Interview de Louis-Michel CARPENTIER, dessinateur de la bande dessinée

Une interview de M. Vermeren

A l’occasion du brassin public qui s’est déroulé le 28 février 2004 à la brasserie à Vapeur, Louis-Michel Carpentier, dessinateur de la bande dessinée « Du côté de chez Poje », était présent pour faire profiter en avant-première aux amateurs de son nouvel album « Trou du Fût » qui paraît ce 3 mars 2004 aux Editions Dupuis (couverture disponible en bas de page).

Comme d’habitude, Michaël, l’inévitable homme au chapeau pils présent à tous les endroits brassicoles possibles s’est rendu à l’événement et a rencontré Louis-Michel Carpentier. En exclusivité pour BiereBel.com, il a réalisé une interview. Bonne lecture!

Michaël – Louis-Michel, d’où provient l’idée du personnage de « Poje »?

Louis-Michael Carpentier – C’est une longue histoire! L’idée vient de la brasserie Cantillon. Je voulais réaliser une bande dessinée sur la fabrication de la bière, mais ce n’était pas très intéressant. J’ai juste réalisé une planche expliquant la fabrication de la gueuze pour Cantillon et l’idée d’une bande dessinée sur la bière est venue de là. J’ai eu un projet de bande dessinée sur les bistrots, j’en ai parlé à Raoul Cauvin, qui a commencé à ecrire des scénarios pour s’amuser. Puis, l’année de la bière en 1986 est arrivée, nous avons proposé notre idée à un éditeur qui a trouvé le sujet intéressant.

Michaël – Pourquoi avoir appellé le personnage principal « Poje »?

Louis-Michael Carpentier – « Poje » est le pseudonyme que l’on avait donné, avec des amis, au patron d’un bistrot où nous allions et allons encore. C’est un petit clin d’oeil de ma part. Il existe bel et bien, en chair et en os, vous pourrez le rencontrer en allant à son bistrot qui se trouve « Rue des Héritiers » à Bruxelles.

Michaël – Les personnages que l’on retrouve dans vos BD sont-ils fictifs ou réels? (ayant déjà, personnellement, rencontré certains d’entre eux).

Louis-Michael Carpentier – Pour la plus part, ce sont des personnages qui existent, des amis, des connaissances, des rencontres. Je m’inspire aussi de personnages de la télévision comme Régis Laspales notamment. Certains reviennent régulièrement dans mes bandes dessinées.

Michaël – Où puisez-vous vos histoires?

Louis-Michael Carpentier – Je suis avant tout le dessinateur, la plus part des histoires proviennent donc de Raoul Cauvin. J’en trouve aussi de temps en temps. Ce sont surtout des histoires de bistrots que l’on entend tous les jours, des idées ou des histoires que l’on a entendues.

Michaël – Le nouvel album de « Poje » s’appelle « Trou du fût », pourquoi ce titre?

Louis-Michael Carpentier – Parce que le trou du fût est très important! C’est souvent Cauvin qui trouve les titre des albums. (ndlr: en première page de la bande dessinée, on lit une définition, je cite: « le trou du fût sert à l’évacuation des gaz produit par la fermentation de la gueuze traditionnelle. Le trou du cul qui boucherait ce trou provoquerait immanquablement l’explosion du fût. D’où l’importance du trou du fût ».)

Michaël – L’année 2005, sera décrétée « Année de la Bière »! Y aura-t-il un nouvel album ou une réédition des premiers livres comme « L’année de la bière  » et « Tournée des grands ducs », ouvrages parus en 1986?

Louis-Michael Carpentier – Pour le moment, rien n’est prévu, tout dépendra des scénarios trouvés par Cauvin.

Michael – Louis-Michel, quelle est ta ou ton type de bière préféré (es)?

Louis-Michael Carpentier – J’apprécie beaucoup de bières mais ma sélection va en premier pour l’Orval, en deuxième position la Triple Westmalle et enfin la Cantillon.

Michaël – Merci pour cette interview, Louis-Michel.

11ème Week-End des Bières Spéciales de Sohier

Un article de G. Salvaggio

Si le village de Sohier, situé à quelques kilomètres de Beauraing, constitue l’un des plus beaux villages de Wallonie, c’est plutôt pour son week-end des bières que je m’y suis intéressé. A raison, dois-je dire, puisque ni l’accueil ni le choix proposé ne m’ont déçu.

D’emblée, le site web du village, www.sohier.be.tf, nous livre un résumé assez complet de la situation : Née en 1993 dans l’imagination d’un passionné du divin breuvage, cette manifestation, unique dans la région, fêtera cette année son onzième anniversaire.
Le but premier était de mettre en valeur et de faire découvrir les bières artisanales de notre terroir, aucune bière n’est servie au fût et les grandes marques de bières laissent, l’espace d’un week-end, leur place aux bières moins connues.
Durant ces 10 éditions, plus de 220 bières différentes ont été proposées à la carte, et plus de 42000 bières ont été versées.

