Itinéraire d’un enfant gâté

Un article de G. Salvaggio

Lorsqu’un dimanche midi, Jef entreprend de démarrer sa voiture pour effectuer un périple brassicole dans une petite partie de la Wallonie, c’est qu’il risque de s’y dérouler de jolies choses!

En une seule journée, Jef est parvenu à se rendre à l’abbaye de Maredsous pour assister à une série d’animations sur le thème de la bière, à visiter la brasserie Mortals de Jamagne près de Philippeville, petite entreprise pleine de charme et de mérite, avant d’effectuer un crochet par les alentours de la cité princière de Chimay, mère de la célèbre bière trappiste.

Laissez-vous guider par le conducteur…

Dimanche 26 septembre. Un rendez-vous annulé, une télé allumée. Que fait la radio dans cette mêlée ? Elle annonce un événement : Maredsous serait en fête. Quelques minutes après, c’était clair : dans mon agenda subitement devenu vide, et sous l’impulsion de Marie, ma compagne, Maredsous serait en tête, en tête d’un itinéraire inoubliable.

14 h 00 – Maredsous

Arrivés sur place, nous découvrons un panneau pour le moins original : désormais, la crème glacée à la Maredsous existe. A 1 euro la boule, ça ne peut qu’en valoir la peine. Mais notre empressement est grand de découvrir toutes ces animations promises par la radio, si bien que la glace nous passe sous le nez. Elle existe, mais nous ne l’aurons pas rencontrée.

Notre arrivée aux stands d’animation nous émerveille. A l’entrée, un antique semi-remorque de brasserie (une Peugeot 203 si je ne m’abuse) attend les apprentis désireux de s’initier à l’art de servir une bière, laquelle, pour la circonstance, gît dans un tonneau de bois nanti de deux tireuses. Anecdotique, amusant, tout comme ces deux pauvres chevaux ardennais tirant, à longueur d’après-midi, et sans jamais pouvoir boire une Maredsous, cette chariote pleine de nostalgiques de «la Petite Saison dans l’Abbaye» ou un feuilleton dans ce genre-là.

Au loin, Michel MORUES, cuistot du terroir wallon, s’évertue à présenter ses recettes à la bière, laquelle, pour la circonstance, prendra la seule déclinaison de Maredsous. Son «Brick de Ris de Veau Mathilde à la bière» constitue, paraît-il, un régal, mais c’est son «Bleu-Blanc-Belge à la Maredsous» qui ravira mon palais. Deux jaunes d’oeufs mélangés et liés dans de la bière chauffée. Rajoutez deux belles noix de beurre chaud. Liez le tout, nappez, dégustez… La Maredsous 10 que je tiens en main complète ce fabuleux destin. Euh… j’oubliais : le secret de la sauce, c’est le rajout, au dernier moment, de basilic, de roquette, de sauge et de menthe. Où donc ai-je la tête ? Dans la fête…

Un questionnaire circule. Si on y répond bien, on peut gagner un baptême de l’air en montgolfière, sa propre hauteur en bacs de Maredsous ou, encore, deux repas à l’hostellerie. Vivement que je sois deuxième. Marie me convainc que nous devons y participer. Les questions sont simples, mais la question subsidiaire nous échappera. Notre impossibilité d’estimer le poids d’un fût plus ou moins vide de 20 litres de Duvel nous en aura coûté… 12 kg, avec quoi comparer ça ?

Un grand moment de convivialité, agrémenté d’une belle promenade dans les bois pour le plaisir de la chienne Caramelle, laquelle ne sait pas encore qu’elle arpentera, dans les heures à venir, les chemins d’une autre abbaye.

18 h 00 – Mortal’s

Chemin faisant, je me souviens de cette curieuse bière à la lavande que Michael m’avait un jour proposée. Je l’avais trouvée bien amusante, avec sa couleur verte, et m’était promis de passer faire un coucou à la brasserie, d’autant que l’accueil m’en avait été annoncé comme excellent. Et visiter la plus petite brasserie artisanale de Belgique (qu’ils disent) ne se faisant pas tous les jours, il fallait qu’un de ces jours fût justement celui de me rendre au village de Jamagne, non loin de Philippeville, entre Charleroi et Couvin.

