11ème Week-End des Bières Spéciales de Sohier

Un article de G. Salvaggio

Si le village de Sohier, situé à quelques kilomètres de Beauraing, constitue l’un des plus beaux villages de Wallonie, c’est plutôt pour son week-end des bières que je m’y suis intéressé. A raison, dois-je dire, puisque ni l’accueil ni le choix proposé ne m’ont déçu.

D’emblée, le site web du village, www.sohier.be.tf, nous livre un résumé assez complet de la situation : Née en 1993 dans l’imagination d’un passionné du divin breuvage, cette manifestation, unique dans la région, fêtera cette année son onzième anniversaire.
Le but premier était de mettre en valeur et de faire découvrir les bières artisanales de notre terroir, aucune bière n’est servie au fût et les grandes marques de bières laissent, l’espace d’un week-end, leur place aux bières moins connues.
Durant ces 10 éditions, plus de 220 bières différentes ont été proposées à la carte, et plus de 42000 bières ont été versées.

Chaleureusement accueilli par l’organisateur, Monsieur Jean LEONET (lequel m’avait été présenté par notre Michael, présent à l’occasion de la bourse d’échange tégestophile qui se tenait le samedi après-midi), je m’intéressai surtout à l’organisation de l’événement, même si l’occasion fût vite saisie, il est vrai, de déguster ensemble une des quelques 129 bières proposées à la carte, en prenant soin de la choisir parmi celles que je ne connaissais pas (en l’occurrence, une « Belgian Kriek » de chez Lefèvre, Quenast.)

Née de l’esprit d’une personne travaillant pour le compte de la brasserie Chimay, l’entreprise ici proposée se veut résolument différente des autres manifestations existantes. Ici, pas de bière servie au fût, pas de marque privilégiée, pas de brasseur sur place, permettant ainsi une économie substantielle de place et une grande liberté d’esprit : plus de bières peuvent être proposées et chacune peut l’être dans son propre verre.

Et ça en représente du travail ! C’est pourquoi tout le village s’y implique de manière bénévole. Car pour servir 7000 bières et de la petite restauration durant tout un week-end, il n’y a que peu de mots qui conviennent : organisation et bonne volonté sont de ceux-là.

Ainsi, 60 bénévoles se relayent ainsi pour assurer un service de 6 personnes en salle, 4 au bar, 4 en cuisine. Les bières, à l’instar de la « Quinzaine de la Bière » de Louvain-la-Neuve, apparaissent, numérotées, sur un panneau géant, et leur nom est rayé dès que le stock est épuisé. De leur côté, les barmen auront pris le soin de classer, dans leurs frigos, les bières selon le même ordre numérique que celui du panneau, à l’instar de ce qui se fait dans les restos chinois. La cuisine s’occupant des 65 premières bières, le bar-frigo des 64 autres.

Soupe aux oignons préparée par des retraités, portions de fromages livrées en format prédécoupé par l’Abbaye de Chimay, possibilité de commander les boissons via un formulaire prérempli, carnets explicatifs à l’attention du consommateur, verres à bière eux aussi triés par numéro, et voilà une façon très efficace de travailler pour le plus grand plaisir de tous.

Pour parvenir à offrir, chaque année, de nouvelles bières, c’est évidemment tout un travail. Car même si 5 fournisseurs assurent le renflouement de la plupart des bières et si certaines brasseries offrent gracieusement un ou plusieurs bacs, il est souvent nécessaire que les organisateurs se rendent eux-mêmes inspecter des brasseries locales, ce qui demande du temps et de l’argent. Mais grâce à ces efforts combinés, quelques bières cocasses peuvent être mises à disposition, parmi lesquelles, cette année :

« La Bosse » (Huyghe), la « Cuvée Ermesinde », la « Li Berwette » et la « Saison de Mai » (Saint-Monon), la « Morépire » (région de Neufchâteau), la « Quaker »s (La Caracole), les « Belgian Kriek » et « Belgian Pêche » (Lefèbvre), ainsi que la « Rulles Triple » (Brasserie de Rulles).

J’ai, pour ma part, découvert et dégusté l’ »Alken Faro », de chez Alken-Maes, qui est en réalité une bière de table agrémentée de cassonade, plate et finalement peu sucrée, que les organisateurs destinent aux plus jeunes. Car ces derniers n’ont pas été oubliés. J’ai d’ailleurs pu noter que pour pas mal d’entre eux, les gueuzes fruitées de la gamme « Chapeau » avaient la cote, surtout la gueuze à la banane.

Ce festival s’adresse donc à tous, amateurs et spécialistes, novices et curieux de passage, à celles et ceux qui veulent passer un excellent moment ensemble. Et pour eux, des animations sont également prévues : c’est ainsi que, chaque soir, se produit un groupe musical.

« On ne fait pas avaler ce qu’on veut aux gens », me disait Monsieur LEONET avec son grand sourire, « mais ici, on voit des choses amusantes : il y en a qui demandent leur année de naissance… » (NDLR : Pas de chance pour moi, né en 68 : la « Corsendonk Agnus », qui figure en 68° position sur la carte, je la connaissais déjà…). La voilà bien résumée, l’ambiance conviviale de ce week-end…

L’entrée gratuite, la qualité des produits proposés et les nombreux sourires ne peuvent qu’inciter à prendre part à la prochaine édition. A ce propos, tout renseignement peut être obtenu auprès de Monsieur Jean LEONET, via son mail jean.leonet@skynet.be.

Laisser un commentaire