Chaleureusement accueilli par l’organisateur, Monsieur Jean LEONET (lequel m’avait été présenté par notre Michael, présent à l’occasion de la bourse d’échange tégestophile qui se tenait le samedi après-midi), je m’intéressai surtout à l’organisation de l’événement, même si l’occasion fût vite saisie, il est vrai, de déguster ensemble une des quelques 129 bières proposées à la carte, en prenant soin de la choisir parmi celles que je ne connaissais pas (en l’occurrence, une « Belgian Kriek » de chez Lefèvre, Quenast.)

Née de l’esprit d’une personne travaillant pour le compte de la brasserie Chimay, l’entreprise ici proposée se veut résolument différente des autres manifestations existantes. Ici, pas de bière servie au fût, pas de marque privilégiée, pas de brasseur sur place, permettant ainsi une économie substantielle de place et une grande liberté d’esprit : plus de bières peuvent être proposées et chacune peut l’être dans son propre verre.

Et ça en représente du travail ! C’est pourquoi tout le village s’y implique de manière bénévole. Car pour servir 7000 bières et de la petite restauration durant tout un week-end, il n’y a que peu de mots qui conviennent : organisation et bonne volonté sont de ceux-là.

Ainsi, 60 bénévoles se relayent ainsi pour assurer un service de 6 personnes en salle, 4 au bar, 4 en cuisine. Les bières, à l’instar de la « Quinzaine de la Bière » de Louvain-la-Neuve, apparaissent, numérotées, sur un panneau géant, et leur nom est rayé dès que le stock est épuisé. De leur côté, les barmen auront pris le soin de classer, dans leurs frigos, les bières selon le même ordre numérique que celui du panneau, à l’instar de ce qui se fait dans les restos chinois. La cuisine s’occupant des 65 premières bières, le bar-frigo des 64 autres.

Soupe aux oignons préparée par des retraités, portions de fromages livrées en format prédécoupé par l’Abbaye de Chimay, possibilité de commander les boissons via un formulaire prérempli, carnets explicatifs à l’attention du consommateur, verres à bière eux aussi triés par numéro, et voilà une façon très efficace de travailler pour le plus grand plaisir de tous.

Pour parvenir à offrir, chaque année, de nouvelles bières, c’est évidemment tout un travail. Car même si 5 fournisseurs assurent le renflouement de la plupart des bières et si certaines brasseries offrent gracieusement un ou plusieurs bacs, il est souvent nécessaire que les organisateurs se rendent eux-mêmes inspecter des brasseries locales, ce qui demande du temps et de l’argent. Mais grâce à ces efforts combinés, quelques bières cocasses peuvent être mises à disposition, parmi lesquelles, cette année :

« La Bosse » (Huyghe), la « Cuvée Ermesinde », la « Li Berwette » et la « Saison de Mai » (Saint-Monon), la « Morépire » (région de Neufchâteau), la « Quaker »s (La Caracole), les « Belgian Kriek » et « Belgian Pêche » (Lefèbvre), ainsi que la « Rulles Triple » (Brasserie de Rulles).

J’ai, pour ma part, découvert et dégusté l’ »Alken Faro », de chez Alken-Maes, qui est en réalité une bière de table agrémentée de cassonade, plate et finalement peu sucrée, que les organisateurs destinent aux plus jeunes. Car ces derniers n’ont pas été oubliés. J’ai d’ailleurs pu noter que pour pas mal d’entre eux, les gueuzes fruitées de la gamme « Chapeau » avaient la cote, surtout la gueuze à la banane.

Ce festival s’adresse donc à tous, amateurs et spécialistes, novices et curieux de passage, à celles et ceux qui veulent passer un excellent moment ensemble. Et pour eux, des animations sont également prévues : c’est ainsi que, chaque soir, se produit un groupe musical.

« On ne fait pas avaler ce qu’on veut aux gens », me disait Monsieur LEONET avec son grand sourire, « mais ici, on voit des choses amusantes : il y en a qui demandent leur année de naissance… » (NDLR : Pas de chance pour moi, né en 68 : la « Corsendonk Agnus », qui figure en 68° position sur la carte, je la connaissais déjà…). La voilà bien résumée, l’ambiance conviviale de ce week-end…

L’entrée gratuite, la qualité des produits proposés et les nombreux sourires ne peuvent qu’inciter à prendre part à la prochaine édition. A ce propos, tout renseignement peut être obtenu auprès de Monsieur Jean LEONET, via son mail jean.leonet@skynet.be.