Et l’accueil n’en fût qu’excellent. Dans cette maison à la façade ornée de deux bouteilles géantes, JPie explique le processus de brassage aux pèlerins de passage, tandis que Fanchon, non loin de là, propose de boire un verre à celles et ceux qui auraient compris «de travers».

Des bières fruitées, Marie et moi en avons déjà bu pas mal mais, hélas, à part quelques grands lambics renommés, pas grand-chose à base de véritables fruits. C’est donc avec émerveillement et satisfaction que nous découvrîmes le grand secret de Panoramix en personne : oui, dans leurs bières de haute fermentation, JPie et Fanchon emploient de vrais fruits. Ils emploieraient même, disent-ils, du citron, de la lavande et des écorces de chêne. Quelle est donc cette sorcellerie ? Même une partie du houblon vient de leur jardin…

Alors il nous faut goûter. Une tentative qui émerveille nos palais en recherche de véracité. Une dégustation généreuse qui s’entoure de commentaires très didactiques de la part de nos hôtes. Les pauvres, ils venaient de recevoir, quelques heures auparavant, la visite de la bande à Pecks, ces incontournables campeurs liégeois qui sévissent depuis plusieurs mois dans le Hainaut. Les forumeurs de Bierebel auraient-ils pris la brasserie à l’assaut ? A moins que la brasserie ne nous ait pris au… lasso. Soyez prudents, car un jour, elle vous envoûtera, comme nous l’avons été, un samedi ou un dimanche, entre 13 h et 22 h.

Comme l’aurait si bien dit Shakespeare, tout le reste est silence. Un silence que le forum de Bierebel ne tardera pas à rompre dans les prochaines heures. Rendez-vous vous y est donné pour découvrir, au gré des topics, nos appréciations de la « Mandarine au fût », de la « Yellow Mortal » et de la prétendue « bière ratée ».

21 h 00 – Chimay

Comme la faim prenait Marie et la soif, vilaine traîtresse, m’assaillait encore une fois, je me mis en tête de nouvellement joindre l’utile à l’agréable, en proposant à ma compagne de ronde de nous rendre à l’Auberge du Poteaupré, laquelle, jalousement, garde le privilège de proposer, à qui le veut, une « Chimay capsule dorée », celle-là même bue par les moines. Mais voilà, vers 21 heures, si boire est encore possible, manger ne l’est plu. Et comme la faim nous tenaillait, nous décidâmes de tenter le coup en nous enfonçant, dans le noir des forêts chimaciennes, à la recherche, non loin de l’Abbaye de Scourmont, d’une auberge appelée « Ferme des 4 Saisons ».

Hélas, pas de « Chimay dorée », mais un accueil chaleureux, une escavêche de premier plan et quelques desserts bien torchés. Un lieu de convivialité à recommander à toute personne en quête de calme et de plaisirs assagis.

Une dernière ballade nocturne aux alentours de l’abbaye, et voilà que nous repartîmes, repus de tant de sagesse nouvellement acquise.

Le lendemain, il fallait que tout cela fût écrit.

A toi qui lis ce texte, je te souhaite de découvrir la bière au gré de tes ballades, lesquelles, au fil des litres et des kilomètres, compléteront, j’en suis sûr, le livre de tes plus beaux souvenirs.

Coordonnées utiles

Abbaye de Maredsous (DENEE)
Centre d’Accueil Saint-Joseph
Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h

http://www.maredsous.com

Ferme des 4 Saisons
Rue de Scourmont, 8B
B-6464 BOURLERS
+32 (0) 60.21.42 46

Portes Ouvertes à la brasserie d’Orval (2004)

Ce samedi 18 septembre 2004 était un jour idéal pour se promener dans les Ardennes. Cette région du Sud de la Belgique accueille en permanence de nombreux touristes. En cette journée ensoleillée, ceux-ci avaient l’opportunité de se rendre près de Florenville, près de la frontière française, plus précisément à l’abbaye Notre-dame d’Orval à l’occasion des portes ouvertes de la brasserie de la célèbre bière trappiste d’Orval.

