du restaurant !

 

Père Jacques, brasserie Goose Island Chicago, 9%vol

Mousse : aérée retombant vite
Aspect : ambrée couleur pêche
Nez : banane et caramel
Bouche : On retrouve le fruit, rondeur sucrée puis le côté caramel se développe avec une très légère madérisation. En rétronasale, une légère et agréable chaleur alcoolique se fait ressentir. Bière veloutée qui s’accordait très bien avec ma viande rouge.

 

Et enfin, en digestif, et offerte par le barman, la fameuse Närke qui talonne de très près la Westvlteren 12 sur Ratebeer. Un sacré cadeau !

 

Akkurat Restaurang & Bar, Hornsgatan 18 , Stockholm

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Réputé mondialement pour son stock phénoménal de lambics, Oude Geuzes et Krieks. C’est simple : rien moins que 4 pages A4 recto verso uniquement consacrées à ces vintages… !

Franchement, aller à Stockholm sans y passer, c’est vraiment bête. D’autant plus que l’endroit est très chaleureux, de style pub qui brasse une population hétéroclite aussi locale qu’internationale. Et les amateurs de whiskies ne seront pas en reste avec plus de 500 différentes variétés… dont un Ardbeg affichant «année 1891» sur la carte au prix de 180 €…le cl !!!

 

Nous, on s’est contenté des bières. Déjà la carte, c’est un album et y’a même pas les vintages! Il a donc fallu demander une seconde carte, moins volumineuse mais très très bien fournie. J’ai compté au moins 25 bières différentes au fût : suédoises, américaines, allemandes et belges dont une version de Cantillon et la gamme de la brasserie Kerkom.

 

Winterkoninkske, brasserie Kerkom , 8,3%vol au fût

Aspect : Rubis acajou
Mousse : crémeuse marron
Nez : fruits rouges uniquement car servie trop froide
Bouche : pas très ronde mais des notes maltées et fruitées, peut-être également un côté torréfié ressenti en fin de dégustation.

Celebration Ale, Brasserie Dugges, Mölndal, Suède, 6,5%vol au fût

 

Aspect : blonde orangé
Mousse : blanche et neigeuse
Nez : agrumes et herbacée
Bouche : attaque sèche et fruitée puis belle amertume style pamplemousse, très désaltérante.

 

Devant le choix de vintages et gueuzes, nous avons opté pour une dégustation en parallèle pour comparer :

Oude Geuze Hanssens 1998, 37.5cl, 6%vol

Aspect : Blonde pâle Nez : agressif et sec (vieux chêne)
Bouche : attaque agressive,  acidité moyenne. arôme de noisette et amertume assez marquée.

A mal vieilli à notre goût Oude Geuze 3 Fonteinen 1999, 37.5cl, 6,5%vol

Aspect : idem. Un peu moins trouble Nez : agressif. Raisin et fruité
Bouche: acidité marquée en attaque. Très sèche en rétro. On perçoit le côté bois vert, sciure fraîche. A bien évolué.

Le 2ème jour : → De Cam Oude Geuze 1998, 75cl, 6.5%vol

Mousse : absente, pétillance nulle
Aspect : blonde cuivrée limpide (sauf fond de la bouteille)
Nez : clairement boisé, verte ainsi que noisette
Bouche : très verte, acidité moyenne. Finale citronnée avec une aigreur marquée.

Une dernière, just for the fun :

Oerbier 33cl, 7.5%vol, Octobre 1990

Nez : clairement muscat
Bouche : attaque citronnée domine avec des notes de vin cuit et une légère aigreur. La rondeur a disparu.

En conclusion, si vous avez deux bars à faire à Stockholm, je vous conseille le Monks Cafe et Brewery et bien entendu l’Akkurat, incontournable à mon sens car il réunit tout ce qu’un amateur veut : une large gamme de bières actuelles, des vintages surtout belges et un choix de whiskies également impressionnant, le tout dans un endroit rustique, parquet en bois et ambiance pub.