La brasserie n’occupe qu’un bâtiment relativement petit par rapport à l’étendue et à la majesté de l’ensemble de l’abbaye. Pour assister à l’événement, une inscription était nécessaire. Vers 14h00, nous parvenons devant les portes de la brasserie. L’accueil est chaleureux et nous recevons chacun un bon pour une Orval gratuite, un décapsuleur Orval ainsi qu’un petit prospectus reprenant la liste des cafés de Belgique proposant l’Orval dans leur carte.

Le moment est venu de pénétrer à l’intérieur des bâtiments et de découvrir les lieux d’origine de notre chère bière trappiste. En premier lieu, une salle renfermant deux cuves de brassage et une de filtrage en cuivre s’offrent à nous. Un sympathique employé de la brasserie explique et fait humer aux visiteurs les ingrédients de fabrication, principalement le malt et houblon. Celui-ci provient d’Allemagne et Slovénie. Dans le passé, des tests ont été réalisés avec du houblon des Etats-Unis mais le maître-brasseur n’avait pas été très satisfait du résultat.

A travers les salles, un parcours fléché facilite la tâche des visiteurs en indiquant la direction à suivre et des panneaux rédigés en français et néerlandais expliquent le brassage et la fonction des appareils technologique présents.

Système pour le refroidissement de la bière, tanks de mise en garde, de refroidissement alignés dans d’étroits couloirs, cuves de fermentation, sacs de houblon ayant servi à l’infusion pour offrir de l’arôme à la bière, voici quelques éléments intéressants que nous avons l’occasion d’apprécier pendant cette visite.

Nous assistons également à l’embouteillage qui comprend le triage de vidanges, un contrôle pour détecter les bouteilles défectueuses, le soutirage, le capsulage, l’étiquetage et le rangement des bouteilles dans les casiers. Pour terminer, nous aboutissons dans un laboratoire équipé d’étonnantes cabines de dégustations où des scientifiques sont chargés de contrôler la qualité du produit obtenu.

Moment crucial de la journée: la dégustation! En effet, la visite s’achève en apothéose grâce à la consommation d’une Orval parfaitement servie, accompagnée d’une succulente portion de fromage d’Orval.

De surcroît, nous avons poursuivi notre journée en nous baladant au milieu des ruines de l’ancienne abbaye (distinct des portes ouvertes à la brasserie et donc payant) et en jetant une pièce de monnaie dans l’incontournable « Fontaine Mathilde », cœur de la légende d’Orval!

Cet événement était d’excellente facture, bien organisé, sympathique et accessible à tous les publics. De nombreux touristes, curieux et amateurs de bières ont pris la peine de faire le déplacement, parfois très long! Selon un organisateur, 700 personnes furent présentes le vendredi et 1200 étaient attendues pour le jour de notre venue. Nul doute que d’autres abbayes trappistes pourraient s’inspirer du concept! Ne s’agirait-il pas d’un magnifique cadeau pour tous les nombreux passionnés fidèles aux bières trappistes?

 


Vue de l’abbaye. La brasserie est dans le bâtiment sur la droite.

Cuves de brassage

Sacs de houblon ayant servi à l’infusion dans le moût pour donner de l’arôme

Montagnes de casiers d’Orval

Dégustation sympa au milieu des casiers

Embouteillage

Laboratoire

La Fontaine Mathilde

Salle de contrôle pour le refroidissement de la bière

Tanks de mise en garde

Cuves de fermentation

La truite d’Orval

Visite de la Brasserie d’Oc à Mèze (34 – FRANCE)

Un reportage de J.C. Mory

Chers amateurs de bières,

Ce 01 septembre 2004, en congé à proximité dans le Languedoc-Roussillon, j’ai eu l’occasion de visiter une nouvelle brasserie française.

Historique

Remi LUBERNE, jeune indépendant, était déjà dans le commerce auparavant. Il vendait et exportait de l’ail. Le défi de créer une brasserie lui est venu grâce à la demande croissante des Français pour nos produits, mais surtout face au peu d’offres que comporte ce marché dans ce domaine, ainsi qu’à son goût pour les bières belges. Aidé d’un ingénieur en fermentations dans les premiers mois, c’est depuis février 2004 qu’il brasse seul des bières de sa composition. Assisté d’un commercial à mi-temps pour les foires et les représentations, de sa femme et occasionnellement de son fils, Rémy assure déjà la commercialisation de 4 bières.

Matériel

Acheté d’occasion en Angleterre, belles cuves caractéristiques, avec cerclage en bois couleur acajou. Tiens, tiens! Cela me rappelle quelque chose : la visite en juillet, lors de l’inauguration de, la brasserie de Cazeau, qui a créé la « TOURNAY », dans ma région natale au sud de la Belgique. La ville de Tournai est affectionnée par les français du Nord, qui apprécient le choix de nos boissons et ….le prix!

Projet société- Propager le produit au travers des foires et manifestations diverses.
– Agrandir la structure.
– Fidéliser la grande distribution autrement que par « spots » ou animations ponctuelles.
– Aménager son hangar industriel, ou … déménager vers une zone plus adaptée qu’un zoning.

Projet produit

Frontigan est une région connue pour ses délicieux vins de cépage muscat qui constituent un apéritif fruité et sucré. Ainsi, pour la fin de l’année, Rémi tente de développer une bière au muscat ! Pour l’an prochain, autre défi : une bière brune qui sortira de ses brassins.

Attentif à toutes les nouveautés, j’avais découvert une étiquette inconnue jusqu’alors, dans un rayonnage du dernier étage des bières spéciales chez « Auchan » à Béziers.

Au détour d’un présentoir de brochures touristiques, nous avons découvert son prospectus « découvrez la brasserie d’Oc». Mon sang avide de mousse ne fit qu’un tour, nous étions en route pour cette invitation!

Bâtiment industriel, indiqué par panneaux depuis la route, timide enseigne, nous avons l’impression d’arriver dans une aire de stockage.

Nous croisons un commercial à l’entrée, vêtu d’un T-shirt qu’il n’a visiblement pas acheté dans le midi, avec un logo «Caracole». En fait, lui et son patron reviennent d’une semaine «découverte» en Belgique.

Rémy, le patron, s’excuse du désordre : travaux en cours pour l’aménagement des locaux. Qu’importe, il nous fait parcourir sa palette de produits. La visite se fait depuis le comptoir puisque ce hangar nous donne une vue sur toutes les étapes en un coup d’œil périphérique. L’un du fût, puis les autres depuis son frigo derrière le bar.

A un moment il se tait et augmente la radio : c’est une reportage sur sa brasserie, dans une chaîne régionale, qui passe tous les jours à le même heure. Il ne se lasse pas d’écouter fièrement son interview. Très sympa, adresse à retenir si vous êtes dans le coin.

Vous pourrez emporter un cadeau souvenir (colis ou cruches de 2 Litres) pour vos amis et famille : amener de France autre chose que du vin, ça change!

DEGUSTATIONS

VIA DOMITIA : Pils au fût
Ne m’a pas marquée particulièrement. Mais bon, vient d’un fût, la saison touristique terminée, sans doute moins de débit, le goût a pu évoluer.

PESCA : Blonde – 5°
Rafraichissante, mais comme toutes les pils françaises, assez peu de personnalité. Il faut dire que quand on s’habitue aux bières spéciales, les pils sortent de notre créneau gustatif. Je n’ai donc pas un avis objectif à émettre.

OCCITA : Bière ambrée – 5,5°
Bien ! Ca ne m’étonne pas qu’ils aient le T-shirt de la Brasserie de Dinant, cette bière tire un peu vers la Caracole. Caramélisée, goût plus prononcé qui traîne en bouche un moment.

PAVOA :Blanche – 5°
Là, c’est le coup de cœur, moi qui n’aime pas les blanches, elle serait digne de me faire changer d’avis. Explosive au palais, légèrement acide, elle me rappelle une bière corse, parfumée aux herbes.

Pour contacter la brasserie…

Brasserie d’Oc
RN 113 – Z.I.
34140 MEZE (France)

Tél : +33 (0) 4 67 24 85 15
Fax : +33 (0) 4 67 24 19 92
info@brasseriedoc.com
www.brasseriedoc.com